Loi spéciale pour 120 000 syndiqués?

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(Québec) DÉCODAGE / Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, refuse de se commettre sur l'imposition éventuelle d'une loi spéciale aux membres de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN.

Mais si ces syndiqués devaient rejeter l'entente de principe intervenue avec l'ensemble du front commun intersyndical, il est à peu près certain que le gouvernement fera voter une telle loi à leur intention.

Il se sentira d'autant plus légitimé de le faire, peut-on comprendre, que le grand patron de la CSN, Jacques Létourneau, a lui-même appuyé l'accord.

Pour l'heure, Martin Coiteux dit avoir bon espoir que les membres du front commun, y compris ceux de la Fédération de la santé et des services sociaux, voteront majoritairement en faveur de l'entente. La FSSS-CSN a recommandé à ses plus de 120 000 membres de la rejeter.

Débats costauds

Ceux qui aiment les débats de fond seront servis dans les prochaines semaines du côté de l'Assemblée nationale. Plusieurs projets de loi costauds, déjà présentés ou à être déposés, sont au programme.

Mentionnons celui sur la gouvernance scolaire du ministre François Blais. Celui de Martin Coiteux proposant d'instaurer un régime de protection des lanceurs d'alerte dans la fonction publique québécoise. Celui du ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale censé, selon les mots de Sam Hamad, s'attaquer au «cercle vicieux» de l'aide sociale.

Évoquons le controversé projet de loi sur les discours haineux, qui traîne dans les dédales parlementaires. Celui sur la neutralité religieuse, stipulant que les services de l'État doivent être donnés et reçus à «visage découvert».

Rappelons aussi que le gouvernement s'est engagé à présenter un projet permettant aux villes de décréter les conditions de travail des employés municipaux, une possibilité qui serait offerte au terme d'une négociation «de bonne foi», a déjà dit le ministre Pierre Moreau.

Relevons enfin le projet de loi sur l'immatriculation des armes de chasse. Il sera également débattu en commission parlementaire avant d'être soumis au vote des députés.

Votes libres...

Est-ce qu'une réflexion renaîtra sur les votes libres et la fameuse «ligne de parti», compte tenu des réticences d'un député comme le péquiste Pascal Bérubé à appuyer le projet sur les armes à feu, pourtant salué par son parti? M. Bérubé et d'autres, dans d'autres formations politiques, sont sensibles à la colère de nombreux chasseurs.

Depuis une génération, dans l'opinion publique, on raille la ligne de parti. Elle oblige les élus d'un même groupe parlementaire à voter en bloc; «comme des pantins», se moquent certains.

A contrario, la possibilité qu'auraient les députés de voter comme ils l'entendent, si elle devenait réalité, serait perçue comme un exercice de transparence et de vérité. La demande pour des votes libres dans la population paraît en tout cas très forte.

Mais on peut se demander pourquoi les partis politiques y sont si réfractaires. La réponse est simple : c'est qu'ils craignent l'apparition d'effets pervers.

Si les députés votaient toujours en solo, est-ce qu'ils ne seraient pas plus vulnérables à des lobbys particuliers ou à des pressions d'un groupe précis de citoyens - plus vulnérables que peut l'être une organisation comme un parti politique?

Est-ce que l'intérêt général prévaudrait toujours? Est-ce que l'on ne se retrouverait pas avec une mosaïque d'intérêts divers? Voilà les questions que l'on se pose dans les partis.

Les directions font valoir que les «réunions en caucus» sont des moments de «médiation», des lieux où l'on parvient la plupart du temps à réconcilier des intérêts divergents.

Lors de la crise au Parti québécois sur le financement de l'amphithéâtre de Québec, Pauline Marois avait dit oui aux votes libres. C'était une façon de calmer les choses à ce moment-là. Outre celui sur l'amphithéâtre, l'autre seul vrai vote libre ayant été tenu à l'Assemblée nationale est celui sur les soins de fin de vie.

Mise en demeure de PKP

Dans le milieu politique, la surprise est réelle devant la mise en demeure envoyée, pour diffamation, par Pierre Karl Péladeau au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et à son député Benoit Charette.

Même si elle se révélait fausse, l'affirmation de la CAQ, selon laquelle le chef du Parti québécois contournerait la loi électorale en offrant un don important au futur Institut de recherche sur la souveraineté, relève tout de même du débat politique.

Du temps où il était premier ministre, Jean Charest a plus d'une fois recouru à ce moyen. Ces mises en demeure ne vont jamais bien loin, cela dit.

Nominations controversées

Le gouvernement de Philippe Couillard n'a pas tellement cherché à défendre sa décision d'octroyer des permanences dans la haute fonction publique à des libéraux de toujours, Pietro Perrino et Georges Farrah. Les deux hommes travaillent au cabinet du premier ministre. Ils étaient, et sont encore, secrétaires généraux associés.

Ce sont des gens très compétents, argue-t-on. Pour le reste, les libéraux font le dos rond.

C'est sans doute qu'il leur est difficile de justifier l'octroi de telles permanences. Lorsqu'ils étaient dans l'opposition, les caquistes et eux avaient mené une campagne pour que le gouvernement Marois annule la permanence d'emploi qu'il avait accordée à André Boisclair en le nommant délégué général du Québec à New York. Pauline Marois avait fini par reculer.

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