Joe Biden renonce à briguer la présidence des États-Unis

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Joe Biden a fait son annonce dans la roseraie de la Maison-Blanche, en compagnie du président Barack Obama.

AP, Jacquelyn Martin

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Ivan Couronne
Associated Press
Washington

Après des mois de tergiversation, le vice-président américain Joe Biden a renoncé mercredi à défier Hillary Clinton aux primaires présidentielles du Parti démocrate en 2016, un nuage de moins pour la candidate dont le statut de favorite se renforce.

Joe Biden, vice-président de Barack Obama depuis son entrée à la Maison-Blanche en 2009, a lié sa décision à la durée du deuil entamé à la mort de son fils adulte Beau, décédé en mai d'un cancer du cerveau - un processus dont sa famille vient d'émerger, selon lui.

«Malheureusement, j'estime que nous ne disposons pas du temps nécessaire pour monter une candidature et remporter l'investiture», a-t-il annoncé depuis la roseraie de la Maison-Blanche, entouré de sa femme Jill et du président Barack Obama, resté silencieux.

Avertissement à Hillary

Mais, comme un avertissement à Hillary Clinton, le vice-président de 72 ans a prévenu qu'il interviendrait dans la campagne pour défendre le bilan des années Obama. «Les démocrates devraient non seulement défendre et protéger ce bilan, mais aussi faire campagne sur ce bilan», a-t-il lancé. La remarque vise à l'évidence Hillary Clinton, la première secrétaire d'État de Barack Obama (2009-2013). Certes, la candidate ne cesse de saluer la présidence Obama, mais elle a rompu récemment avec lui sur le libre-échange, dénonçant l'accord commercial conclu avec 11 pays de la région Pacifique.

La candidate a aussi critiqué les expulsions de clandestins par l'administration Obama, et n'a pas attendu que le président se prononce pour dire son opposition à la construction de l'oléoduc Keystone XL entre les États-Unis et le Canada - des prises de position très populaires chez les démocrates.

Joe Biden a aussi critiqué sans la nommer Hillary Clinton pour avoir dit, plus ou moins ironiquement, qu'elle estimait que les républicains étaient ses ennemis. «Je ne crois pas que nous devrions considérer les républicains comme des ennemis. C'est l'opposition. Ce ne sont pas nos ennemis», a dit Joe Biden.

La veille, il avait aussi affirmé connaître «tous les grands dirigeants mondiaux depuis 40 ans», façon de remettre à sa place Hillary Clinton, dont la stature de femme d'État s'est affirmée pendant quatre années à la tête du département d'État. «Comme vice-président, Joe a été aux côtés du président Obama pour toutes les décisions importantes», a réagi l'intéressée dans un communiqué. «C'est un bilan dont on peut être fier, à défendre et à poursuivre»

La voie libre

Hillary Clinton, de cinq ans sa cadette, va pouvoir souffler. Elle était initialement la grande favorite des primaires de son parti, mais son début de campagne a été rude et créé des opportunités pour d'autres candidats.

L'affaire de sa messagerie privée, préférée à un compte gouvernemental lorsqu'elle était aux affaires, a éclaté en mars et continue de faire des vagues. Une majorité d'Américains la trouvent «indigne de confiance».

L'affaire des attaques meurtrières contre l'ambassadeur américain à Benghazi en Libye en 2012 continue de la poursuivre, et elle témoignera jeudi au Congrès, dominé par des républicains qui ne l'épargneront pas.

Le sénateur indépendant Bernie Sanders, un socialiste de 74 ans, en a profité pour séduire la gauche de l'électorat démocrate. Il fait jeu égal avec Hillary Clinton dans le New Hampshire, qui selon la tradition sera le deuxième État à voter dans le cycle des primaires, en février 2016.

La candidate démocrate reste la préférée d'environ 48 % des électeurs démocrates au niveau national, avec Bernie Sanders 22 points derrière. Les derniers sondages ont souligné une remontée après sa bonne prestation à un débat télévisé.

Joe Biden, lui, recueillait avant son renoncement 17 % des intentions de vote, selon la moyenne calculée par RealClearPolitics. Les enquêtes montrent que son retrait devrait d'abord profiter à Hillary Clinton.

Sénateur du petit État du Delaware de 1973 à 2009, Joe Biden s'était présenté sans succès aux primaires présidentielles du parti en 1988 et 2008. Contrairement à nombre de ses prédécesseurs, Joe Biden n'a pas fait de la figuration au poste de vice-président.

Ancien président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, il a été chargé de dossiers internationaux, notamment l'Irak et l'Ukraine. Mais il traîne une réputation d'indiscipline verbale qui, si elle le rend sympathique aux yeux de nombreux Américains, lui a parfois causé des soucis.

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