Obama l'optimiste à l'heure des bilans

À un an de la fin de son... (AFP, Mandel Ngan)

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À un an de la fin de son mandat, Barack Obama prononcera mardi son ultime discours sur l'état de l'Union au Capitale, face aux élus de la Chambre des représentants et du Sénat.

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Jérôme Cartillier
Agence France-Presse
Washington

Il lui reste encore 12 mois au pouvoir, mais l'heure du bilan a déjà sonné. Barack Obama déclinera cette semaine sa vision de l'Amérique, bien au-delà de son mandat.

Lorsqu'il prononcera mardi son ultime discours sur l'état de l'Union au Capitole, face aux élus de la Chambre des représentants et du Sénat, le président américain expliquera pourquoi il n'a «jamais été aussi optimiste» depuis son arrivée au pouvoir.

L'angle d'attaque vise bien sûr à mettre en valeur son action au cours des sept années écoulées en pensant à sa place dans les livres d'histoire.

Mais l'objectif est aussi de marquer le contraste avec la cohorte de républicains qui espèrent lui succéder, Donald Trump en tête, accusés par l'exécutif de jouer sans vergogne sur les «peurs et les angoisses» des Américains.

Car l'élection de novembre qui vise à désigner son successeur sera dans toutes les têtes. Et chaque formule du discours présidentiel sera, quoi qu'il arrive, disséquée à l'aune de cette échéance.

«Je veux insister, au-delà des progrès remarquables que nous avons accomplis, sur ce que nous devons faire ensemble dans les années à venir. Les grandes choses qui garantiront à nos enfants une Amérique encore plus forte et plus prospère», a expliqué M. Obama en évoquant ce discours sur lequel il travaille depuis des semaines.

À l'exception peut-être d'une allocution en juillet à Philadelphie lors de la Convention démocrate, ce pourrait bien être le dernier rendez-vous où il bénéficiera d'un auditoire aussi important à heure de grande écoute.

«Que cela lui plaise ou non, ce discours sur l'état de l'Union aura un petit air d'adieux «, souligne Jeff Shesol, ancien rédacteur de discours de Bill Clinton, dans une analyse publiée par le New Yorker.

Mais opter pour une tonalité trop positive comporte un risque: apparaître en décalage avec la population au moment où domine l'inquiétude de nouveaux attentats djihadistes, après la fusillade de San Bernardino, en Californie.

Et l'arrestation, vendredi, à Philadelphie, d'un sympathisant du groupe État islamique qui a tenté de tuer un policier est venue raviver ces craintes.

Faire élire un autre démocrate

Consciente que l'heure des grands chantiers et des offensives législatives est révolue, en particulier face au Congrès aux mains des républicains, la Maison-Blanche promet un discours «non traditionnel», sans «liste» de priorités. Et un ton qui tranchera singulièrement avec celui des débuts.

«Notre économie est affaiblie et notre confiance ébranlée», lançait Barack Obama lors de son tout premier grand discours devant le Congrès, le 24 février 2009, trois mois après son élection, promettant aux Américains que leur pays sortirait «plus fort qu'auparavant» de la crise économique la plus grave depuis les années 1930.

Les bons chiffres de l'emploi, avec un chômage à 5 %, au plus bas depuis sept ans, devraient cette fois être mis en avant. Mais aussi les récents succès: le rapprochement avec Cuba initié il y a un peu plus d'un an, l'accord sur le nucléaire iranien, ou encore l'offensive au long cours sur le climat, couronnée par un accord mondial à Paris en décembre.

«À ce stade, aucune initiative politique, aucun décret ne peut faire plus pour la place d'Obama dans l'histoire que l'élection d'un autre président démocrate», souligne Jeff Shesol. «Obama doit démontrer qu'il reste de l'énergie non seulement au sein de l'exécutif, mais aussi au sein de son parti».

Pour ce faire, il pourrait bien insister encore sur l'encadrement des armes à feu, sujet dont il a fait son chantier prioritaire en ce début d'année 2016. En annonçant une série de mesures pour renforcer les contrôles sur les acheteurs, il a provoqué l'ire des républicains. Et, persuadé d'avoir une large majorité d'Américains derrière lui, a placé à dessein le sujet au coeur de la campagne électorale.

Dans la loge de la première dame, Michelle Obama, dont les invités sont choisis avec soin, un siège restera vide en hommage aux victimes des violences par armes à feu (plus de 30 000 par an aux États-Unis).

«Elles ont besoin que nous parlions en leur nom», a souligné la Maison-Blanche en annonçant cette initiative inédite.

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