Étonnante dégringolade de la souveraineté dans la région de Québec

L'appui à la souveraineté n'a jamais été aussi... (Photothèque Le Soleil)

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L'appui à la souveraineté n'a jamais été aussi bas. Gilles Duceppe en sait quelque chose, le Bloc ayant connu une baisse au niveau de l'électorat lors des dernières élections fédérales.

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(Québec) On savait déjà que le souverainisme tirait un peu de la patte dans la région de Québec, mais l'ampleur de sa dégringolade au cours des 15 dernières années reste étonnante, démontrent des données récentes compilées par le sociologue de l'Université Laval Simon Langlois.

Fondée sur 44 sondages de la firme Léger Marketing menés entre 1995 et 2015, l'étude de M. Langlois est une sorte de mise à jour de son ouvrage Les raisons fortes, où il analysait les tendances du vote indépendantiste avec son collègue Gilles Gagné.

Déjà un peu moins enthousiastes que le reste des francophones lors du dernier référendum, les électeurs de la capitale et de ses environs ont, depuis, «complètement décroché», a indiqué M. Langlois lors d'un entretien avec Le Soleil. Au début des années 2000, la classe moyenne francophone de 18 à 54 ans - le «groupe porteur» du projet de souveraineté, chez qui l'appui est particulièrement fort - était souverainiste à 46 % dans la région de Québec (35 % pour le reste de la population). Au milieu de la décennie, l'indépendance recueillait même 53 % de la faveur de ce groupe et 43 % chez les autres, mais ces proportions ont fondu jusqu'à à peine 30 % chez la classe moyenne «franco» de Québec et 33 % chez les autres. Une chute libre, littéralement.

Au cours de la même période, le Oui a reculé dans l'ensemble du Québec, mais de façon moins prononcée (43 à 34 %), en particulier chez la classe moyenne francophone (51 à 39 %).

Les raisons

M. Langlois explique la baisse marquée du souverainisme à Québec par l'absence d'une menace de l'anglais et par le fait que son statut de capitale lui donne à la fois une certaine «assurance» et une proximité du pouvoir (et de la fonction publique) qui peuvent nourrir un courant antiétatique. «Ces facteurs-là jouaient déjà en 1995, on le voit dans les chiffres. Et à mon avis, ce sont les mêmes raisons qui expliquent ce qui se passe dans la région de Québec», dit-il.

De manière plus générale, les données du sociologue n'augurent rien de bon pour le mouvement souverainiste. Les revirements d'opinion demeurent toujours possibles, mais «l'observation principale, c'est qu'il y a un noyau dur du Non ferme [le pourcentage de Non avant répartition des indécis] autour de 50 % depuis 20 ans. [...] C'est un gros obstacle», indique-t-il.

Ses statistiques confirment également que les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas aussi emballés par la souveraineté que l'étaient leurs aînés au même âge ce qui, entre autres indices, le porte à croire que la tiédeur souverainiste actuelle n'est «pas conjoncturelle», mais a toutes les chances de durer.

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