Élections partielles: une lutte féroce dans Beauce-Sud

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C'est la démission de Robert Dutil qui a forcé la tenue d'une élection partielle dans Beauce-Sud.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Beauce-Sud, où les libéraux règnent sans partage depuis 34 ans hormis un court intervalle adéquiste de 20 mois en 2007 et en 2008, pourrait avoir l'air d'une circonscription sûre pour le parti de Philippe Couillard. C'est toutefois une lutte féroce que se livreront jusqu'à lundi soir le caquiste Tom Redmond et le libéral Paul Busque alors que les deux estiment avoir de bonnes chances de succéder au député démissionnaire Robert Dutil.

C'est que la Coalition avenir Québec (CAQ) et son ancêtre, l'Action démocratique du Québec, n'ont jamais obtenu moins de 38 % des votes dans la circonscription beauceronne depuis 2003 et que même M. Dutil, un ministre, a été élu deux fois avec des majorités de quelques centaines de voix seulement.

«Je crois qu'il y a un bon fond non libéral en Beauce», déclare le candidat caquiste Tom Redmond, conseiller municipal depuis deux ans à Saint-Georges, dont le maire est justement l'ex-député adéquiste Claude Morin. «Avant, c'était les séparatistes d'un bord et les libéraux de l'autre, mais, maintenant, il y a une troisième voie», souligne-t-il en avouant avoir longtemps été étiqueté comme un libéral.

«Avec les années cependant, j'ai compris comment le parti fonctionnait et j'ai arrêté de militer», poursuit-il, précisant que la position de la CAQ en économie et en éducation l'avait réconcilié avec la politique. M. Redmond a fait du prolongement de l'autoroute 73 vers le Maine l'une de ses priorités et souhaite aussi réduire l'effet des réglementations environnementales sur les projets industriels et résidentiels. «C'est rendu que tous les projets sont bloqués à cause de l'environnement. Les grenouilles sont devenues plus importantes que les humains!» lance-t-il.

Rien pour acquis

Paul Busque avoue pour sa part qu'il ne tient pas sa victoire pour acquise malgré l'historique «rouge» de Beauce-Sud. «J'ai été 34 ans en affaires et je n'ai jamais rien pris pour acquis. Je sais qu'il faut travailler pour avoir quelque chose», indique-t-il en signalant qu'il est «sur le terrain» depuis le 8 octobre, lendemain du déclenchement des partielles en pleine campagne électorale fédérale.

C'est Robert Dutil qui a suggéré le nom de l'ex-propriétaire d'un supermarché et d'une concession automobile au premier ministre Couillard. Il faut dire que M. Busque était dans l'entourage de l'ex-ministre depuis cinq ans, ayant présidé l'Association libérale et étant membre de deux commissions politiques.

«Mon expérience comme homme d'affaires devrait m'aider, car je suis bien connu dans Beauce-Sud. La Beauce est une région d'entrepreneurs qui ne vote pas seulement pour le parti, mais aussi pour l'homme.»

Le candidat libéral est fier d'annoncer que les travaux de l'autoroute 73 seront terminés dans un an, mais ne croit pas qu'un prolongement vers le Maine soit une priorité. «Les entreprises beauceronnes qui expédient aux États-Unis passent par Stanstead ou Lacolle. Pour moi, le principal enjeu est le manque de main-d'oeuvre. Dans les 24 municipalités de Beauce-Sud, il y a des pancartes "Nous embauchons" partout.»

De son côté, le candidat péquiste Renaud Fortier ne s'en fait pas, même si son parti n'a jamais remporté une élection dans Beauce-Sud et qu'il a réalisé en 2014 son pire score depuis 1973 avec seulement 2314 votes et 6,85 % des suffrages.

«Souvent, le PQ n'a perdu que par quelques votes, et je crois que Pierre Karl Péladeau est celui qui peut expliquer à nos entrepreneurs les avantages de la souveraineté», avance celui qui siège aussi au conseil municipal de Saint-Georges. Le chef du PQ et actionnaire de contrôle de Québecor a d'ailleurs prononcé une conférence devant 100 militants jeudi à Saint-Georges. 

Mécanicien de machines à coudre pendant 28 ans dans l'industrie beauceronne du textile, M. Fortier se targue de connaître des gens dans toutes les municipalités. «Sur le terrain, je sens que je pourrais créer une surprise et faire en sorte que la Beauce soit transformée. Ce n'est sûrement pas pour rien si M. Couillard est descendu trois fois ici durant la campagne. Il doit sentir la soupe chaude», conclut-il.

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