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Le «trou de 16 milliards $»

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Philippe Couillard

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(Québec) Cet été, à Shawinigan, Philippe Couillard s'est dit résolu «à ne plus laisser un pouce aux souverainistes». Depuis, il ne lâche plus le morceau.

«Chaque fois qu'ils vont dire quelque chose sur la beauté idyllique d'un Québec indépendant, je vais immédiatement leur faire remarquer que ça doit être accompagné de chiffres, que ça doit être accompagné d'arguments, que ça doit être accompagné d'une démonstration crédible», disait le premier ministre en août.

Relevons que le chef libéral est non seulement passé à l'action, mais qu'il accélère le tempo. Il a cogné sur le clou lors de chacune des trois périodes de questions tenues cette semaine à l'Assemblée nationale.

Oui, il a répondu aux questions du chef de l'opposition officielle, Pierre Karl Péladeau. Elles ont porté, mardi, sur les enfants ayant des difficultés particulières; mercredi, sur une déclaration de revenus unique; jeudi, sur Investissement Québec.

Mais dans ses réponses, M. Couillard a toujours fini par bifurquer à un moment ou l'autre pour fustiger le projet souverainiste. Arrêtons-nous sur la journée de mercredi : «Le chef de l'opposition officielle est incapable, comme tous ses collègues, de dire ce qu'il ferait pour combler le trou de 16 milliards $ que causerait la séparation du Québec dans les finances publiques», a-t-il décoché.

«Le plan de l'opposition officielle, c'est de pousser le Québec vers la ruine financière et économique», a-t-il lancé le lendemain. Là encore, il était question d'autre chose.

UN PQ DÉCOMPLEXÉ

Depuis jeudi, le Québec a un tout nouveau lieutenant-gouverneur. Il s'agit de J. Michel Doyon, un avocat de Québec qui, jadis, a été proche du Parti progressiste-conservateur du Canada.

La cérémonie d'intronisation s'est déroulée dans le majestueux Salon rouge de l'Assemblée nationale.

Les péquistes de Pierre Karl Péladeau ont boycotté la cérémonie, ce qui leur a valu des reproches des membres du gouvernement Couillard et du chef caquiste, François Legault.

Il paraîtra naturel à chacun qu'une formation souverainiste ne dépêche aucun représentant lors de ces cérémonies. C'était néanmoins une première.

En 2007, lorsque le prédécesseur de M. Doyon avait été désigné, le chef intérimaire du Parti québécois, François Gendron, y était.

La formation souverainiste a toujours eu un malaise avec la cérémonie entourant l'investiture du représentant de la reine Élisabeth II au Québec. Elle n'a jamais trop su quoi faire. Y aller? Ne pas y aller? Mais jusqu'à présent, elle y avait toujours été représentée.

Le député Jean-François Lisée l'a dit cette semaine : la députation péquiste est désormais désinhibée. Elle s'assume plus que jamais.

Disons-le à notre façon : le Parti québécois de Pierre Karl Péladeau est décomplexé.

Il faut dire que la fonction de lieutenant-gouverneur est plus impopulaire que jamais au Québec.

J. Michel Doyon ne s'est pas formalisé de l'absence du PQ. Chacun a droit à son opinion, a-t-il simplement confié. L'homme paraît plus extraverti que son prédécesseur, Pierre Duchesne.

Dans le contexte constitutionnel actuel, la fonction de lieutenant-gouverneur est impossible à abolir. Et difficile à réformer.

L'abolition supposerait l'appui de toutes les provinces canadiennes, de la Chambre des communes, ainsi que du Sénat. Mission impossible!

Le député Stéphane Bergeron a profité de l'épisode pour glisser que la seule façon de mettre fin à cet «archaïsme» serait de voter pour la souveraineté.

UNE DOUCE IRONIE

La démission, mardi, du libéral Robert Dutil a mis le feu aux poudres. L'incendie politique court toujours. Les partis ne mettront pas fin rapidement à leur jeu de souque à la corde.

Le dossier des allocations de transition - les «primes de départ» - et ceux du salaire et du régime de retraite de nos parlementaires sont revenus à l'avant-plan de l'actualité avec le départ-surprise du député de Beauce-Sud. Ce, même s'il a choisi de remettre son allocation de transition à la Maison Catherine de Longpré, qui offre des soins palliatifs.

Dans cette affaire, tout le monde se réfère au rapport de Claire L'Heureux-Dubé, une réflexion touchant à tous les aspects de la rémunération des membres de l'Assemblée nationale. Le document est paru à la fin de novembre 2013.

Or, on l'ignore, mais ce rapport n'aurait jamais vu le jour sans... Robert Dutil lui-même! Tout ce dossier a en effet été réactivé à la suite d'une entrevue qu'il a accordée en janvier 2013.

M. Dutil y disait que les élus étaient en «conflit d'intérêts»; qu'ils ne devaient pas fixer eux-mêmes leur salaire et les autres avantages associés à leurs fonctions.«Il faut que quelqu'un se penche là-dessus», déclarait-il.

Quelques mois plus tard, tous les partis s'entendaient pour désigner Claire L'Heureux-Dubé. Depuis, cependant, c'est la pagaille.

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