Mulcair va créer un comité pour tirer des leçons de sa défaite

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Thomas Mulcair souhaite «tirer les bonnes leçons» de la campagne qui lui a fait perdre la moitié de son caucus en demandant à des députés défaits et des anciens du parti d'analyser ce qui a mal tourné.

En entrevue jeudi avec La Presse Canadienne, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a confié vouloir mettre sur pied un comité de quatre à six ex-députés battus le 19 octobre et des sages du parti pour faire cet examen de conscience.

«Je veux m'assurer surtout qu'on apprenne les leçons qu'il faut apprendre de cette campagne», a-t-il expliqué, dans son bureau du parlement encombré de boîtes. Ses adjoints et lui doivent déménager dans de nouveaux bureaux qu'on ne leur a toutefois toujours pas assignés.

Les membres qui siégeraient sur ce comité ne sont pas encore choisis. «Je suis en train justement de compiler une liste aujourd'hui et on va regarder ça au cours de la prochaine semaine», a-t-il noté.

On peut imaginer que d'ex-élus autrefois très actifs, comme Megan Leslie, Jack Harris, Pat Martin, Peter Stoffer, Nycole Turmel ou Paul Dewar, pourraient être du nombre. D'anciens chefs, comme Ed Broadbent, pourraient être sollicités. M. Mulcair aimerait que le groupe fasse rapport sur la défaite d'ici la fin de janvier.

Les partis défaits ont généralement comme tradition d'inviter les députés perdants au premier caucus suivant les élections, mais le NPD ne se livrera pas à ce genre d'exercice qui sert souvent d'exutoire. M. Mulcair a toutefois téléphoné aux candidats battus dans les jours suivant le scrutin.

Il y a 10 jours, le NPD a fait élire 44 des 338 députés de la Chambre des communes, un résultat hautement décevant puisqu'il caracolait en tête des sondages au début de la campagne, au mois d'août. En 2011, Jack Layton avait obtenu 103 sièges avec la vague orange.

Plusieurs analystes s'entendent sur le fait que la prise de position de M. Mulcair en faveur du port du niqab aux cérémonies de citoyenneté a été un point tournant dans la campagne néo-démocrate. À partir du jugement de la Cour d'appel fédérale sur le sujet à la mi-septembre, ses appuis ont piqué du nez, et il n'a pas semblé capable de trouver un second souffle.

Là pour rester

Malgré ce revers, M. Mulcair assure qu'il est bien en selle et a l'intention de diriger son parti lors du prochain scrutin fédéral dans quatre ans. «Absolument. Je suis ici avec une forte députation, la deuxième plus forte de l'histoire du parti. Trois millions et demi de Canadiens, malgré la vague (libérale), ont fait confiance au NPD pour notre vision», a-t-il soutenu.

D'ici là, sa mission en Chambre sera de s'assurer que les libéraux tiennent parole sur les nombreuses promesses faites ces dernières semaines. «Le ton va être, pour nous, dès le départ: voici ce que vous avez dit que vous alliez faire, est-ce que vous allez le faire?», a-t-il assuré.

Il entend se montrer particulièrement intraitable dans le dossier des réfugiés syriens. M. Trudeau a promis d'en accueillir 25 000 d'ici la fin de l'année 2015, un défi logistique colossal.

«On peut avoir l'impression que quelqu'un a promis quelque chose, mais ça, c'est quelque chose de tellement spécifique, les 25 000 réfugiés. Ça va être mesuré à côté de ce qui se produit pour vrai», a-t-il expliqué.

Conférence de Paris

Le chef néo-démocrate - également ancien ministre québécois de l'Environnement sous Jean Charest - veut également demander des comptes en ce qui à trait au réchauffement planétaire.

Il a lu dans les journaux que le premier ministre désigné Justin Trudeau allait inviter les chefs des partis d'opposition et ses homologues des provinces à participer à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui aura lieu de 30 novembre au 11 décembre. M. Mulcair affirme n'avoir reçu aucune invitation, formelle ou informelle, de la part du chef libéral, mais il assure qu'il serait «ravi» de pouvoir y participer et de pouvoir y contribuer, par son expérience.

«J'ai participé à plusieurs conférences, j'ai même donné le discours pour le Canada au COP 9 à Milan, en Italie, en 2003», se souvient-il.

Il est d'avis que le Canada devrait se doter d'une cible précise de réduction des gaz à effet de serre, ce que ne préconise pas M. Trudeau. En campagne, le NPD avait annoncé vouloir faire chuter les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 34 pour cent sous le niveau de 1990 d'ici 2030 et de 80 pour cent d'ici 2050.

«Je suis quelqu'un qui a toujours pris une approche constructive dans ces questions-là. Mais la meilleure manière d'y arriver, c'est avec une obligation de résultats», a-t-il lancé.

M. Mulcair entend aussi talonner M. Trudeau sur la représentation proportionnelle, qui, à ses yeux, est «la meilleure manière de s'assurer que chaque vote compte». M. Trudeau a promis la création d'un comité multipartite qui se penchera sur le sujet.

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