Les ricochets de Trudeau

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(Québec) DÉCODAGE / L'élection d'un gouvernement dirigé par Justin Trudeau à Ottawa a résonné à plusieurs endroits dans le monde. Ses répercussions ont été fortes et immédiates du côté de Québec.

Les libéraux de Philippe Couillard ont été confortés par l'élection de Justin Trudeau. Globalement, ils partagent avec le chef du Parti libéral du Canada une façon de voir. Ils ont en commun une philosophie politique.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, lui, a cherché à tirer son épingle du jeu devant la nouvelle déconfiture du Bloc québécois. Il a lancé un appel au ralliement des souverainistes, une invitation à s'abriter sous le parapluie d'un nouveau nationalisme qu'il affirme vouloir porter haut. Il cherche depuis un an à s'en faire le porte-étendard.

Ce qui fait des heureux d'un côté fait la plupart du temps des malheureux de l'autre. Le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, n'en menait pas large le lendemain de la victoire de Justin Trudeau. Il se doutait bien que le chef bloquiste, Gilles Duceppe, aux côtés de qui il a fait campagne, allait démissionner deux jours plus tard.

À ce moment-là, mardi, il savait aussi que Stéphane Bédard, qu'il avait rétrogradé en septembre, démissionnerait jeudi. Il anticipait l'onde de choc.

Un partenaire?

Les libéraux de Philippe Couillard pensent avoir trouvé un «partenaire» en Justin Trudeau. Le premier ministre québécois affirme, par exemple, que la lutte contre le réchauffement climatique sortira grandie de la nouvelle donne politique au fédéral.

Il espère que la conférence fédérale-provinciale à venir sur le financement des soins de santé fera en sorte que le Transfert canadien en santé croisse à 25 % des dépenses des provinces dans ce domaine.

S'il existe de nombreux éléments d'espoirs aux yeux du gouvernement Couillard, des interrogations et des points de divergence ont également surgi durant la semaine.

La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s'est montrée inquiète de la promesse de Justin Trudeau de légaliser la marijuana.

En raison des modifications qu'entend apporter le nouveau gouvernement fédéral à la fiscalité des particuliers, Québec a décidé de repousser l'idée d'augmenter la TVQ.

Une interrogation : Philippe Couillard et Justin Trudeau divergent-ils d'opinion sur l'action à mener contre le groupe État islamique? La question peut se poser.

Le premier ministre canadien désigné a confirmé au président américain, Barack Obama, que son gouvernement allait mettre fin aux frappes aériennes contre l'État islamique.

Or, en octobre 2014, il y a un an, le premier ministre du Québec avait déclaré qu'il appuyait l'intervention du Canada contre le groupe terroriste. Il avait soutenu l'intervention militaire que le gouvernement de Stephen Harper avait décidé de lancer.

«Le Canada ne peut échapper à ses obligations de participer avec la communauté internationale à des actions concertées», avait-il déclaré.

Pour le Parti québécois, c'est un parti centralisateur et intrusif qui s'apprête à prendre les rênes du pouvoir à Ottawa.

 

Des coups durs

La démission de Stéphane Bédard et la défaite du Bloc québécois sont les coups les plus durs subis par Pierre Karl Péladeau depuis son arrivée à la tête du parti. Elles cassent un élan - ou ce qu'on estimait être un élan.

Il a beaucoup été noté cette semaine le fait que le résultat obtenu par le Bloc québécois est le plus faible jamais enregistré par une formation souverainiste depuis 1970. Faisons un gros plan sur le Parti québécois.

Aux élections générales du 12 septembre 1994, il avait recueilli 1 751 442 voix. Vingt ans plus tard, aux élections du 7 avril 2014, il a été le choix de 1 074 120 électeurs. C'est une perte de plus de 

677 000 votes. Le Parti québécois a été plus écorché que les autres depuis 20 ans.

Commentant les résultats du Bloc, Philippe Couillard a parlé du «lent déclin du mouvement souverainiste». Une déclaration jugée arrogante et présomptueuse au Parti québécois. On n'avait cependant pas tellement envie de se lancer dans une guerre de mots sur ce sujet, semble-t-il.

Le Parti québécois répète travailler à reconstruire le mouvement souverainiste, à chercher à élargir le nombre d'indépendantistes et à faire en sorte que le projet souverainiste ne soit pas un élément parmi d'autres lors des rendez-vous électoraux. On voudrait qu'il redevienne une réelle priorité pour un nombre grandissant de Québécois. C'est tout le défi de Pierre Karl Péladeau.

À très, très court terme, l'équipe parlementaire devra surmonter une certaine insatisfaction couvant à l'interne. Certains accusent Pierre Duchesne, le chef de cabinet de Pierre Karl Péladeau, de diriger les choses avec une main trop gantée de fer.

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