HISTOIRES D'UN RÉFÉRENDUM

20 ans après, Mireille Bergeron a encore la flamme fédéraliste

À 17 ans, Mireille Bergeron était partie de... (Archives Le Soleil, Raynald Lavoie)

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À 17 ans, Mireille Bergeron était partie de Rimouski pour assister à Québec au rassemblement du camp du Non. Sa réaction, quand le Non a franchi la barre des 50 %, avait fait la une du Soleil du 31 octobre 1995.

Archives Le Soleil, Raynald Lavoie

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(Québec) Il y a 20 ans, au lendemain du référendum du 30 octobre 1995, Le Soleil publiait à la une la photo de deux jeunes partisanes des camps du Non et du Oui. L'une, fédéraliste, exprimait un profond soulagement; l'autre, souverainiste, une mine déconfite. Un avis de recherche sur Facebook a permis de retrouver la première, Mireille Bergeron. Avec elle, nous sommes revenus sur cette soirée historique, son parcours personnel, l'évolution de ses idées politiques.

Aujourd'hui avocate, Mireille Bergeron habite Sainte-Julie, dans la région... (La Presse, Martin Chamberland) - image 1.0

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Aujourd'hui avocate, Mireille Bergeron habite Sainte-Julie, dans la région de Montréal. «S'il y a un autre référendum, c'est sûr que je vais m'impliquer.»

La Presse, Martin Chamberland

Le 30 octobre 1995, Mireille Bergeron avait 17 ans. Même si elle n'avait pas encore le droit de vote, l'adolescente était partie de Rimouski pour assister au rassemblement des forces du Non, au Palace, dans le quartier Vanier, à Québec. La jeune fille ne se doutait pas que son visage, traversé d'une vive émotion à l'annonce de résultats encore partiels, allait faire la une du Soleil le lendemain...

«J'étais venue à la soirée avec ma soeur. J'étais l'une de plus jeunes au rassemblement, alors je crois que les journalistes et les photographes me prêtaient une certaine attention», explique Mme Bergeron, aujourd'hui avocate, depuis sa résidence de Sainte-Julie, dans la région de Montréal.

Toute l'assemblée avait le regard fixé sur les écrans de télé. La tension était palpable. Même si les premiers résultats accordaient une forte avance au Oui - surtout au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et sur la Côte-Nord -, dans son for intérieur, la jeune Mireille savait que le vent allait tourner avec le décompte des votes de la région de Montréal. «Plus les résultats rentraient, plus l'écart se rétrécissait.»

Le photographe du Soleil à l'époque Raynald Lavoie a saisi son expression de soulagement, yeux dans l'eau et main gauche sur le front, lorsque le Non a franchi le cap des 50 % du vote. Elle savait alors la victoire acquise.

«Je me souviens très bien du moment. Même si je n'y croyais pas, je me disais que le Oui pouvait l'emporter. Sachant qu'il restait le vote de Montréal à comptabiliser, j'étais soulagée. Je me disais : "Oh my God, Oh my God!" Disons que ma gestion des émotions était moins bonne à l'époque...» Le lendemain matin, après une nuit trop courte, la jeune Mireille voit son beau-frère lancer l'édition du Soleil sur son lit. «Je vois juste le titre : "On recommence". Je lui demande pourquoi il me montre ça. Et là, je vois ma photo. Je suis restée assez surprise. Je me suis fait taquiner au cégep.»

Faire face à l'adversité

D'aussi loin qu'elle se souvienne, Mireille Bergeron a toujours baigné dans la politique. «Je suis tombée dedans très jeune, comme Obélix dans la potion magique. La politique, on en a toujours parlé à la maison et on en parle encore. À 12 ans, je me souviens de discussions autour de la table sur l'accord du lac Meech. Mon père était impliqué dans l'organisation libérale de notre comté. Mon grand-oncle est Raymond Garneau [ministre des Finances sous le gouvernement Bourassa].»

Au début de l'adolescence, un séjour de huit mois en Floride pour apprendre l'anglais s'avère un moment charnière dans son cheminement politique. «Je me souviens de la reconnaissance des gens et de la fierté que j'éprouvais lorsque je disais venir du Canada. Ç'a m'avait beaucoup touchée. Ma fibre fédéraliste est peut-être née à ce moment-là.»

À 16 ans, étudiante au Cégep de Rimouski, la jeune Mireille s'implique au sein de l'exécutif du comité jeunesse du Parti libéral du Québec. Elle fait du porte-à-porte. À un an du référendum, elle prend son bâton du pèlerin pour visiter les institutions scolaires de l'est de la province et défendre un Canada uni. À une époque où l'option souverainiste jouissait de la faveur d'une majorité de jeunes, il fallait avoir du cran, estime-t-elle.

«Vu mes opinions, disons que je n'étais pas la fille la plus populaire ou celle qu'on invitait dans les partys... Mais j'avais la tête dure. J'ai appris à faire face à l'adversité. J'ai beaucoup argumenté avec les autres étudiants, mais je n'ai jamais eu de gros problèmes. Tout se passait dans le respect.»

 

Il y a 20 ans, au lendemain du référendum du 30 octobre 1995,... (Le Soleil) - image 2.0

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Le Soleil

Un troisième référendum

L'avocate spécialisée en droit du travail, aujourd'hui mère de deux fillettes, continue à s'intéresser à la politique, allant jusqu'à s'impliquer «un peu» aux dernières élections provinciales, dans sa circonscription, Verchères, détenue par le péquiste Stéphane Bergeron. «Ma fille de sept ans est venue voter avec moi aux élections fédérales. Je lui parle beaucoup de politique. J'essaie de l'élever en bonne fédéraliste.»

Croit-elle à un troisième référendum? «Je pense qu'il y en aura un autre. Le Parti québécois n'aura pas le choix. Mais pas tout de suite. Le gouvernement Couillard sera élu pour un deuxième mandat en 2018. Ça pourrait arriver à l'élection suivante, mais pas avec Pierre Karl Péladeau, mais Jean-Martin Aussant.»

Advenant un troisième affrontement sur l'unité canadienne, n'allez pas croire que Mireille Bergeron va rester les bras croisés. Ce serait mal la connaître. «Si ça arrive, c'est sûr que je m'implique...»

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