Des États américains ayant légalisé la marijuana donnent des conseils à Trudeau

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La légalisation du cannabis pourrait être plus difficile, plus longue et plus coûteuse que certains le pensent.

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Laura Kane
La Presse Canadienne
Vancouver

Un responsable du Colorado a quelques conseils à donner à Justin Trudeau s'il veut honorer sa promesse de légaliser la marijuana au Canada.

Lewis Koski, directeur de l'agence de régulation de l'industrie de la marijuana au Colorado (Marijuana Enforcement Division), affirme que la légalisation du cannabis sera plus difficile, plus longue et plus coûteuse que certains le pensent.

Le Colorado est l'un des quatre États américains qui ont entièrement légalisé la marijuana à des fins récréatives. Leurs défis - notamment la régulation de la marijuana sous forme comestible, comme les brownies et les biscuits, et la hausse des cas de conduite automobile avec les facultés affaiblies par la marijuana - pourraient être instructifs pour le premier ministre désigné du Canada.

Le gouvernement Trudeau devra notamment déterminer si les citoyens pourront cultiver leur propre marijuana à la maison ou s'ils devront l'acheter dans des magasins autorisés, et déterminer la taxe de vente applicable à ce produit.

Au Colorado, les adultes âgés de 21 ans et plus peuvent cultiver jusqu'à six plants à la maison, tandis que ceux qui achètent de la marijuana à des fins récréatives chez un détaillant autorisé doivent payer une taxe supplémentaire de 25 pour cent, en plus de la taxe de vente régulière de 2,9 pour cent.

L'État a ainsi récolté 141 millions $ US en taxes depuis que des magasins ont commencé à vendre de la marijuana, en janvier 2014. Mais la portion des taxes devant servir à la construction de nouvelles écoles n'a pas atteint l'objectif de 40 millions $ US.

Il y a aussi la question de la régulation de la marijuana sous forme comestible, comme des sucreries qui sont attirantes pour les enfants, ou que les adultes peuvent ingérer en trop grande quantité.

Deux suicides et un meurtre commis par des personnes qui avaient consommé de la marijuana comestible ont soulevé des inquiétudes au Colorado. L'État a adopté de nouvelles règles en février afin que les avertissements soient plus visibles sur l'étiquette des produits, et propose des mesures incitatives aux entreprises afin qu'elles offrent des produits moins puissants.

Enfants

Dans l'État de Washington, près de la moitié des appels d'urgence pour des empoisonnements à la marijuana l'an dernier concernaient des enfants. L'emballage des produits contenant de la marijuana ne peut utiliser des personnages de bandes dessinées ni de couleurs brillantes, et doit clairement indiquer chaque tranche de 10 milligrammes de THC, la molécule aux propriétés psychoactives contenue dans la marijuana.

«Ça peut être particulièrement attirant pour les enfants, ce qui, reconnaissons-le, est un peu subjectif. Alors chacun de ces produits est soumis à une vérification avant d'être distribué sur les tablettes», explique Mikhail Carpenter, de la régie de l'alcool et du cannabis de l'État de Washington (Washington State Liquor and Cannabis Board).

En légalisant la marijuana, le Canada devra aussi se pencher sur la conduite avec les facultés affaiblies. Bien que les accidents mortels aient seulement augmenté légèrement dans l'État de Washington après la légalisation de la marijuana, le pourcentage de conducteurs impliqués dans ces accidents qui ont été testés positifs au THC a doublé, passant à 12 pour cent en 2014, comparativement à 6 pour cent en 2010.

Au Canada comme aux États-Unis, il n'existe pas de tests approuvés d'haleine ou de salive pour déterminer si une personne a récemment consommé de la marijuana. Dans l'État de Washington, le meilleur test disponible implique une prise de sang. La limite y est de cinq nanogrammes de THC par millilitre de sang.

La police de l'État doit obtenir l'autorisation d'un juge avant d'emmener un conducteur à l'hôpital pour qu'il subisse une prise de sang, un processus qui peut prendre plusieurs heures. Bien que des traces de marijuana puissent rester dans l'organisme d'une personne pendant des jours, le THC se dissipe rapidement.

«C'est pourquoi, dans une situation générale de contrôle routier, où par exemple une personne est en train de fumer pendant qu'elle conduit sur la route, il y a une question de temps où nous voulons tenter de faire le test le plus rapidement possible», explique Brandon Villanti, un sergent de la police de l'État de Washington.

Consulter la population

L'Alaska et l'Oregon ont légalisé la marijuana l'an dernier et sont en train d'élaborer des règles. Des représentants des quatre États américains où la marijuana est légale soulignent l'importance de consulter la population.

L'Oregon a récemment adopté des exigences temporaires pour les titulaires de permis de marijuana après un robuste débat public.

«Nous n'avons pas beaucoup de controverses autour de nos règles parce que nous avons été transparents et ouverts», souligne Rob Patridge, directeur de la commission de régulation de l'alcool de l'Oregon (Oregon Liquor Control Commission).

Et si Justin Trudeau veut s'inspirer de ce qui se fait en Oregon, M. Patridge assure qu'il l'accueillera avec plaisir.

«Dites-lui que notre porte est ouverte. Nous serions heureux de partager (notre expérience) avec nos voisins du nord.»

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