Combien vaut un député?

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(Québec) DÉCODAGE / Attention, danger! C'est une grenade politique. Le salaire des députés est un sujet on ne peut plus délicat.

Il est toutefois déjà arrivé que nos élus en parlent ouvertement. Oui, ils ont déjà osé.

En juin 2000, dans un geste spectaculaire, le président de l'Assemblée nationale de l'époque, Jean-Pierre Charbonneau, était sorti de son devoir de réserve. Il s'était levé de son auguste fauteuil pour faire la leçon au premier ministre du Québec, qui était alors Lucien Bouchard.

Il s'était adressé directement à lui. Il avait réclamé de meilleurs salaires pour les 125 députés du Parlement québécois. Son message était clair : les députés valent tout autant que les grands mandarins de l'État.

Son audace avait ravi l'assemblée. Tous les péquistes et les libéraux l'avaient applaudi. Un vent de révolte parlementaire soufflait...

Une étincelle avait mis le feu aux poudres peu avant. Le Conseil des ministres venait de bonifier le salaire des sous-ministres et des dirigeants d'organismes publics d'environ 20 %. Or, les grands commis de l'État gagnaient déjà pas mal plus que les ministres et le chef du gouvernement du Québec.

Jusqu'à récemment, le débat avait toujours surtout porté sur le salaire de nos représentants politiques par rapport à celui des mandarins de l'État. Aujourd'hui, il porte exclusivement sur l'opportunité politique d'agir.

Avec ses deux projets de loi déposés jeudi, le ministre Jean-Marc Fournier affirme s'en tenir aux recommandations du rapport présenté par Claire L'Heureux-Dubé il y a deux ans.

Le Parti québécois, par la voix de Bernard Drainville, se dit d'accord pour adopter rapidement le projet de loi prévoyant l'abolition des allocations de transition. Mais pas celui prévoyant une hausse de salaire des députés à la fin de 2018, après les prochaines élections générales. Ce, même si le projet prévoit que les élus contribuent davantage à leur régime de retraite et qu'ils n'auraient plus droit à une allocation non imposable de 16 000 $.

Comment la population pourrait-elle accepter une hausse du salaire des parlementaires? a demandé M. Drainville. Qui plus est, en cette période d'austérité budgétaire?

En 2000, Lucien Bouchard avait aussi fini par évoquer la situation politique : «C'est plus facile d'en parler pour le président de l'Assemblée nationale que pour le premier ministre», avait-il laissé tomber.

***

Mots pesés

Le projet de loi 70 a aussi créé des remous cette semaine. Il vise, selon son intitulé, «à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l'emploi, ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi».

Sachant le sujet sensible, la présentation du ministre Sam Hamad mardi avait été soigneusement préparée; et les mots couchés sur papier, soupesés. M. Hamad voulait éviter qu'on dise qu'il s'en prenait aux jeunes assistés sociaux. Il avait donc deux messages.

Le premier s'adressait aux personnes susceptibles de dénoncer les intentions du gouvernement : «Est-ce qu'une société développée, généreuse, solidaire et ambitieuse peut se permettre de laisser tomber, chaque année, des milliers de jeunes dans la pauvreté et la détresse sans pouvoir les aider à accomplir leur plein potentiel et réaliser leurs rêves?»

L'autre message avait été élaboré à l'intention de la «majorité silencieuse» : «Le participant doit faire des efforts, c'est-à-dire s'inscrire et participer dans les démarches personnalisées en fonction de sa situation. Les contribuables qui investissent dans ces démarches s'attendent à ce que les participants fassent les efforts pour s'en sortir.»

Le débat se poursuivra tout l'hiver prochain. Il pourrait bien prendre de l'ampleur.

***

Division du vote?

Chez Québec solidaire, rien n'horripile plus que l'idée selon laquelle sa présence sur l'échiquier politique «divise le vote souverainiste».

Lors de l'élection partielle de lundi dans Saint-Henri-Sainte-Anne, la candidate du PQ a récolté près de 30 % des suffrages. Celle de Québec solidaire a pu compter sur près de 21 % des voix. Si les deux bannières souverainistes avaient été unifiées sous une seule, celle-ci l'aurait emporté aux dépens de la libérale Dominique Anglade.

Cette analyse ne tient pas la route, clame-t-on chez Québec solidaire. Pourquoi? Parce qu'elle suppose que les électeurs de Québec solidaire sont d'abord et avant tout motivés par le projet souverainiste. Or, rien n'est moins vrai, dit-on.

Le projet souverainiste n'apparaît pas en tête de liste des priorités des électeurs solidaires. C'est l'idée d'une société différente sur le plan socioéconomique qui les motiverait d'abord et avant tout.

Chez Québec solidaire, on estime que colporter et propager l'idée d'une division du vote souverainiste fait le jeu du Parti québécois.

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