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Bilan politique de l'automne

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(Québec) DÉCODAGE / Les révélations de Radio-Canada sur les tensions existant entre les commissaires Renaud Lachance et France Charbonneau jettent à nouveau le doute sur une partie du financement du Parti libéral du Québec. Elles sont un caillou dans la chaussure du gouvernement de Philippe Couillard.

Mais, très sincèrement, à ce stade-ci de son mandat, ce gouvernement ne paraît pas craindre beaucoup l'impact des fantômes de la commission Charbonneau. Il n'existe pas d'inquiétudes sérieuses à l'interne, que ce soit sur ce dossier ou sur un autre, d'ailleurs.

La division des partis d'opposition y est pour quelque chose. Elle laisse de la marge aux libéraux. Le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, et le chef caquiste, François Legault, craignent eux-mêmes que, dans l'état actuel des choses, les libéraux restent au pouvoir longtemps.

Le gouvernement estime avoir traversé ses 20 premiers mois de pouvoir sans trop de casse politique. Surtout, il pense qu'ils étaient les plus difficiles à franchir de tout son mandat.

Le message qu'il veut faire passer et sur lequel il appuiera très fortement s'il parvient à arracher un règlement global avec les syndicats des secteurs public et parapublic tient en deux mots : on règle! On réglerait des dossiers réputés impossibles à régler.

Un interlocuteur gouvernemental évoque le pacte fiscal avec les municipalités, les ententes avec les médecins et d'autres.

On règle, peut-être, mais à quel prix! disent et martèleront ses adversaires en pensant particulièrement aux médecins.

Une entente négociée avec les syndicats des secteurs public et parapublic serait vue par le gouvernement comme un véritable trophée politique.

D'une phase à l'autre

Un remaniement ministériel a souvent été pronostiqué ces derniers mois. Il ne s'est jamais avéré. Cette fois, on s'en rapproche.

Chose certaine, il est en préparation. À moins d'un revirement de dernière minute, Philippe Couillard devrait procéder à cette révision avant Noël ou peu après le jour de l'An.

Actuellement en convalescence, Lise Thériault restera au Conseil des ministres si tel est son désir. C'est la volonté du premier ministre. Elle occuperait toutefois d'autres fonctions à son retour, si elle veut rester et si sa santé le lui permet.

Pierre Moreau, qui la remplace temporairement à la Sécurité publique, devrait quitter les Affaires municipales. «Il a livré la marchandise», estimerait-il et estimerait-on.

Des ministres sont intouchables. C'est le cas de Gaétan Barrette, à la Santé et aux Services sociaux, de François Blais, à l'Éducation, de Martin Coiteux, au Conseil du trésor, et de Carlos Leitão, aux Finances.

Jean-Marc Fournier fait aussi partie du groupe des inamovibles. Il demeurera leader parlementaire s'il le veut.

Selon toute vraisemblance, Kathleen Weil resterait à l'Immigration et à la Diversité, tout comme Stéphanie Vallée, à la Justice, Pierre Paradis, à l'Agriculture, Geoffrey Kelley, aux Affaires autochtones, ou Jean D'Amour, à la Stratégie maritime - pour ne nommer que ceux-là. 

Des questions sérieuses se posent pour Francine Charbonneau, responsable du ministère de la Famille, qui ne cesse d'affronter des vents contraires. Il faudra surveiller ce qu'il adviendra de Jacques Daoust, à l'Économie, et de David Heurtel, à l'Environnement. Souvent donné partant, M. Heurtel pourrait cependant échapper au jeu de chaises musicales.

Les députés sans poste ministériel, qui forment le gros du bataillon libéral, se demandent si Dominique Anglade, nouvellement élue, accédera au Conseil des ministres. La rumeur l'envoie dans un ministère qui regrouperait les volets de la Recherche, actuellement à l'Éducation et à l'Enseignement supérieur, et de l'Innovation, un morceau accolé au ministère de l'Économie.

Comme n'importe qui, les députés apprécient peu de voir un nouveau venu - une nouvelle venue en l'occurrence - ravir une place qu'ils estiment revenir à l'un d'eux.

Au-delà des besoins immédiats, de la nécessité de serrer des boulons, c'est le bon moment de procéder à un remaniement, croient plusieurs au sein du gouvernement. Après plus de 18 mois de pouvoir, «c'est le temps», dit-on.

À l'unanimité...

Cela a été dit et répété : le travail de collaboration sur les soins de fin de vie a été exemplaire entre les partis politiques à l'Assemblée nationale.

Mais il est faux de répéter que la loi a été adoptée à l'unanimité. Le projet de loi encadrant les soins de fin de vie a été appuyé par 94 députés en juin 2014. Vingt-deux avaient voté contre.

Si on peut néanmoins parler de «consensus», c'est qu'il a reçu l'aval de toutes les directions de parti et que tous les chefs ont voté pour.

Profitons-en pour rappeler que le travail de collaboration existe à l'Assemblée nationale. La statistique est peu connue, mais plus de 80 % des projets de loi déposés au Parlement québécois sont adoptés à l'unanimité.

Parmi ceux ayant fini par faire l'unanimité cet automne, citons celui charpentant la lutte contre le tabagisme, celui mettant fin aux «allocations de départ» sans raison valable, celui sur l'hébergement touristique ou encore celui sur le bien-être animal.

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