Le PQ s'oppose à la hausse du salaire des députés

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à... (La Presse Canadienne)

Agrandir

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l'Assemblée nationale, jeudi

La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Le projet du gouvernement Couillard pour augmenter la rémunération de base des élus de l'Assemblée nationale se heurte aux objections du Parti québécois (PQ).

Pendant que la Coalition avenir Québec (CAQ) se montre satisfaite d'une proposition, qui hausserait en 2018 le salaire en éliminant l'allocation de dépenses non imposables de 16 000$, différentes primes de fonction et en rendant moins généreux le régime de pensions, le PQ a tranché qu'il n'est pas question de l'endosser, en ce moment.

«L'indemnité de base» d'un élu à Québec est de 90 840$. Pour compenser la disparition des dépenses non imposables et des primes de fonction et la contribution supplémentaire pour les retraites, elle atteindrait 140 000$.

Devant les médias, le leader parlementaire du PQ, Bernard Drainville, a fait savoir que, pour ce qui est du barème strictement salarial, le contexte ne s'y prête pas, même si la formule prévoit que cela se fera à coût nul et que le gouvernement ajoute qu'elle produira 400 000$ en économies.

«Ça n'arrivera pas», a-t-il lancé. La législation sur le délicat dossier du salaire des élus tombe au moment où le gouvernement mène de dures négociations avec ses employés où il offre trois hausses successives annuelles de 1% et deux ans de gel, assorti de relèvements liés à la relativité salariale, a-t-il suggéré.

La loi qui est mise à l'examen «propose des augmentations [de rémunération] de 30%», a avancé le député de péquiste de Marie-Victorin. «Il n'est pas question de se voter de telles augmentations [au moment où l'État-employeur] propose d'appauvrir les infirmières, les enseignants, les fonctionnaires.»

Bernard Drainville a refusé de préciser à quel moment cette réforme pourrait être moins difficile à vendre politiquement à la population. Il n'a pas voulu dire si cela reporte le débat nécessairement à une autre législature. «Dans le contexte actuel, cela ne passe pas la rampe.»

Il a également évité de se prononcer sur une révision préconisant de faire disparaître des allocations non imposables et de changer un régime de retraite qualifié de «Ferrari» par le groupe présidé par l'ex-juge Claire L'Heureux-Dubé sur la rémunération et les conditions de travail des élus. Bernard Drainville s'est borné à dire qu'il n'est pas opposé à discuter de ces suggestions du comité.

Pas avant 2018 pour Legault

Pour sa part, le chef de la CAQ, François Legault, a convenu que «ce n'est le temps de monter les salaires des députés, maintenant. Il faut être un petit peu cohérent avec les efforts que l'on demande aux employés».

M. Legault croit que les changements de rémunération peuvent être entérinés à la condition qu'ils ne soient pas en vigueur avant la prochaine législature, en 2018, ce que prévoit le projet de loi. Son attaché de presse a rappelé que les caquistes «ont toujours dit aux libéraux et aux péquistes que les députés ne peuvent être juges et parties» pour les salaires.

L'appui aux autres éléments de la législation - comme les primes de fonction et les retraites - n'est cependant pas acquis. La formation politique veut d'abord analyser en profondeur le sujet mis sur la table. Il ne peut imaginer une adoption avant la prochaine session, avant 2016.

Le PQ et la CAQ s'entendent cependant pour appuyer l'autre loi déposée par le ministre Jean-Marc Fournier. Elle établirait qu'un élu qui abandonne son siège à l'Assemblée nationale avant la fin de son mandat ne pourra toucher une indemnité de transition si son départ n'est pas lié «à des raisons familiales sérieuses ou à un problème de santé important» l'affectant lui ou un membre de sa famille.

Depuis les élections générales de 2014, pas moins de neuf députés ont démissionné. La plupart n'avaient de motifs autres qu'être insatisfaits de leur sort ou de vouloir relever de nouveaux défis professionnels.

Québec solidaire ne s'oppose pas à la révision du salaire. Par contre, la députée Françoise David a établi qu'il ne faut pas que l'exercice débouche sur une augmentation de la rémunération des députés, ministres, whips, leaders, présidents de commission. «Ça, il faut être au clair là-dessus. Ce n'est franchement pas le moment de l'augmenter.»

Pour ce qui est des primes de transition, pour celui «qui est battu, qui ne se représente pas, qui est démissionnaire avec de bonnes raisons, pour le temps où ce député sera véritablement en recherche d'emploi», cette indemnité doit demeurer.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer