La CAQ veut rallier les souverainistes; Péladeau pas inquiet

Selon François Legault, son parti constitue une voie... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Selon François Legault, son parti constitue une voie de sortie entre «l'indépendantisme du Parti québécois et le fédéralisme de statu quo du Parti libéral».

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Les souverainistes doivent se rallier autour d'une «alternative nationaliste forte», la Coalition avenir Québec (CAQ), affirme François Legault. Une proposition que le chef péquiste Pierre Karl Péladeau considère comme irréaliste et presque farfelue.

Au lendemain du scrutin fédéral où le Bloc québécois n'a attiré qu'un électeur sur cinq, le leader de la CAQ a lancé son message de ralliement à son arrivée à l'Assemblée nationale, mercredi.

Devant les journalistes, il a relevé que, «comme en 2011, l'écrasante majorité des Québécois a voté» pour des partis fédéralistes. «À 19 % [le résultat du Bloc, le 19 octobre], c'est la pire performance d'un parti souverainiste depuis 45 ans, pire encore que le score de 23 % du Parti québécois en 1970», à sa première élection.

Le leader caquiste croit que si l'appui à l'indépendance se désagrège, l'adhésion au nationalisme québécois ne diminue pas. Les Québécois «ne veulent pas d'un troisième référendum. Ils sont toujours aussi attachés à leur langue et à leur identité. Mais leur nationalisme, en 2015, s'exprime autrement. Cette situation n'est pas près de changer.

«C'est clair, le nationalisme québécois est mûr pour une refondation majeure [autour] d'un programme plus pragmatique, plus rassembleur, à l'intérieur du cadre fédéral, [pour] offrir une vraie solution de rechange au monopole du Parti libéral du Québec, a argumenté M. Legault. «J'appelle tous les souverainistes à être pragmatiques.»

Le leader bloquiste «Gilles Duceppe a fait preuve de courage. Il mérite notre respect. Mais il faut aussi reconnaître que son retour n'a pas changé la tendance lourde.

«Nous ne sommes pas devant une petite crise passagère, a poursuivi le caquiste. Il y a un fil qui relie la défaite du Bloc québécois en 2011, la défaite du gouvernement du Parti québécois en 2014 et la défaite du Bloc en 2015. Ce fil-là, bien, c'est un déclin de l'idée de l'indépendance du Québec.

«Les Québécois ne se sentent pas à l'aise avec cette approche de Pierre Karl Péladeau [où] ça passe ou ça casse. Ils veulent faire des gains pour défendre leur identité, mais à l'intérieur du Canada.»

«Il faut rassembler les Québécois autour d'un programme nationaliste où le Québec fait des gains, entre autres en matière de langue et d'immigration. De toute évidence, là, ce n'est pas M. Couillard, qui va faire ces demandes.

Dans le contexte actuel, la division des nationalistes «en deux clans», le Parti québécois (PQ) et la CAQ, ne peut profiter qu'aux libéraux de Philippe Couillard qui seraient, selon le caquiste, partisans «du statu quo» et sans «programme économique.

M. Legault estime que le Canada anglais n'est pas fondamentalement opposé à des discussions constitutionnelles pour que le Québec rapatrie des pouvoirs. «Si on rassemble tous ces nationalistes-là, moi, je pense qu'on est capable d'aller convaincre, peu importe que ce soit Justin Trudeau ou qui que ce soit.»

Réplique du PQ

Pierre Karl Péladeau s'est dit surpris par la proposition de rapatrier des pouvoirs. M. Legault «doit savoir que ses requêtes requièrent beaucoup de modifications constitutionnelles. Il se trouve qu'il y a peu de candidats» pour s'avancer sur ce terrain. «De toute façon, c'est dorénavant impossible de la modifier. Il n'a pas compris toutes les embûches auxquelles il fait face.»

Le député de Saint-Jérôme ne croit absolument pas que sa formation est en compétition avec la CAQ pour séduire l'électorat nationaliste. «Je ne dirais pas qu'il y a une rivalité. Il [M. Legault] suit son chemin. Je suis le mien.»

Et il n'est évidemment pas question que le PQ se détourne de l'option indépendantiste. «La mission du Parti québécois est claire et précise. Elle existe depuis des décennies. Nous allons poursuivre cette mission fondamentale.»

Et il ne croit pas non plus que ses militants se montreront le moindrement intéressés par le cri de ralliement caquiste. «Nos militants ont des convictions très profondes et, historiquement, très établies. Notre base militante est très solide.»

Le leader parlementaire du gouvernement Couillard s'est moqué de François Legault qui lui reproche de manquer de volonté pour défendre le Québec, en matière de langue et d'immigration. «Ce n'est pas une position, c'est une perception au sujet de la position des autres», a répliqué Jean-Marc Fournier.

«Que pense-t-il au sujet du fait qu'on peut être à la fois Québécois et Canadiens? Est-ce une opposition un contre l'autre, comme le PQ le pense, comme M. Duceppe pense, comme il le pensait quand il était au PQ? Il n'a aucune position. À l'avenir, il devrait dire ce à quoi il croit avant de penser ce que pensent les autres.»

=> Lettre de François Legault publiée dans notre section Opinions

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