Le PQ divisé par le registre des armes à feu

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Le débat sur les armes à feu au PQ révèle une fracture entre les milieux urbains et ruraux.

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(Saguenay) La mise sur pied d'un registre des armes à feu soulève un débat au caucus du Parti québécois (PQ)  qui expose une certaine fracture entre les milieux urbains et ruraux.

«Les gens sont inquiets sur le registre», a reconnu Gaétan Lelièvre, député de Gaspé. Les chasseurs ont l'impression d'être catalogués comme des criminels en latence, et les collectionneurs craignent de devoir buriner des armes de valeur, souligne-t-il notamment. 

«Je pense que les citoyens de la Gaspésie sont ouverts à un certain contrôle, mais ça va être dans les modalités qu'on va regarder ça, a ajouté le député de Gaspé. [...] Les gens des régions expriment les préoccupations de leurs citoyens et les gens des régions plus urbaines échangent sur leurs préoccupations également.»

Le député d'Abitibi-Ouest, François Gendron, voit aussi un «débat de fond entre l'urbanité et la ruralité». Il se demande si les informations déjà amassées à travers les inscriptions aux cours obligatoires à l'acquisition d'une arme à feu ne pourraient pas suffire. «Est-ce requis d'avoir un registre quand on a la conviction qu'on pourrait faire un transfert d'informations qui existent? Moi, je pense ça.»

Malgré les discussions, la leader parlementaire adjointe Agnès Maltais assure que le PQ reste en faveur d'un registre québécois des armes d'épaule. «On a des débats, il y a des députés qui nous ont transmis les réticences des gens et on regarde comment les aménager, dit-elle. Mais, sur le fond, la position du caucus n'a pas changé. On est pour le registre.»

Le porte-parole en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, député de Matane, a demandé à être relevé du dossier du registre en raison de l'opposition de nombreux chasseurs de sa circonscription. Il a refusé de répondre aux questions des journalistes sur le sujet, jeudi. 

L'enjeu ne soulève pas les passions dans toutes les régions. La députée de Duplessis, Lorraine Richard, sur la Côte-Nord, n'a pas entendu de doléances de la part de ses commettants, même si plusieurs pratiquent la chasse. «Peut-être qu'ils ont très bien compris, a dit Mme Richard. [...] Il faut comprendre que dans la région, on a des dossiers plus importants.»

Vote libre ou non

La plupart des députés interrogés hésitent à dire clairement si le registre devrait être soumis à un vote libre à l'Assemblée nationale. «On a des caucus, on a des échanges, on se donne des positions communes et lorsqu'on vient pour voter, on vote selon la décision qu'on s'est donnée au caucus», a néanmoins indiqué la présidente du caucus, Nicole Léger. 

Début décembre, le ministre intérimaire de la Sécurité publique, Pierre Moreau, a déposé le projet de loi 64 pour instaurer un fichier d'immatriculation des armes d'épaule. Les quelque 1,6 million d'armes de chasse ou d'épaule devraient y être inscrites via Internet dans l'année suivant l'adoption de la loi. Le coût de la mise sur pied du registre est évalué à 17 millions $ et ses frais d'exploitation annuels à 5 millions $. Québec assure qu'il a tiré les leçons du fiasco du registre fédéral créé en 1995 qui devait coûter 5 millions $, mais dont la facture a atteint plus de 1 milliard $.

Couillard comprend mal l'hésitation du PQ

Le premier ministre Philippe Couillard dit avoir du mal à comprendre «l'hésitation» sur le futur registre québécois des armes à feu. «J'ai deux armes de chasse chez moi, je n'ai pas été du tout traumatisé par le fait d'avoir à les enregistrer», a-t-il dit jeudi à Davos, où il prenait part au Forum économique mondial.

Le premier ministre n'a pas mis de temps à réagir aux dissensions qui agitaient le caucus du Parti québécois, réuni à Saguenay.

Lui-même chasseur, le premier ministre Couillard trouve qu'il est «normal» d'enregistrer ses armes. «J'ai de la difficulté à comprendre cette hésitation. [...] Je ne vois pas l'oppression, je ne vois pas en quoi ça brime qui que ce soit ou quoi que ce soit», a-t-il dit en entrevue à Davos.

Il a rappelé que non seulement les victimes des crimes à l'arme à feu et leurs proches réclament un registre, mais les corps policiers aussi. Selon lui, c'est «dans l'intérêt commun de le faire».  La Presse Canadienne

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