125 000 employés de l'État en grève

Les syndicats du secteur public ont commencé, lundi... (PC, Ryan Remiorz)

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Les syndicats du secteur public ont commencé, lundi matin, à faire des grèves tournantes d'une journée.

PC, Ryan Remiorz

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(Québec) Entrer en contact avec un fonctionnaire risque d'être fort difficile mardi, en cette deuxième journée de grève du front commun syndical. En plus des employés en santé et en éducation de tout l'Est-du-Québec, 37 000 employés du gouvernement bloqueront l'accès aux principaux édifices gouvernementaux.

Un fort attroupement est déjà prévu devant l'édifice Marie-Guyart, sur la colline parlementaire. Dès 7h30, Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), devrait s'adresser à ses membres et aux médias. «Nous, notre objectif, c'est que tout soit fermé demain. On sera devant les bureaux très tôt», explique Éric Lévesque, responsable des relations avec les médias du SFPQ.

La plupart des membres de ce syndicat sont des travailleurs de première ligne, qui bossent par exemple au service à la clientèle. «Il y a environ 2000 de nos membres qui ont été requis pour offrir des services essentiels, par exemple pour émettre des chèques de prestation ou être sur appel, mais pour les 35 000 autres, c'est la grève», explique M. Lévesque.

D'autres employés du gouvernement, comme les ingénieurs, les professionnels et les procureurs ne sont pas en grève et devront se présenter au boulot mardi. Difficile de prévoir s'ils pourront franchir les piquets de grève. «Les consignes sont claires et précises. S'il n'y a aucune entrave, nos membres sont obligés de rentrer au travail. Mais s'il y a un piquet de grève, ils doivent attendre que l'employeur assure la sécurité de leur passage. On leur a aussi rappelé que le télétravail est interdit», explique Richard Perron, président du Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

La grève touche les différentes régions du Québec de façon rotative cette semaine. Mercredi, ce sera au tour de l'Estrie, de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de la Mauricie d'être touchés, tandis que jeudi, les salariés de Montréal débrayeront.

Si les négociations n'avancent pas, le front commun a déjà annoncé que le scénario se répétera sur deux jours, entre le 9 et le 17 novembre, selon les régions. Cette offensive devrait se terminer par trois jours de grève nationale les 1er, 2 et 3 décembre.

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Infographie Le Soleil

Voici un aperçu des perturbations dans différents secteurs :

ÉDUCATION

De la maternelle au cégep, toutes les écoles publiques de la grande région de Québec sont fermées mardi. Personne ne travaillera à l'intérieur des établissements, car en plus des enseignants, les professionnels et le personnel de soutien sont aussi en grève. Impossible donc pour la plupart des écoles d'offrir le service de garde pour les enfants. On demande aux syndiqués de faire du piquetage devant leur école une bonne partie de la journée.

SANTÉ

Dans le réseau de la santé, étant donné la Loi sur les services essentiels, 90 % des services sont maintenus. Si bien que les employés des hôpitaux ou des autres établissements feront du piquetage de façon rotative pendant 42 minutes durant leur journée. «La population ne verra pas d'effet. La pression sera davantage sur l'administration. Il n'y aura pas de rendez-vous d'annulés, pas de bains d'annulés, rien», explique François L'Écuyer, conseiller syndical à la CSN et au front commun. «Il y aura plus d'effectifs au travail dans les hôpitaux et les CHSLD demain [mardi] que lors d'une journée de fin de semaine», dit-il. 

SAAQ

Ce n'est pas la bonne journée pour renouveler un permis de conduire ou payer ses immatriculations dans un bureau de la Société de l'assurance-automobile du Québec (SAAQ). «Ce sont des services qui risquent d'être perturbés», indique Mario Vaillancourt, porte-parole de la SAAQ. Il invite plutôt les citoyens à se tourner vers les services en ligne et les bureaux mandataires. Le département qui prend soin des accidentés de la route offrira toutefois du service.

REVENU QUÉBEC

Il y aura beaucoup moins d'employés pour répondre au téléphone. Revenu Québec dirige sa clientèle vers ses services en ligne. Huit activités seront partiellement maintenues car elles sont considérées comme des services essentiels, nous informe le porte-parole Stéphane Dion. Il s'agit entre autres du service des pensions alimentaires, des programmes sociofiscaux, de l'émission des attestations de Revenu Québec et du registraire des entreprises.

ASSEMBLÉE NATIONALE

Les députés, ministres et leur personnel devraient pouvoir accéder sans problème à l'Assemblée nationale en cette journée de grand débrayage. Le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, responsable ultime de la sécurité sur la colline parlementaire, et les grandes centrales syndicales se sont entendus lundi après-midi pour permettre la libre circulation des véhicules et des personnes à l'intérieur d'un corridor menant au parlement. Une entente valable pour 10 jours. Les grévistes se sont engagés à ne pas bloquer la rue des Parlementaires et les guérites donnant accès aux différents édifices ainsi qu'à faire connaître ces consignes par courriel à leurs membres. Le président de l'Assemblée nationale avait d'abord déposé une requête en injonction dans l'espoir de garantir l'accès au parlement. 

GARDERIES

Les services dans les centres de la petite enfance (CPE) seront maintenus mardi, leurs employés ne faisant pas partie du front commun. Sans être en grève, certaines éducatrices de la grande région de Québec accueilleront les parents bruyamment et les sensibiliseront à leurs conditions de travail. Louise Labrie, représentante des CPE à la CSN, soutient que les négociations en sont encore à une étape préliminaire avec le gouvernement, mais que ses membres sont solidaires.

D'autres grévistes préparent leurs pancartes

Le mouvement de grève des employés de l'État fait des petits. L'Association des étudiants et étudiantes en sciences sociales (AÉSS) de l'Université Laval sera en grève les 3 et 5 novembre, question de soutenir «l'ensemble des travailleurs et des travailleuses négociant actuellement leurs conventions collectives». Ces journées ont été ciblées parce qu'elles coïncident avec de grandes manifestations à saveur éducative organisées à Québec et à Montréal. Des centaines d'organismes communautaires seront également en grève les 2 et 3 novembre. Ils revendiquent un meilleur financement et une plus grande autonomie. Dans les régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches, au moins 25 organismes communautaires fermeront leurs portes ces journées-là. 

Avec Isabelle Mathieu

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