Trudeau veut un Parlement moins partisan et plus imputable

Une fois prononcé le discours du Trône, vendredi,... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Une fois prononcé le discours du Trône, vendredi, la Chambre des communes siégera durant une semaine seulement avant d'entamer la relâche des Fêtes.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Joan Bryden
La Presse Canadienne
Ottawa

L'ère Justin Trudeau débutera officiellement vendredi, à l'occasion du traditionnel discours du Trône.

Mais c'est probablement tout ce qu'il y aura de traditionnel pour la suite de ce nouveau gouvernement libéral, qui souhaite transformer le fonctionnement du Parlement pour donner plus de pouvoir aux simples députés, calmer la partisanerie, rendre le gouvernement plus imputable et plus conciliant pour les familles, et créer un Sénat plus indépendant.

Une fois prononcé le discours du Trône, qui devrait simplement brièvement rappeler les priorités du Parti libéral, la Chambre des communes siégera durant une semaine seulement, avant d'entamer la relâche des Fêtes. Ces quelques jours devraient suffire à adopter une motion qui officialisera deux des principales promesses libérales : une baisse d'impôt pour les travailleurs de la classe moyenne et une hausse pour les plus riches.

Les réformes démocratiques promises par M. Trudeau prendront plus de temps à mettre en oeuvre, mais le leader du gouvernement, Dominic LeBlanc, a l'intention de s'atteler immédiatement à ce projet pour que les changements entrent en vigueur peu après la rentrée parlementaire à la fin janvier.

M. LeBlanc s'appliquera à reconstituer le Comité de la procédure et des affaires de la Chambre, et lui demandera de formuler «rapidement» des recommandations sur la manière idéale de réaliser une promesse de Justin Trudeau : réserver une période de questions par semaine pour que les députés cuisinent le premier ministre, tel que cela se fait au Royaume-Uni.

Puisque le but est de rendre le premier ministre plus imputable, M. LeBlanc ne veut pas imposer ce changement aux partis d'opposition.

«Je veux vraiment être dirigé par ce qu'ils croient qui fonctionnera, et nous n'avons pas d'idée fixe autre que l'exemple britannique», a-t-il dit en entrevue, ajoutant être ouvert à adapter le modèle au gouvernement canadien.

Finances

Le seul autre comité qui sera chargé d'un dossier immédiatement, avant la pause des Fêtes, sera celui des finances, afin qu'il puisse commencer les consultations prébudgétaires.

Conformément à l'engagement de Justin Trudeau, les membres de chaque comité éliront leurs présidents et vice-présidents, plutôt qu'ils soient nommés par le premier ministre. Dominic LeBlanc veut aussi augmenter le budget et le personnel accordé aux comités, leur permettant ainsi de mieux analyser les projets de loi.

Le leader du gouvernement a déjà eu quelques discussions avec les chefs d'opposition au sujet des réformes anticipées, et se dit encouragé par leur réaction jusqu'à maintenant.

«Tout le monde semble vouloir commencer ce nouveau Parlement sur un ton plus collégial, respectueux et constructif que, peut-être, celui sur lequel le dernier gouvernement s'est terminé», a-t-il rapporté.

Le dossier du Sénat pourrait toutefois être une source de conflit. Les conservateurs y détiennent une majorité de sièges et ne sont pas enclins à laisser les propositions libérales passer sans opposition. M. Trudeau pourrait éviter cela en remplissant les 22 places vacantes au Sénat, mais ne le fera pas jusqu'à ce qu'il ait mis sur pied l'organe qu'il a promis pour recommander des nominations non partisanes.

Cette réforme, un dossier qui revient à la ministre des Institutions démocratiques, prendra un certain temps à mettre en branle. Entre-temps, M. LeBlanc devra réfléchir à la façon de faire approuver les projets de loi au Sénat, et particulièrement comment y déposer des projets de loi alors qu'il n'y a plus de leader du gouvernement au Sénat.

La parité pour toutes les nominations

Le gouvernement fédéral prévoit élargir sa promesse d'équité des sexes au cabinet aux centaines de personnes que le gouvernement nomme aux comités, agences et sociétés d'État. Les libéraux ont promis lors de la campagne électorale de réviser le processus de nomination, qui s'effectue présentement derrière des portes closes et a quelquefois été éclaboussé par des accusations de partisanerie ou de favoritisme envers des donateurs du gouvernement ou des candidats défaits en élections. Le Parti libéral s'est engagé à créer un organisme indépendant pour recommander des nominations au Sénat. Un modèle semblable est utilisé en Grande-Bretagne pour toutes les nominations gouvernementales. Ce processus est présentement en cours d'évaluation, a indiqué le parti, ajoutant que les nominations seraient «ouvertes, transparentes et basées sur le mérite» et que la parité hommes-femmes serait assurée. Il y aura également plus d'autochtones et de citoyens issus de groupes minoritaires, a affirmé Olivier Duchesneau, le directeur adjoint des communications du premier ministre, Justin Trudeau. Le porte-parole a aussi souligné que l'opacité du processus de nomination avait alimenté le cynisme sur la politique de coulisses.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer