Les chefs autochtones à moitié satisfaits de leur rencontre avec Couillard

Les parents de Sindy Ruperthouse, de nationalité algonquine,... (La Presse Canadienne, Paul Chiasson)

Agrandir

Les parents de Sindy Ruperthouse, de nationalité algonquine, tiennent une photo de leur fille disparue en marge de la rencontre entre Philippe Couillard et les chefs des Premières Nations à Montréal.

La Presse Canadienne, Paul Chiasson

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

Les chefs autochtones sont sortis à moitié satisfaits de leur rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard, mercredi à Montréal, alors que ce dernier a montré un certain empressement à répondre à leurs doléances tout en appelant le gouvernement fédéral à assumer les responsabilités qu'il a négligées envers les Premières Nations.

«De toute évidence, plusieurs chefs sont restés sur leur appétit par rapport à une enquête indépendante sur les agissements de la Sûreté du Québec [SQ]», a déclaré le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, à l'issue de la rencontre, qui a duré plus de deux heures.

Le premier ministre Couillard s'était rendu à l'invitation lancée par le chef Picard en marge des allégations d'abus de pouvoir et d'inconduite sexuelle de policiers de la SQ à l'endroit de femmes autochtones dans la région de Val-d'Or, en Abitibi. Il a profité de l'occasion pour lancer un appel au calme, tant à l'endroit des communautés des Premières Nations que des communautés non autochtones.

«Tout le monde a droit au respect. Tout le monde a droit au respect des droits», a-t-il déclaré en conférence de presse après la réunion.

Cet appel visait à désamorcer une situation qui demeure tendue sur le terrain, selon Ghislain Picard, qui dit recevoir des informations «sur de possibles gestes d'intimidation et de représailles de la part de la Sûreté du Québec». Il affirme également que les autorités autochtones continuent de recevoir des signalements d'abus de la part de femmes de leurs communautés.

Le grand chef de la nation crie, Matthew Coon-Come, a été plus tranchant, parlant des «atrocités commises par la SQ» et se disant déçu qu'Ottawa soit prêt à enquêter sur les femmes autochtones assassinées et disparues mais pas sur celles qui sont encore vivantes.

M. Coon-Come a longuement parlé de la nécessité de reconnaître que les conditions déplorables des autochtones en matière de logement, de santé publique et de pauvreté étaient une conséquence du racisme envers ces communautés.

Le premier ministre Couillard s'était présenté à la rencontre avec une enveloppe de 6 millions $, destinés notamment à un centre de jour et de répit, au Centre d'amitié autochtone et à un projet de logements sociaux.

Il a cependant profité de l'occasion pour rappeler le gouvernement fédéral à ses devoirs, montrant du doigt sans toutefois le nommer le précédent gouvernement conservateur.

«Depuis quelques années, le gouvernement fédéral s'est retiré d'une partie de son rôle fiduciaire historique avec les Premières Nations [...] alors que des situations connues persistent, par exemple sur le logement, l'accès à l'eau potable, l'électricité : pas acceptable pour un pays de la richesse du Canada; pas acceptable de voir cet écart persister», a laissé tomber Philippe Couillard, en invitant Ottawa «à reprendre rapidement sa place de fiduciaire dans les responsabilités qui sont les siennes».

Observatrice indépendante

M. Couillard a de plus annoncé la nomination de la professeure de l'Université Laval Fannie Lafontaine comme observatrice indépendante de l'enquête criminelle du Service de police de la Ville de Montréal sur les allégations visant huit policiers de la SQ.

Toutes ces mesures ne sont toutefois pas la réponse à un problème dont les racines sont beaucoup plus profondes, une réalité qui est reconnue par les deux parties et que l'on croit systémique plutôt que ponctuelle.

«Il semble y avoir effectivement à l'intérieur de la Sûreté du Québec une culture qui s'exprime différemment lorsqu'il s'agit de nos peuples», a déclaré Ghislain Picard, ajoutant que plusieurs chefs parlent ouvertement de profilage racial.

Québec compte d'ailleurs mettre sur pied à cet effet une «plateforme tripartite» où représentants provinciaux, fédéraux et autochtones seront appelés à examiner les relations entre les autochtones, la sécurité publique et la justice.

Le premier ministre compte également sur Ottawa pour inclure cette question dans le mandat de la commission d'enquête sur les femmes autochtones assassinées ou disparues promise par Justin Trudeau.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer