PQ: quels débats, au juste?

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(Québec) DÉCODAGE / Même si Pierre Karl Péladeau a raison sur le fond, même si le futur Institut de recherche sur la souveraineté du Québec sera techniquement indépendant du Parti québécois, la mise en demeure qu'il a envoyée à la Coalition avenir Québec passe mal tout simplement parce que la question relève du débat politique.

Ce sujet a continué de créer des remous cette semaine, entre autres parce que M. Péladeau a laissé entendre qu'il pourrait aussi envoyer une mise en demeure au libéral Jean-Marc Fournier. Ses offensives ont étouffé les autres messages de l'opposition officielle.

Les attaques du chef péquiste soudent les convaincus, croient certains.

En portant l'algarade comme il le fait, il n'est pas sûr qu'il élargisse le nombre de sympathisants péquistes, disent d'autres. C'est un couteau à double tranchant.

Parallèlement, et à un autre niveau dans la machine péquiste, plusieurs ont continué de s'épancher sur les départs survenus du côté du personnel. D'autres ont assuré que le chef de cabinet de M. Péladeau, Pierre Duchesne, ira grossir leurs rangs.

Le Parti québécois est un parti indiscipliné. C'est qu'il est un parti d'idées et, par conséquent, de débats. En tout cas, c'est ce que ses ténors ont toujours dit. C'est ce qu'ils disent encore.

Mais ces derniers temps, le Parti québécois a surtout été ballotté par des querelles de clans, des querelles de personnalité. Chez les péquistes, on répète que les chicanes sont normales, puisque, justement, on débat.

Passes d'armes

Mais on peut se demander sur quoi, au juste, on débat depuis quelque temps.

Est-ce qu'on y parle du type de souveraineté qu'on souhaiterait pour le Québec? Non.

Est-ce qu'on y parle de positionnements sur l'échiquier, des positionnements qui ne seraient pas seulement conditionnés par la simple dénonciation des décisions et des choix (par ailleurs souvent controversés ou contestables) du gouvernement de Philippe Couillard? Non plus.

Ce sont moins des débats de fond qui ont alimenté des grognes ces derniers temps que des passes d'armes sur fond de vengeances auxquelles on a assisté.

À voir la place grandissante prise par ces guerres intestines, des péquistes s'inquiètent. Ils craignent que ces bras de fer ne fassent rien pour rapprocher leur parti des citoyens, des électeurs. Rien pour élargir le nombre de sympathisants de la souveraineté du Québec.

Après les turbulences vécues par le parti au cours des derniers mois, la présidente du caucus péquiste, Nicole Léger, a déclaré ceci, jeudi, à Jonquière : «Nous, on se trouve très unis.»

Dans la hiérarchie péquiste, on est persuadé que la réunion de l'aile parlementaire de mercredi et de jeudi aura été l'occasion d'un ressaisissement collectif à l'interne. On l'espère, en tout cas.

Le Parti québécois a connu plusieurs chefs depuis une génération. Aucun n'est parvenu à surmonter les défis placés devant lui. Il faut rappeler que ce parti a été plus écorché que les autres depuis plus de 20 ans.

Aux élections générales du 12 septembre 1994, il avait recueilli 1 751 442 voix. Vingt ans plus tard, aux élections du 7 avril 2014, il a été le choix de 1 074 120 électeurs. C'est une perte de plus de 677 000 votes, ce n'est pas rien.

Jours de récolte

Au sein du gouvernement Couillard, on insiste pour dire que le premier ministre a annoncé pour près de 500 millions $ d'investissements au Forum économique de Davos.

La précision des communications faites à ce sujet révèle qu'elles étaient réglées comme du papier à musique. En même temps, il faut bien un jour récolter des fruits des rencontres précédentes du genre, que ce soit à Davos ou ailleurs.

Sont-ils suffisamment gros, ces fruits? Seront-ils tous vraiment cueillis? On verra.

Notons à ce stade-ci que les intentions d'investissement annoncées sont toutes accompagnées d'une aide gouvernementale.

Notons aussi que le gouvernement avait en quelque sorte une obligation politique de présenter, cette fois-ci, quelques fruits aux Québécois.

D'abord parce que la situation économique l'exige. Mais aussi parce qu'elle sera un important cheval de bataille du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec au cours des prochaines semaines.

Avec Québec solidaire, ces deux partis chercheront par ailleurs à souligner les difficultés nées de l'exercice de compressions budgétaires.

Le gouvernement tente de gommer les aspérités. Il n'a pas le choix s'il veut vraiment faire passer son message voulant que le Québec s'apprête à passer d'une période de restrictions budgétaires à une période de réinvestissement. Voilà pourquoi il a négocié cette semaine un virage en forme de volte-face en accordant un financement supplémentaire de 6 millions $ par année aux centres de désintoxication.

Les mises de... Côté

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Le Soleil, André-Philippe Côté

Chaque semaine, découvrez une des esquisses de caricature laissées en plan par André-Philippe Côté.

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