Parizeau avait raison, dit Paul Bégin

Paul Bégin (à droite de la photo), en... (Archives Le Soleil)

Agrandir

Paul Bégin (à droite de la photo), en compagnie de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard durant la campagne référendaire de 1995

Archives Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Vingt ans plus tard, Paul Bégin n'arrive toujours pas à s'offusquer de la sortie de Jacques Parizeau sur «l'argent et des votes ethniques». Tout comme l'ex-ministre péquiste demeure convaincu qu'il connaîtra de son vivant l'accession du Québec au concert des nations.

Joint à son domicile à Québec, le politicien à la retraite a profité de l'entrevue sur la date anniversaire de la défaite référendaire crève-coeur «pour dire que, personnellement, [il n'a] pas été aussi scandalisé par la déclaration de M. Parizeau que la plupart des gens».

Lorsque le leader du camp du Oui a lancé ses mots pour expliquer la défaite souverainiste, «la déclaration était parfaitement exacte», soutient M. Bégin. Un vote endossant un parti ou une option à 95 %, «c'est un vote ethnique», poursuit-il.

«Mais c'est aussi un vote soviétique - digne de l'ex-Union des républiques socialistes soviétiques, précise-t-il. Ce n'est pas de la démocratie. Dans à peu près toutes les circonscriptions de l'ouest de l'île de Montréal, cela a été la même chose.»

Même endossement pour l'argument sur «l'argent». «Pour le love-in [un grand rassemblement tenu à Montréal par des citoyens du reste du Canada, à la toute veille du plébiscite] on sait maintenant [que les tenants du Non] ont investi illégalement de l'argent.

«Jacques Parizeau avait le droit de le dire», conclut celui qui a été à l'Assemblée nationale de 1994 à 2002. «Ce qui me choque encore, c'est d'entendre [...] que des choses comme ça, ça ne devrait pas se dire en public.»

Paul Bégin est un souverainiste au tempérament passionné, voire bouillant. Autre opinion qui le «choque, c'est qu'on enterre l'idée de la souveraineté, qu'elle va disparaître». «Je ne le prends pas.»

Âgé de 72 ans, l'ex-représentant de Louis-Hébert à l'Assemblée nationale est persuadé qu'il verra de ses yeux, un jour, son option triompher. Aucun reportage, commentaire ou sondage ne le dissuade qu'il est possible d'y parvenir.

«On dit que le PQ [Parti québécois] et le Bloc québécois sont à terre comme jamais il l'ont été, soulève-t-il. Lorsque M. Parizeau est revenu à la tête du Parti québécois [en 1988], le PQ vient de perdre le pouvoir; on est 492 000 $ dans le «rouge»; le membership est à son plus bas, l'avenir du parti est vraiment pas beau.» Même la soi-disant indifférence des jeunes envers la souveraineté ne l'émeut pas parce que le même commentaire était soulevé au début de la décennie 1980, lance-t-il.

La suite est désormais connue. Jacques Parizeau reviendra «aux affaires». Il fera taire les sceptiques qui ne croyaient pas qu'il tiendrait un plébiscite dans sa première année de gouvernement, insiste M. Bégin. Et il perdra par un souffle le vote sur l'indépendance.

Le souverainiste «n'a pas vécu différemment des autres citoyens» la soirée référendaire. Il était chez lui, avec ses proches. Il a été associé de près à la montée de M. Parizeau à la tête de l'État : de 1989 à 1994, à titre de membre de l'exécutif du Parti québécois, avec trois autres conseillers, il participait à une réunion de stratégie avec son chef.

 

Un vote endossant un parti ou une option... (Archives La Presse Canadienne) - image 2.0

Agrandir

Un vote endossant un parti ou une option à 95%, «c'est un vote ethnique», estime Paul Bégin. 

Archives La Presse Canadienne

Devoir de réserve

À compter de 1994 et même pendant la campagne sur l'indépendance, il s'imposera un certain devoir de réserve à titre de ministre de la Justice. S'il a un doute sur son action, cela pourrait être d'avoir laissé aller les choses au lendemain du 30 octobre.

«Je pensais que ce n'était qu'une question de temps avant que nous relancions la machine pour aller dans la même direction», évoque-t-il au sujet du résultat extrêmement serré de 1995. «Cela a pris des mois avant que je comprenne que nous [son gouvernement] n'allions plus vers la souveraineté.»

Paul Bégin est un indépendantiste habitué à défendre ses idées. À 18 ans, il était membre du Rassemblement pour l'indépendance du Québec. En 1985, comme militant, il a claqué la porte d'un PQ s'écartant de la route souverainiste avec le «beau risque». En 2002, il a démissionné comme ministre de Bernard Landry parce que ce dernier refusait la tenue d'un troisième référendum.

M. Bégin ne milite plus dans le parti fondé par René Lévesque. Il n'a même pas sa carte de membre. Mais il a repris foi, un peu, dans la formation politique avec l'arrivée de Pierre Karl Péladeau. «Avec [Lucien] Bouchard, Bernard Landry, André Boisclair ou Pauline Marois, c'était toujours le même flou.

«Je vois qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond avec la souveraineté. [Pour la relancer] il faut d'abord avoir une idée claire. M. Péladeau semble avoir une idée plus claire [pour atteindre l'indépendance], une idée qui se rapproche de celle de M. Parizeau. Aura-t-il le même talent que Jacques Parizeau? Cela reste à voir. Mais il faut reprendre en main le parti.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer