Dans la chaudière parlementaire

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(Québec) DÉCODAGE / Les collègues de Lise Thériault voyaient depuis quelques jours qu'elle encaissait durement les coups qu'elle recevait. Mais son retrait temporaire les a surpris.

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique n'a prévenu que quelques proches qu'elle se retirait pendant quelque temps. Quelques proches ainsi que le premier ministre, bien évidemment.

Philippe Couillard a évité d'établir un lien entre ce retrait temporaire et le dur épisode qu'elle vit dans cette affaire de présumés crimes contre des femmes autochtones commis par des policiers de la Sûreté du Québec, à Val-d'Or.

M. Couillard a rappelé que la fonction de ministre est «exigeante». C'est ce que disent tous les politiciens - ceux placés sous le feu des projecteurs, à tout le moins. Et c'est généralement ce sur quoi ils insistent lorsqu'ils tournent le dos à la vie politique. Le péquiste Stéphane Bédard est le dernier en date à l'avoir rappelé lors de sa démission.

Le fort roulement des attachés de presse des ministres apparaîtra anecdotique à certains, mais il révèle la dureté de la vie dans la chaudière parlementaire.

Les raisons de partir pour aller travailler ailleurs sont diverses et propres à chacun, bien sûr. Elles vont du salaire à la pression subie. Mais le roulement est bel et bien réel dans ce groupe.

Les attachés de presse des ministres Lise Thériault et David Heurtel, pour prendre deux exemples récents, ont accepté des offres d'emploi ailleurs. Celui de Mme Thériault, Jean-Philippe Guay, était devenu l'un de ses proches collaborateurs. En septembre, il est parti occuper les fonctions de conseiller principal aux communications corporatives pour la division Sports et divertissement de Québecor, qui gère notamment le Centre Vidéotron.

Guillaume Bérubé, qui accompagnait le ministre David Heurtel depuis quelques mois, vient d'accepter d'aller occuper des fonctions semblables aux siennes à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il tient à dire qu'il a adoré son travail, que l'expérience a été emballante et enrichissante. Mais que des raisons personnelles ont pesé dans la balance - en plus «du nouveau défi à relever».

Des arguments de fond

La décision du gouvernement du Québec de voler au secours de Bombardier en injectant 1,3 milliard $ dans le programme de la CSeries a résonné très fortement à l'Assemblée nationale.

Derrière les déclarations costaudes des uns et des autres, il y avait aussi des arguments de fond de part et d'autre. Assez pour que chacun puisse se faire son opinion. Soulignons-le, car ce n'est pas toujours le cas.

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a déclaré que le premier ministre et le ministre Jacques Daoust «ne comprennent rien à l'économie, qu'ils ne comprennent rien à la finance et qu'ils sont de piètres négociateurs». Il a martelé que le gouvernement prend des risques trop grands.

Ceci, a-t-il expliqué, parce qu'il investit dans une nouvelle société en commandite créée autour de la seule CSeries plutôt que dans la grande maison mère de Bombardier.

Les propos de M. Péladeau n'offrent rien de moins qu'une «désolante manifestation d'amateurisme», a d'abord rétorqué Philippe Couillard avant de faire valoir que la filière aéronautique québécoise, «c'est plus de 40 000 emplois et qu'elle est aussi importante pour le Québec que l'automobile l'est pour l'Ontario».

Le caquiste François Legault a décoché que «le gouvernement libéral s'est comporté comme un enfant d'école». Il a noté que la «Caisse de dépôt ne refuse jamais un bon deal» et insisté sur le fait qu'elle n'est pas partie prenante à la transaction - pas encore du moins.

Dernier argument du premier ministre : «Quelle influence aurait donné ce milliard pour Bombardier dans son entier alors qu'avec cet investissement nous nous retrouvons avec 49,5 % de l'actionnariat de la nouvelle entreprise de la série C, et la garantie de conserver le siège social et les activités de fabrication et d'ingénierie à Montréal, au Québec, pendant 20 ans?»

18e mission à l'extérieur

Philippe Couillard était à Chicago jeudi et vendredi. Il y a fait «la promotion des grandes priorités gouvernementales du Québec», dont la stratégie maritime.

M. Couillard est premier ministre du Québec depuis 18 mois. Or, en un an et demi, il en est à sa 18mission à l'extérieur du Québec. Depuis qu'il est en poste, il s'est notamment rendu à New York, à Pékin, à Dakar, à Bruxelles, à Paris, à Mexico et à Reykjavik.

Le ministère des Relations internationales réduit sa voilure. Ses représentations installées dans des capitales ou des métropoles de pays étrangers voient leurs effectifs fondre.

Par contre, le premier ministre et ses ministres multiplient les missions à l'extérieur du Québec, la plupart à caractère économique. De l'avis des observateurs, M. Couillard a probablement fracassé un record en la matière.

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