Décodage: naïveté de bon aloi

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(Québec) Il y avait sans doute une certaine naïveté à croire que les institutions financières et les grandes firmes de stratèges-comptables délégueraient des représentants à une commission parlementaire de l'Assemblée nationale afin de répondre aux questions des députés sur les paradis fiscaux.

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C'est le péquiste Nicolas Marceau qui est à l'origine de cette idée de tenir une commission parlementaire sur les paradis fiscaux.

Robert Skinner, Archives La Presse

Après tout, on peut comprendre qu'elles estiment n'avoir de comptes à rendre à personne sur les affaires qu'elles mènent dans ces territoires particulièrement accueillants pour ceux cherchant à échapper à leurs obligations fiscales...

Mais derrière cette nécessaire commission parlementaire, il faut le savoir, une vraie rivalité oppose le Parti québécois et Québec solidaire.

Le Parti québécois veut être le fer de lance dans ce dossier. Il faut dire que c'est le péquiste Nicolas Marceau qui est à l'origine de cette idée de tenir une commission parlementaire sur les paradis fiscaux.

L'opposition officielle ne veut pas laisser le ballon à Québec solidaire. Or, Québec solidaire ne veut pas qu'on le lui arrache des mains!

Chez Québec solidaire (QS), on faisait savoir cette semaine qu'Amir Khadir attend ce moment depuis son élection, en 2008. «Tout le monde sait que QS est le premier parti à avoir parlé sérieusement d'évasion fiscale», disait-on.

Amir Khadir lui-même a souligné que la première fois qu'il a parlé des paradis fiscaux à l'Assemblée nationale, «c'est il y a plus de six ans».

Si les institutions financières et les grandes firmes de stratèges-comptables ne finissent pas par répondre présentes, les partis devront se demander s'ils les forcent à comparaître. Il s'agit d'un marteau très rarement empoigné, mais qui existe dans leur coffre à outils.

À ce jeu, la volonté de Québec solidaire sera sans faille. Certains le soupçonnent même de souhaiter, en son for intérieur, que ces grands financiers s'obstinent dans leur refus. Le parti pourrait alors tonner.

S'il le faut, Nicolas Marceau recommandera à ses collègues de la Commission des finances publiques de forcer la main aux récalcitrantes. Pour l'heure, il espère qu'elles collaboreront.

Dans le cas du gouvernement, s'il devait aller jusqu'à les convoquer de force, ce serait vraiment à contrecoeur. Tellement, en fait, que bien des observateurs croient qu'il fera tout pour éviter d'aller jusque-là.

DES MOTS EN BOUCHE

Bernard Drainville a offert une «ligne de presse» à ses collègues et à son chef en rappelant, début septembre - de façon plus ou moins planifiée et à la faveur d'une entrevue -, que le Parti québécois était favorable à une «clause d'appauvrissement zéro» pour les employés du secteur public.

C'était à point nommé, car le parti se cherchait alors une position, à tout le moins minimale, dans ce dossier délicat concernant quelque 590 000 Québécois.

La disposition «d'appauvrissement zéro» fait partie des engagements que Bernard Drainville avait conclus avec Pierre Karl Péladeau lorsqu'il s'était rallié à lui au mois d'avril. La course à la direction battait son plein.

Entre avril et septembre, bien des péquistes avaient oublié cet engagement.

Depuis qu'il a réémergé, il n'est pas si souvent réitéré sur la place publique. Mais le fait que Bernard Drainville l'ait fait renaître rassérène les députés. Dans leurs conversations avec des citoyens et des syndiqués, il leur permet de se distinguer du gouvernement, disent-ils.

«On a au moins ça depuis quelques semaines», a confié un élu péquiste.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, si Bernard Drainville n'avait pas rappelé cet engagement lors d'une petite entrevue, il n'est pas sûr que le Parti québécois aurait aujourd'hui les mots «appauvrissement zéro» à se mettre en bouche.

Le taux d'inflation qu'il faudrait au minimum accorder aux employés de l'État, selon cette proposition, est bien moins élevé que ce que réclament les syndicats du secteur public. Mais il est plus élevé que ce que leur propose le Conseil du trésor.

Au-delà de cet aspect, le Parti québécois marche sur un fil. Il cherche à ne pas déplaire à l'opinion publique en général. Et à ne pas déplaire trop fortement aux syndiqués du secteur public.

SI LES MAIRES SONT CONTENTS...

Le «pacte fiscal» entre le gouvernement et les villes du Québec a été signé en grande pompe, mardi. 

Ni le Parti québécois ni la Coalition avenir Québec n'ont posé la moindre question à ce sujet durant les périodes des questions tenues depuis cette signature.

Deux explications. La première émane des péquistes et des caquistes : ce pacte est encore un objet totalement flou. Il faudra attendre de voir le projet de loi ad hoc pour en juger.

L'autre vient du gouvernement : il est difficile pour le Parti québécois et la Coalition avenir Québec de se montrer défavorables à un projet approuvé par une large majorité des maires du Québec, dont les populaires Denis Coderre et Régis Labeaume.

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