Les fantômes de Charbonneau

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(Québec) Tous les partis se disent d'accord avec les recommandations de la commission Charbonneau. Mais... En vérité, le ministre Robert Poëti voit mal la pertinence de confier à un «comité d'experts indépendants» l'approbation de la programmation du ministère des Transports.

On imagine mal, par ailleurs, le gouvernement et les partis d'opposition imposer par loi une limite au nombre de mandats que pourraient exercer les maires du Québec. Pas à une époque où les parlementaires cherchent à offrir plus d'autonomie aux villes, en tout cas.

En 2013, le gouvernement Marois a même très officiellement mis de côté un projet visant à limiter le nombre de mandats de nos maires. Pauline Marois l'avait présenté en 2010, alors qu'elle était dans l'opposition.

Une loi sur les lanceurs d'alerte, ces personnes témoins d'irrégularités, finira bien par être adoptée. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, s'y est encore engagé cette semaine. Mais n'oublions pas qu'il est question d'une telle législation depuis au moins... 2008 au Parlement québécois.

Éviter les boomerangs

Le gouvernement Couillard n'a pas mis de temps à découvrir la dissidence du commissaire Renaud Lachance, qui a estimé qu'on ne pouvait établir de lien entre les contributions aux partis politiques et l'octroi de contrats publics.

Une fois le volumineux rapport arrivé, quelques minutes lui ont suffi! Les libéraux avaient peine à cacher leur satisfaction de pouvoir s'équiper d'un tel bouclier.

À la Coalition avenir Québec, on a malicieusement noté que le Parti québécois n'a posé aucune question touchant au fond du rapport Charbonneau... Il voulait éviter un retour de boomerang, se plaît à suggérer un caquiste.

Le Parti québécois s'est concentré sur le fait que le gouvernement a obtenu le rapport une heure avant qu'il ne soit rendu public, un sujet important, mais plus périphérique.

Comme si tous avaient quelque chose à se reprocher, des adéquistes de coeur, de leur côté, n'ont pas aimé que le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, présente ses excuses au nom de la défunte Action démocratique du Québec.

Ceux-là se sont souvenus que François Legault, lorsqu'il était ministre de la Santé dans un gouvernement du Parti québécois, en 2002, s'était fait rabrouer par le premier ministre d'alors, Bernard Landry.

Le chef péquiste avait dû mettre un holà à des rencontres comme celle à laquelle son ministre de la Santé venait de participer avec des représentants de compagnies pharmaceutiques. Ceux-ci avaient déboursé 1000 $ chacun pour obtenir le privilège de rencontrer M. Legault.

Rien d'illégal. L'événement avait été organisé pour financer le Bloc québécois. Mais les apparences en avaient pris pour leur rhume.

Le solidaire Amir Khadir a martelé que «les tiers partis comme Québec solidaire, Option nationale et le Parti vert sont les seuls à être intègres».

Des adversaires politiques ont eu envie de lui dire que les requins tournent autour des partis dits de gouvernement. Qu'ailleurs dans le monde, des partis de gauche au pouvoir ont parfois été éclaboussés par des scandales.

Nouvelle donne

Au gouvernement, on était très fier de la mise à jour économique et budgétaire présentée jeudi.

En matinée, avant qu'elle ne soit dévoilée, le Parti libéral du Québec avait même envoyé à ses membres une invitation à regarder en direct la présentation qu'allait en faire plus tard en journée le ministre des Finances, Carlos Leitão.

Toujours en matinée, Philippe Couillard avait fait savoir qu'on allait découvrir que le Québec a non seulement retrouvé le chemin de l'équilibre budgétaire, mais qu'il allait commencer à en récolter les fruits. Il faisait référence, sans le dire encore, au réinvestissement de 100 millions $ en éducation.

Le gouvernement cherche à faire comprendre aux Québécois que le Québec commence à passer d'une période de restriction budgétaire à une période de réinvestissement; qu'on passe d'un monde à l'autre; que le Québec retrouve sa capacité à faire des choix. Il veut que nous regardions devant.

En regardant ce budget, le péquiste Nicolas Marceau dit avoir eu froid dans le dos. Il soupçonne le gouvernement de se préparer à offrir toute une série de cadeaux électoraux en 2018.

Selon les prévisions du ministère des Finances, le Québec sera en équilibre budgétaire cette année et les années suivantes. Et même en surplus budgétaires si des milliards de dollars n'étaient pas versés au Fonds des générations.

Il suffirait donc, il est vrai, que le gouvernement verse moins d'argent au Fonds des générations pour qu'il ait en 2018 ou avant des marges de manoeuvre plus importantes qu'il ne l'affirme.

Qui dit nouveaux paramètres financiers dit nouvelle donne politique. Et, pour le gouvernement, peut-être, nouvelle façon d'aborder les négociations avec les représentants des quelque 500 000 employés de l'État.

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