Nouvelle dissonance libérale sur les réfugiés

Des migrants et des réfugiés attendent pour entrer... (AFP, Dimitar Dilkoff)

Agrandir

Des migrants et des réfugiés attendent pour entrer dans un camp après avoir traversé la frontière gréco-macédonienne, près de Gevgelija, mercredi.

AFP, Dimitar Dilkoff

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Pour une deuxième journée d'affilée, le premier ministre Philippe Couillard et son ministre Pierre Moreau ont joué des notes discordantes sur la capacité du Québec à accueillir des réfugiés syriens d'ici la fin de l'année.

Le chef de l'État québécois estime que le Québec parviendra «fort probablement» à accueillir sur son sol 3650 d'entre eux avant la fin de l'année, comme il s'y était engagé. Son ministre de la Sécurité est incapable de garantir plus de 2400 réfugiés syriens sélectionnés - et non pas accueillis - au 18 décembre. 

«Non, on est sur la même longueur d'onde, a assuré M. Couillard en fin d'après-midi. On vient d'en parler, lui et moi, avec tous les collègues. On est très confiants d'atteindre la cible du premier contingent.»

En septembre dernier, après la photo-choc du petit Aylan Kurdi, mort noyé sur une plage turque, la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, s'est engagée à tripler l'admission de réfugiés syriens au Québec d'ici la fin de l'année. Des 1200 personnes prévues à l'origine, le gouvernement Couillard rehaussait son seuil à 3650. C'était avant que l'engagement du nouveau premier ministre canadien Justin Trudeau porte à quelque 5700 le nombre de réfugiés syriens à recevoir au Québec. 

«Sur le premier contingent [celui de 3650 réfugiés], on n'a aucun doute parce qu'on a les moyens financiers, les mécanismes, a affirmé le premier ministre Couillard. La question qui reste à éclaircir, c'est la mise en place du plan fédéral plus large.»

Pourtant, un peu plus tôt, son ministre Pierre Moreau a été incapable d'assurer que Québec parviendrait à sélectionner - et non accueillir - les 3650 personnes prévues avant 2016. Un processus d'habilitation sécuritaire effectué par Ottawa suit l'étape de la sélection par le Québec. 

«J'espère que oui, mais si vous me demandez : "Est-ce que vous me donnez une garantie qu'il va y en avoir 3650 de sélectionnés au 31 décembre?", je ne vous répondrai pas oui à ça. Je ne suis pas devin. Je n'ai pas de boule de cristal.»

La veille, le premier ministre avait aussi repris ses ministres Moreau et Kathleen Weil, qui jugeaient irréaliste et impossible de procéder à l'accueil de 5700 réfugiés syriens d'ici 2016. M. Couillard a préféré parler d'une tâche «exigeante et ambitieuse», mais «quand tout le monde travaille ensemble, on peut accomplir beaucoup».

Les dissonances libérales sur la question des réfugiés ont fait les choux gras des partis de l'opposition. Le chef de l'opposition, Pierre Karl Péladeau, estime que la promesse du premier ministre Trudeau place le gouvernement libéral [du Québec] dans une «situation embarrassante». «Ce à quoi nous assistons, c'est une espèce de ping-pong entre les intervenants, a-t-il affirmé. Tristement, le résultat, c'est un spectacle d'improvisation. Nous n'avons pas de réponses aux questions des citoyens.»

Pour sa part, le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, estime que le gouvernement entretient la confusion dans le dossier. «On revient avec les contradictions entre M. Moreau et M. Couillard, a-t-il commenté. M. Couillard nous dit que c'est possible de tout faire d'ici le 31 décembre, M. Moreau nous dit non. Qui croire?»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer