Attentats de Paris: «Nous sommes tous concernés»

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(Québec) DÉCODAGE / On ne peut commencer cette revue de la semaine politique québécoise sans citer les propos tenus par Philippe Couillard, Pierre Karl Péladeau, François Legault et Françoise David après les attentats perpétrés à Paris par des fanatiques abreuvés de haine et assoiffés de sang. De Paris à Bamako, nous sommes tous concernés.

Philippe Couillard : «La France est frappée pour une deuxième fois cette année dans sa chair et ses symboles les plus précieux : la liberté d'expression et de pensée, la tolérance, la création artistique, la joie de vivre, la jeunesse et la célébration des promesses d'avenir. La France est en guerre et, avec elle, la civilisation même des États de droit et nos valeurs démocratiques. Nous aussi sommes impliqués. Nous aussi sommes engagés. Nous sommes tous concernés.

«Un sentiment de profonde révulsion et d'infinie tristesse nous a envahis à l'annonce de la violence aveugle. Le monde a soudainement, encore une fois, vacillé sous le choc. Mais le monde civilisé reste debout, restera debout et gagnera cette bataille, comme il a, à l'époque de nos grands-parents, gagné la bataille contre la barbarie nazie.»

Pierre Karl Péladeau : «Les victimes étaient, pour la majorité, des jeunes qui avaient l'avenir devant eux. Elles s'appelaient Cédric, Marie, Thomas, Valentin, Djamila... Leur vie a été fauchée brutalement alors qu'elles fréquentaient des lieux associés aux arts, à la joie de vivre, à la camaraderie, au partage et à la culture parisienne, autant d'illustrations quotidiennes de la liberté si chère aux démocrates. La terreur a semé le chaos, la tristesse, la stupeur et l'incompréhension.»

François Legault : «Lorsque j'ai pris la parole, en janvier, lors des attentats contre Charlie Hebdo, j'ai parlé de la fin de l'innocence. Je disais que les sociétés n'avaient plus le luxe de se voiler les yeux devant la gravité de la menace posée par l'intégrisme. Je disais qu'il fallait agir pour prévenir, sur notre territoire, ces explosions de violence. Aujourd'hui, je crois qu'il faut parler de la fin de la naïveté pour qualifier ces attentats des intégristes. Il faut combattre le mal et, pour combattre le mal, il faut d'abord nommer le mal. Des intégristes utilisent une religion pour justifier des gestes d'une violence inouïe.»

Françoise David : «En des heures aussi tragiques, plus que jamais, il faut mettre l'accent sur ce qui nous unit.»

Pas d'«union sacrée»

Cette semaine, le premier ministre Philippe Couillard a conspué les partis d'opposition chaque fois que des questions ont été posées sur l'accueil des réfugiés syriens.

Il a semblé sourd aux inquiétudes qu'ils ont exprimées; inquiétudes qui, on l'a vu plus tard, correspondent à celles d'une bonne partie de la population québécoise - pour ne pas dire occidentale.

À tort ou à raison, M. Couillard a vu dans toutes les questions des partis d'opposition des prétextes pour refuser l'accueil à des gens eux-mêmes victimes des barbares. Il les a soupçonnés de profiter des craintes de certains pour cacher le malaise qu'ils ressentaient bien avant les attentats de Paris.

Le chef libéral supporte mal tout ce qu'il estime relever du rejet d'autrui.

Il a donc été à l'offensive. Au point de contredire publiquement deux de ses ministres, Pierre Moreau et Kathleen Weil.

Il a été bagarreur. Avant même la moindre question du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec, il s'en était déjà pris à eux. En marge d'une réunion du Parti libéral du Québec, il a assené qu'ils traînent un «lourd passif» quant à l'accueil des nouveaux arrivants.

Une sortie qui, dans le contexte immédiat des attentats de Paris, a surpris.

Éphémère moment de grâce

Mercredi, Philippe Couillard a tenu une conférence de presse en compagnie de députés du Parti québécois, de la Coalition avenir Québec et de Québec solidaire. En soi, c'est déjà un fait rare.

Étaient présents, outre M. Couillard et sa ministre de la Famille, Francine Charbonneau, le péquiste Sylvain Rochon, la caquiste Lise Lavallée et la solidaire Manon Massé.

Tous étaient rassemblés dans le hall de l'hôtel du Parlement. Le lieu est majestueux. Il avait été choisi pour donner du lustre à la conférence de presse.

Ensemble, ils ont dévoilé le plan d'action du gouvernement - et de l'opposition, donc - visant à lutter contre l'intimidation. Un travail de collaboration qui s'est déroulé sur une année.

À la fin de la conférence de presse, il n'y avait plus que les représentants du gouvernement au pied de l'escalier monumental du hall d'entrée...

C'est que les questions des journalistes n'ont pas seulement porté sur le plan d'action, mais sur d'autres sujets d'actualité. L'accueil des réfugiés syriens, les négociations dans les secteurs public et parapublic, notamment.

Les représentants des partis d'opposition ont jugé qu'ils ne pouvaient rester auprès du premier ministre à ce moment-là. La collaboration pour combattre l'intimidation, oui; le soutien au gouvernement, non!

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