«Regrettables» journées de grève, dit le ministre Coiteux

La présidente du Syndicat de la fonction publique... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau, parle à ses troupes, qui bloquent le Complexe G.

Le Soleil, Patrice Laroche

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, trouve «regrettable» de voir les syndiqués du secteur public débrayer plutôt que de miser sur la négociation, un procédé qui a donné de bons résultats à la Société des traversiers du Québec, a-t-il glissé.

M. Coiteux n'a pas tardé à brandir l'annonce d'une entente de principe à la STQ, entente intervenue, lundi, comme un exemple à suivre au moment où plusieurs dizaines de milliers d'employés de l'État descendaient dans la rue.

«Ça montre», a commenté le ministre au sujet de l'accord à la Société des traversiers, «que, lorsqu'on y met de la bonne volonté de part et d'autre, on peut arriver à une entente négociée».

En mêlée de presse, Martin Coiteux a loué «l'ouverture d'esprit» du syndicat des Métallos, négociateur pour les 150 «officiers mécaniciens et de navigation» de la Société.

Il a prudemment mentionné qu'il reste maintenant aux syndiqués de la STQ d'approuver les termes de leur nouveau contrat de travail pour mettre fin à l'arrêt de travail qui perdure depuis le 13 octobre pour la traverse Québec et Lévis.

Il a, par contre, déploré le mouvement de grève de mardi qui a notamment mobilisé les enseignants et les fonctionnaires. «Je trouve un peu regrettable qu'on en vienne à des moyens comme ceux-là, à ce stade.

«Cela affecte la population et ce n'est pas nécessaire de le faire», a poursuivi le patron de la négociation pour le gouvernement de Philippe Couillard. «Même si ça ne va pas aussi vite qu'on le voudrait, il y a vraiment certaines avancées qui se font. C'est aux tables de négociations que ça va se régler.

«D'autre part, [...] il y a des gens qui ne sont pas en débrayage et ils devraient pouvoir accéder à leur lieu de travail. Je vois que, dans certains endroits, ce n'est pas le cas.»

À ce sujet, le ministre s'est gardé de formuler toute menace de représailles ou de sanctions à l'endroit des grévistes. «Nous allons suivre attentivement la situation.»

Martin Coiteux a clairement laissé entendre que les syndicats ne doivent pas espérer qu'il aille au-delà de sa proposition salariale. Québec offre de geler les salaires pendant deux ans et de les bonifier d'une modeste hausse annuelle de 1 % pendant trois années.

Il écoutera les négociateurs syndicaux «dans la mesure où ça respecte le cadre financier général. Personne ne demande au gouvernement de signer une convention collective qui nous remettrait en déficit, a-t-il réitéré pour énième fois.

«Personne ne nous demande de signer une convention collective qui nous obligerait à augmenter les impôts des Québécois. [...] Ce n'est pas parce qu'il y a un débrayage, cette semaine, qui affecte la population dans son ensemble que, subitement, les finances publiques du Québec vont s'améliorer plus que ce qui est compatible avec l'équilibre budgétaire.»

Le président du Conseil du trésor Martin Coiteux... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Le président du Conseil du trésor Martin Coiteux

Photothèque Le Soleil

Ce premier mouvement important de grève n'a pas embarrassé le gouvernement, en Chambre. Le chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau n'a pas attaqué le gouvernement sur ce dossier. Son collègue Alexandre Cloutier s'en est tenu au secteur dont il est le critique pour le PQ. «C'est tout le milieu de l'éducation qui, au moment où on se parle, est mobilisé pour dénoncer les coupures du gouvernement libéral en éducation», a-t-il soulevé.

Sortir du «mur à mur»

Le leader de la Coalition avenir Québec, François Legault, a exhorté le premier ministre Philippe Couillard de «sortir de la vieille approche mur à mur où on offre les mêmes augmentations de salaire à tous les secteurs sans tenir compte de l'offre et la demande dans chacun des secteurs».

La CAQ croit que le gouvernement l'a fait en parvenant à s'entendre avec la STQ, entre autres, mais qu'il cache quelles catégories d'employés sont ainsi privilégiées. M. Legault a réitéré qu'il trouve inacceptable de geler les salaires pendant trois ans. Cela l'est encore davantage de l'envisager pour les enseignants, l'éducation étant à ses yeux un secteur névralgique.

Seule la députée de Québec solidaire Françoise David a endossé sans réserve les revendications des grévistes. «Je comprends tellement les syndiqués d'être fâchés, a-t-elle laissé tomber. Se faire offrir 0 % [d'augmentation], en même temps se faire offrir plus de précarité [...] et un alourdissement de la tâche» apparaît inconcevable à la solidaire.

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