Unanimité à l'arraché pour la motion contre l'islamophobie

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«À un moment donné, on a commencé à avoir un débat sur le niqab, débat où les femmes sont complètement instrumentalisées par le chef du Parti conservateur à Ottawa», a fustigé la solidaire Françoise David.

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(Québec) Pour certains, c'est une fausse unanimité; pour d'autres, une unanimité de façade. Chose certaine, c'est à l'arraché que l'Assemblée nationale a adopté, jeudi, une motion portée par Québec solidaire réitérant que «les Québécoises et les Québécois de confession musulmane sont des citoyens à part entière». Et condamnant, de façon plus générale, «les appels à la haine et à la violence contre tous les citoyens du Québec».

La Coalition avenir Québec, pour commencer par elle, a appuyé la motion, mais avec de très fortes réserves. Elle a clairement exprimé le malaise qu'elle ressent en raison de la présence du mot islamophobe dans le libellé.

À travers ce texte, l'Assemblée nationale prend acte «des nombreuses déclarations inappropriées faites à l'encontre des réfugiés syriens» et «s'inquiète de l'augmentation des vidéos et de déclarations à caractère islamophobe et raciste qui fusent sur les réseaux sociaux».

La caquiste Nathalie Roy a déploré que la motion «se concentre surtout sur le thème islamophobe». Elle souhaitait que le mot soit retiré du texte, car il peut aussi signifier simplement «avoir peur de l'islam», a-t-elle fait valoir.

«Si cette Assemblée nationale avait vraiment du courage, elle dénoncerait l'islamisme radical», selon elle.

Le niqab

Le dossier du niqab, qui déchire les partis fédéraux, n'est pas étranger à la présentation de cette motion par Québec solidaire. «À un moment donné, on a commencé à avoir un débat sur le niqab, débat où les femmes sont complètement instrumentalisées par le chef du Parti conservateur à Ottawa», a fustigé la solidaire Françoise David.

«Et qu'est-ce qu'on a commencé à voir? Une remontée de l'intolérance, une remontée de discours xénophobes, racistes, à caractère haineux.»

«Un certain nombre de gens mêlent tout : djihad, niqab, islam, radicalisation», a tonné Mme David.

Le péquiste Maka Kotto aurait aussi préféré que l'idée d'islamophobie ne figure pas dans le libellé. Et ce, a-t-il justifié, «pour lui donner une note plus universelle, y intégrer en fait toutes les discriminations possibles».

Au passage, il a dit souhaiter que la référence au niqab, contenue dans le discours de Françoise David, «ne soit pas une tactique pour aider un parti, en l'occurrence orange, au Québec»...

La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a dit comprendre le désir de Québec solidaire de «mettre l'accent sur l'islamophobie», bien qu'elle aussi aurait voulu une motion dont la portée aurait été plus large.

Si le gouvernement de Philippe Couillard s'est tout de même résolument rangé derrière la motion, c'est, à l'instar de la députée indépendante Sylvie Roy, parce qu'il existe une montée des actes islamophobes au Québec et qu'il faut appeler «un chat un chat».

Mme David, Mme Weil et la députée indépendante ont fait référence à une «attaque» dont une femme portant le voile a été victime cette semaine à Montréal. «Il y a eu un appui, certes. Mais ce n'était pas entièrement de bon coeur», a fini par dire l'élue de Québec solidaire en parlant du vote des péquistes et des caquistes.

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