Legault dénonce l'offre de «clause orphelin» aux infirmières

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Le chef de la CAQ, François Legault

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<p>Michel Corbeil</p>

(Laval) François Legault est renversé par les offres salariales du gouvernement Couillard qui réservent, dénonce-t-il, des «clauses orphelin» aux futures infirmières.

À son arrivée au conseil général que tient sa formation politique, samedi et dimanche, à Laval, en banlieue de Montréal, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) y est allé de cette sortie qu'a contredite le ministre Martin Coiteux, quelques heures plus tard.

«On propose de réduire de salaire des jeunes infirmières», a lancé en matinée le caquiste, durant un impromptu de presse. «Je n'en reviens pas. Je demande à M. Couillard de retirer ces dernières offres.

«Ce n'est pas vrai qu'on va tomber dans un problème d'équité entre les générations avec les "clauses orphelin". Pour payer les augmentations plus importantes aux plus anciens, on [veut] couper dans les salaires des plus jeunes.

«Je pensais qu'au Québec, on avait mis de côté les "clauses orphelin", que ça n'existait plus au Québec.» Ironiquement, M. Legault a été dans une autre vie politique membre d'un gouvernement du Parti québécois qui a voté une loi pour contrer les disparités salariales entre les recrues et ceux qui sont en poste. «M. Couillard est en train de nous ramener, il y a 20 ou 30 ans.»

François Legault a balayé du revers de la main l'argument du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux. Formulé vendredi. Selon ce dernier, les travailleurs ne s'attardent pas à la rémunération à l'entrée de la profession, mais plutôt aux perspectives ouvertes au sommet de l'échelle salariale.

«Ben voyons donc! a laissé tomber le leader de la Coalition. On [les nouveaux arrivés sur le marché du travail] regarde les différentes professions. Le salaire à l'entrée est aussi important.»

Ce qui semble être avancé pour les enseignants lui apparaît tout aussi inacceptable. «J'ai très hâte de voir - et ce n'est pas clair dans les propositions d'hier - les augmentations de salaire des enseignants. On dit que la priorité au Québec, c'est l'éducation. Quelle est l'offre» dans ce domaine?

Pour l'instant, le cadre général de la négociation donne, en cinq ans, trois années d'augmentation de 1 % et deux autres de gel, soit pour la première année et la cinquième année du contrat de travail, assorti d'un exercice de «relativité salariale» qui pourrait profiter aux enseignants.

«Je n'accepterai jamais qu'on gèle le salaire des enseignants, même pour une seule année, a commenté François Legault. Il faut être cohérent. Si on veut que l'éducation soit une priorité au Québec, il faut mieux les payer, au moins couvrir l'inflation pour chacune des années», a repris le chef caquiste.

Coiteux réplique

Le ministre Martin Coiteux a réagi en communiquant directement avec les journalistes présents au rassemblement des caquistes.

Sur les «clauses orphelin» invoquées par François Legault, «il n'a absolument rien compris à l'exercice de relativité salariale. Ou alors il a compris et ce qu'il a dit sur les "clauses orphelin" est à la limite malhonnête. Parce qu'il n'y en a pas de "clauses orphelin" dans notre proposition.»

Pour M. Coiteux, avec les offres de base et le mécanisme de relativité salariale, «où nous sommes tellement sérieux que nous consacrons 550 millions $», il y aura «augmentation de la rémunération en carrière des jeunes qui entrent dans le secteur public québécois».

Il a soulevé qu'en outre, les rentes seront aussi majorées, lorsque l'heure de la retraite des recrues actuelles aura sonné. Au total, le ministre croit qu'il favorise «l'attraction et la rétention des jeunes».

«Ce n'est pas parce que François Legault est un orphelin politique qu'il doit voir des "clauses orphelin" là où il n'y en a pas. Le geste que nous posons est pour favoriser l'équité entre les différentes générations, pour que les jeunes aient de meilleures perspectives de carrière.»

Advenant l'acceptation de l'offre gouvernementale, les infirmières qui arriveront en poste toucheront une rémunération moindre au cours des six premières années de leur carrière, par rapport à la situation actuelle. Martin Coiteux a précisé que «personne à l'emploi du secteur public ne verra sa rémunération baisser».

Selon le ministère de la Justice, une «clause orphelin» dans une convention collective prévoit une «disparité de traitement, généralement en fonction de la date d'embauche et souvent sous forme de double échelle salariale». Pour le président du Conseil du trésor, rallonger vers le bas les six premiers échelons salariaux n'est pas une «clause orphelin». «Ce n'est pas ça du tout. C'est octroyer des échelons à un niveau supérieur qui ne sont pas accessibles aux jeunes.»

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