Les syndicats rejettent l'offre de Québec

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Le front commun maintient son mot d'ordre de grève tournante.

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(Québec) La perspective d'une loi spéciale imposant les salaires et les conditions de travail des quelque 500 000 employés de l'État québécois paraît plus probable aujourd'hui qu'hier. «La balle est maintenant dans le camp des syndicats», prévient le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

Tous les syndicats des secteurs public et parapublic, membres ou pas du front commun, ont rejeté les «offres actualisées» présentées par le gouvernement de Philippe Couillard, vendredi.

«C'est quatre trente sous pour une piastre», a fustigé le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Le gouvernement propose désormais 0% d'augmentation la première année de la prochaine convention collective, 1% la deuxième, 1% la troisième, 1% la quatrième et 0% la cinquième.

Autrement dit, le gel prévu l'année 2 est reporté à l'année 5 - année lors de laquelle les effets de l'exercice de «relativité salariale» se feront toutefois sentir.

Ce vaste exercice de réajustement des échelles salariales bénéficiera à 465 000 employés, entre autres aux infirmières et aux enseignants, précise le Conseil du trésor.

En 2019-2020, la hausse découlant de la relativité salariale s'élèvera à 2,3%. En l'additionnant aux augmentations de salaire à proprement parler, une majorité de syndiqués bénéficieront de 5,3% sur cinq ans, fait valoir Québec.

Le gouvernement calcule qu'il ajoute 1,7 milliard $ de plus avec cette nouvelle proposition par rapport à la précédente, dont 550 millions $ au titre de la relativité salariale.

De passage à Baie-Comeau, vendredi midi, le premier ministre Philippe Couillard s'est dit déçu de constater que les dernières offres ont été rejetées sur-le-champ. «Je trouve ça un peu léger avec les contribuables du Québec, qui travaillent fort pour payer ces montants-là dans le trésor public», a-t-il déclaré.

Le ministre Coiteux affirme que les employés des secteurs public et parapublic ne subiront aucun gel salarial. Pour parvenir à cette conclusion, il inclut le versement de l'augmentation de 1% aux salariés de l'État le 31 mars dernier, en 2015. Une hausse découlant des conventions collectives échues ce jour-là.

«De la poudre aux yeux»

«C'est de la poudre aux yeux visant à mettre la table à une loi spéciale», a tonné la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Régine Laurent.

Comme d'autres chefs syndicaux, elle insiste sur le fait que le salaire des infirmières arrivant sur le marché du travail serait diminué par rapport à ce qu'il est aujourd'hui; que ce serait donc sur le dos des plus jeunes que le gouvernement financerait sa restructuration des échelles salariales.

Richard Perron, du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec, condamne la «manoeuvre» du Conseil du trésor. «On est loin d'avoir une majorité de personnes qui auraient l'augmentation "théorique" de 2,3%», assure la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque. «Nombreux sont ceux qui verraient leur salaire stagner, certains n'auraient que des augmentations de 0,2% ou de 0,5%. Et, surtout, 18 000 personnes verraient leur salaire être revu à la baisse.»

Le front commun a décidé de maintenir son mouvement de grève tournante prévue la semaine prochaine. Officiellement, les organisations syndicales réclament 4,5% d'augmentation par an pendant trois ans.

Modulation sur les retraites

Sur le régime de retraite, le Conseil du trésor joue la carte de la modulation. L'âge normal pour prendre sa retraite passerait à 61 ans le 1er juillet 2017 et à 62 ans le 1er juillet 2019, selon sa proposition. Jusqu'ici, la cible de 62 ans était programmée pour 2017.

La pénalité applicable pour une prise de retraite anticipée passerait de 4% à 7,2% par année, comme il était prévu. Québec abandonne toutefois son idée de baser la rente sur la moyenne du salaire des huit meilleures années de travail plutôt que des cinq.

À la lumière de ces ajustements, le Secrétariat intersyndical des services publics se dit obligé de constater que «les départs massifs à la retraite» vont se poursuivre.

De leur côté, les syndiqués des secteurs public et parapublic de la Côte-Nord pourront conserver leur prime salariale de 8% jusqu'au 31 mars 2020.

Un exemple

Au Conseil du trésor, on fournit des exemples des réajustements proposés au titre de l'exercice de relativité salariale. Ceux distribués montrent des hausses de salaire.

Voici un exemple fourni par le ministre Coiteux lui-même: l'emploi d'orthopédagogue et celui de diététiste-nutritionniste figurent actuellement au même «rangement», au même classement. Le maximum de l'échelle salariale d'orthopédagogue est de 76 485$, alors que celui de diététiste-nutritionniste est de 74 057$, un écart de 3,3%. Avec la proposition du gouvernement, note Martin Coiteux, ces deux catégories d'emploi recevront au printemps 2019 le même salaire maximum annuel de 80 777$. Avec Steeve Paradis à Baie-Comeau

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