Le Canada va combattre les djihadistes, mais pas avec les CF-18

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Justin Trudeau à la réunion du G20 en Turquie

AP, Susan Walsh

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
Antalya, Turquie

Le premier ministre Justin Trudeau a assuré aux leaders du G20 que le Canada poursuivrait sa forte contribution militaire pour lutter contre les combattants islamistes, mais que cet apport ne viendrait pas des airs.

M. Trudeau a déclaré que son gouvernement respecterait d'ici mars son engagement électoral de retirer les six avions de chasse CF-18 de la coalition menée par les États-Unis qui bombarde des positions du groupe armé État islamique en Irak et en Syrie.

Il a ajouté que le Canada souhaitait plutôt centrer sa contribution militaire sur le renforcement de ses efforts pour entraîner des combattants kurdes qui affrontent les djihadistes sur le terrain.

M. Trudeau a précisé que les troupes canadiennes se sont bâti une solide expérience en la matière, particulièrement lors de la guerre en Afghanistan.

M. Trudeau a assuré qu'aucun chef de gouvernement ne lui avait demandé de garder les CF-18 en place. Mais l'enjeu a tout de même compliqué ses premiers pas sur la scène internationale, alors que le premier ministre semblait davantage enclin à parler d'infrastructures et de changements climatiques plutôt que de stratégie militaire.

«Les discussions que nous avons tant à l'interne qu'avec nos alliés est sur comment le Canada peut le mieux contribuer», a insisté le premier ministre canadien à la clôture du sommet du G20 qui se tient en Turquie.

«Je sais que le Canada va continuer à faire sa part dans le combat contre ce fléau terroriste», a-t-il plaidé.

Réfugiés

Par ailleurs, M. Trudeau a affirmé qu'il maintenait son engagement d'accueillir 25 000 réfugiés au pays d'ici la fin de l'année, mais il a reconnu l'importance accrue des contrôles sécuritaires alors que certaines terroristes pourraient tenter de se faufiler parmi les réfugiés.

«La sécurité demeure une préoccupation de premier ordre pour le gouvernement du Canada, particulièrement en ce moment, après les attaques perpétrées à Paris», a-t-il spécifié.

Mais M. Trudeau a souligné que le Canada ne devait pas tourner le dos à ces milliers de personnes vulnérables, une position qui est similaire à celle du président américain Barack Obama.

«De fermer nos portes devant eux serait une trahison de nos valeurs, a déclaré M. Obama au terme de la rencontre. Nos nations peuvent accueillir des réfugiés qui cherchent désespérément de la sécurité et nous assurer de conserver notre propre sécurité. Nous pouvons et nous devons faire les deux.»

M. Trudeau a précisé qu'il n'avait pas discuté avec son homologue américain du retrait des CF-18 ou encore de la question des réfugiés. Il a mentionné que cette discussion devrait se tenir plus tard cette semaine alors que la plupart des leaders convergeront vers Manille, la capitale des Philippines, où se déroulera le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

Laurent Fabius

Le premier ministre canadien a également rencontré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, lundi, et lui a assuré de la solidarité du Canada envers la France.

Les deux politiciens ont déclaré qu'ils allaient travailler ensemble pour conclure un «consensus ambitieux» au sommet des Nations unies sur le climat qui s'ouvrira à la fin du mois dans la capitale française, une rencontre qui se déroulera sous haute sécurité.

M. Fabius participait au G20 au nom du président François Hollande, qui est demeuré en France à la suite des attaques terroristes de vendredi qu'il a qualifiées «d'actes de guerre».

Avant de rencontrer M. Trudeau, M. Fabius a défendu la décision de l'État français de lancer dimanche soir des frappes aériennes à Raqqa, en Syrie, un fief de l'État islamique.

Il a déclaré que la réponse française était «politique» et que la France devait être «présente et active» pour répondre aux attaques qui ont fait 129 morts.

Rencontres bilatérales

Pendant le sommet, M. Trudeau a pris part à plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre italien Matteo Renzi et le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui avait placé le dossier des réfugiés syriens à l'ordre du jour puisque la Turquie accueille plus de deux millions d'entre eux.

Le premier ministre canadien a également eu une brève conversation avec le président russe Vladimir Poutine à qui Stephen Harper refusait de parler.

«Je lui ai fait remarquer que bien que le Canada ait modifié son approche sur un grand éventail d'enjeux multilatéraux et internationaux, nous demeurons engagés au fait que l'interférence de la Russie en Ukraine doit cesser», a rapporté M. Trudeau. Il a demandé à M. Poutine d'honorer les accords de Minsk.

Il s'agit d'un changement important de ton comparativement au dernier sommet du G20 en Australie où M. Harper avait dit au président russe: «Je n'ai qu'une chose à vous dire: sortez de l'Ukraine!».

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