Gare aux députés qui boudent!

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(Québec) DÉCODAGE / Le ministre des Affaires municipales du Québec, Pierre Moreau, a démontré une habileté certaine en campant au pied levé le rôle de ministre de la Sécurité publique. Il remplace Lise Thériault, au repos jusqu'à la mi-décembre.

En s'exprimant sur les appels à la bombe dans les écoles ou au désir de la Coalition avenir Québec (CAQ) de faire payer davantage les détenus, il a montré qu'il assimile très rapidement de nouveaux dossiers. C'est ce qu'ont estimé des élus des deux côtés du Salon bleu.

Sur le fond, Pierre Moreau paraît mûr pour assumer d'autres responsabilités ministérielles lorsque sonnera l'heure du remaniement. D'autant que le délicat dossier des retraites dans le monde municipal est réglé et que le nouveau pacte fiscal avec les villes est signé.

Si elle est élue lundi dans la circonscription de Saint-Henri-Sainte-Anne, l'ex-présidente de la Coalition avenir Québec Dominique Anglade accédera vraisemblablement au Conseil des ministres - lors du remaniement que Philippe Couillard devrait effectuer vers la mi-décembre.

Si elle se confirme, son arrivée suscitera toutefois une certaine grogne au sein de l'aile parlementaire libérale. Les députés comprendront, bien sûr. Ils ravaleront leur déception. Mais certains se demanderont tout de même pourquoi pas eux.

Le chef caquiste François Legault, qui a accusé Dominique Anglade d'être passée chez les libéraux pour satisfaire ses ambitions ministérielles, sait que les remaniements ministériels sont des opérations à hauts risques.

En septembre 1998, le premier ministre Lucien Bouchard l'avait nommé ministre de l'Industrie et du Commerce. Son accession au Saint des Saints avait créé une tempête à l'interne. Une trentaine de députés péquistes avaient même boudé la cérémonie d'assermentation. Ils étaient agacés par le fait que François Legault était un non-élu. Mais plus encore par le désaveu de Lucien Bouchard à leur endroit.

Quatre petites leçons

On connaîtra lundi soir l'identité des députés qui remplaceront les libéraux Robert Dutil, Gilles Ouimet et Marguerite Blais, ainsi que le péquiste Marjolain Dufour, tous retirés de la vie politique depuis quelques semaines. Il est plus que vraisemblable que les circonscriptions de Beauce-Sud, de Fabre et de Saint-Henri-Sainte-Anne demeurent libérales et que celle de René-Lévesque reste dans l'escarcelle du Parti québécois.

La CAQ mise beaucoup sur Beauce-Sud, cela dit. C'est celle où elle estime avoir le plus de chances.

Le Parti québécois n'a aucune attente pour Beauce-Sud. Il pense pouvoir améliorer ses résultats dans Saint-Henri-Sainte-Anne et dans Fabre.

La formation de Pierre Karl Péladeau devrait conserver la circonscription de René-Lévesque. Le parti souverainiste vivrait très mal la perte de ce territoire de la Côte-Nord.

Surtout que de nombreux députés trouvent ces temps-ci que leur parti roule dans le gravier. Le départ, jeudi, d'un pilier de l'aile parlementaire, Simon Lajoie, longtemps chef de cabinet du désormais ex-député Stéphane Bédard, a donné un autre coup à l'équipe.

Si les libéraux perdent une circonscription lundi, les partis d'opposition affirmeront qu'il s'agit d'une sanction des politiques d'austérité. Si le gouvernement s'en tire sans dommage, ses membres soutiendront qu'il s'agit d'un appui à leurs efforts de redressement budgétaire.

Quatre choses à retenir sur les partielles. La première est qu'on leur fait souvent dire plus de choses qu'il ne le faudrait. Rappelons que le taux de participation y est toujours inférieur à ce qu'il est lors d'un scrutin général.

Deuxième élément : si les partielles ont plus ou moins de valeur en soi, elles en acquièrent lorsqu'elles paraissent s'inscrire dans une tendance. C'est pourquoi la défaite en juin 2009 du Parti québécois dans Rivière-du-Loup, une circonscription entièrement francophone, a fait mal à la formation dirigée par Pauline Marois. Même si elles étaient au pouvoir depuis déjà six ans, les troupes de Jean Charest s'étaient emparées de cette circonscription adéquiste.

Troisième élément : les surprises ou les revirements de situation existent, mais ils sont l'exception. Lorsqu'il y en a, ils sont parfois de courte durée. Les adéquistes élus dans les partielles de 2002 ont mordu la poussière aux générales de 2003. Élue en 2004 dans une circonscription de tradition libérale, la péquiste Elsie Lefebvre a été battue au scrutin général suivant. C'est aussi ce qui est arrivé à Nathalie Rochefort. Victorieuse dans Mercier lors d'une partielle en 2001, cette libérale a été défaite aux élections de 2003. Si les partielles sont des «tests», il s'agit de tests limités.

Quatrième et dernier élément : arracher une circonscription appartenant à un parti d'opposition, comme cela s'est produit dans Chauveau en juin, est un événement rare pour un gouvernement. Pas moins de 92 élections partielles se sont tenues depuis 1973 sur la scène provinciale - depuis 42 ans. Or, il n'est arrivé qu'à cinq reprises qu'une équipe au pouvoir prenne une circonscription à un parti d'opposition.

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