HISTOIRES D'UN RÉFÉRENDUM

François Émond: souvenirs intacts d'une folle journée

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La journée de travail du 30 octobre 1995 pour le scrutateur François Émond a duré 16 heures sans répit. Dans Taschereau, comme dans tout le Québec, le taux de participation a été de 91%.

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(Québec) François Émond a agi comme directeur de scrutin dans 17 élections. Au provincial, au fédéral, au municipal et même en Ukraine. Mais la journée référendaire du 30 octobre 1995 restera à jamais la plus mémorable avec son taux de participation record, son caractère historique et... une dame centenaire d'origine chinoise!

Photos et documents à l'appui, François Émond se... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 1.0

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Photos et documents à l'appui, François Émond se souvient de cette journée pas comme les autres alors qu'il était directeur de scrutin dans Taschereau. 

Le Soleil, Pascal Ratthé

Vingt ans après le deuxième référendum sur la souveraineté du Québec, les souvenirs de François Émond sont intacts. Attablé dans un café de l'avenue Cartier, il appuie son récit de cette journée folle par des statistiques et un album contenant des photos de l'époque. «C'était intense», relate celui qui supervisait les équipes dans les bureaux de vote de Taschereau, au centre-ville de Québec.

La journée a commencé tôt, elle a duré 16 heures sans répit. Dans Taschereau, comme dans tout le Québec, le taux de participation a été de 91 %. Il faut dire que le vote par anticipation n'était pas aussi organisé et populaire qu'aujourd'hui. En 1995, il a été de 6,3 %. «Ça veut dire que 85 % des gens inscrits sur la liste électorale sont venus voter», calcule M. Émond. «Les urnes étaient pleines, il fallait aller en porter des nouvelles, on a manqué de bulletins de vote.»

Le rythme intensif n'a donné aucun répit aux scrutateurs qui n'arrivaient pas à prendre une minute de pause. «Généralement, ils avaient le temps de fumer une cigarette ou manger un sandwich. Mais à 10h, j'ai reçu un "bip! bip!" sur mon téléavertisseur. On me disait qu'ils voulaient faire la grève!» relate M. Émond avec le sourire. «J'ai dit de mettre des cendriers sur toutes les tables et que je m'occuperai de gérer les plaintes!» 

Le téléavertisseur était d'ailleurs un outil de choix à cette époque pas si lointaine où les communications par cellulaire étaient rares. Tout se faisait à la main et par téléphone fixe, y compris la transmission des résultats. Une réalité qui a bien changé, note M. Émond, dont les dernières élections à titre de directeur de scrutin ont été les municipales de 2013. 

Deux décennies après le 30 octobre 1995, il souligne aussi la qualité des travailleurs sur le terrain. Son adjointe Christine Risi et les membres de l'équipe ont fait ensemble les élections sur le référendum de Charlottetown en 1992, les provinciales de septembre 1994 et la fameuse journée du référendum. «On était des habitués», dit-il. 

Interprète chinoise

De toutes les anecdotes qui ont marqué la journée référendaire de François Émond, la plus étonnante est survenue en début de soirée. «J'étais dans le faubourg Saint-Jean-Baptiste quand j'ai reçu un appel d'un bureau de vote de Saint-Roch. On me disait qu'une dame n'était pas en mesure de décliner son nom. C'était une Chinoise et elle avait 100 ans!» lance-t-il.

Habitué au restaurant Les Épices du Szechwan, rue Saint-Jean, il a alors eu l'idée d'aller chercher la propriétaire en lui demandant si elle parlait cantonais ou mandarin. «Je l'ai amenée avec moi, elle a servi d'interprète, et la dame a pu voter. Je suis très fier d'avoir permis à cette dame de voter ce jour-là», dit-il.

Précieux droit de vote

Car au-delà des anecdotes, François Émond retient surtout ce droit fondamental et précieux qu'est celui d'un vote dans notre société démocratique. Peu importe l'enjeu, peu importe les résultats. Avoir travaillé comme observateur d'élections à l'étranger, notamment en Ukraine lors de la «révolution orange» de 2004, lui a fait réaliser encore plus l'importance de ce geste. Chez les jeunes, surtout, qu'il espère voir voter davantage. L'avenir le dira. Pour l'instant, dans ce café de l'avenue Cartier, l'heure était avant tout aux souvenirs.

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