Moreau ouvre la porte à la corruption, selon Marc Ranger

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Le directeur adjoint du Syndicat canadien de la fonction publique (SFPQ), Marc Ranger

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(Québec) Le ministre Pierre Moreau ouvre la porte à un retour de la collusion et de la corruption en replongeant le monde municipal dans le «chaos» avec son pacte fiscal, selon les syndicats. 

La possibilité que les maires obtiennent le droit de décréter les conventions collectives de leur employé place les syndicats sur un pied de guerre. 

«La vérité, c'est que le ministre Moreau, il se cr... des syndicats, il se cr... des employés municipaux», a pesté le directeur adjoint du Syndicat canadien de la fonction publique (SFPQ), Marc Ranger. «Il ne s'occupe que de ses petits amis.»

Lorsque la fonction publique ratatine, plaide-t-il, les pouvoirs publics s'en remettent au secteur privé. «Les services, il faut qu'ils se donnent, dit-il. On est en train d'installer un climat où la collusion et la corruption dans le monde municipal vont revenir si on continue dans cette voie.» 

M. Ranger pointe vers «deux maires», Régis Labeaume et Denis Coderre, qui souhaitent avoir le pouvoir de décréter les conditions de travail. «Les employés municipaux commencent à en avoir ras le bol d'être les têtes de Turc et les boucs émissaires de l'incompétence de certains qui gèrent les deniers publics», a pesté le leader syndical. 

Mercredi, le ministre Moreau a dit vouloir mettre en place un «système d'équilibrage» du rapport de forces entre les parties au palier municipal. Le droit de négocier est constitutionnel, plaident les syndicats. C'est l'octroi de pouvoir de décréter qui viendrait bousculer l'équilibre en place, selon eux. Ils n'hésiteront pas à emprunter la voie des tribunaux pour le contester. 

«Le ministre devrait se rappeler que le Québec n'est pas une république de bananes», a lancé Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs du Québec. Des «légendes urbaines» font croire que les employés municipaux ont des conditions chromées alors qu'il n'en est rien, affirment les leaders syndicaux.

La CSN dénonce elle aussi ce pacte fiscal. L'organisation syndicale croit que ce pacte n'a qu'un but : forcer les municipalités à accepter d'énormes compressions. En échange, elles pourront rogner sur les conditions de travail des employés.

«Le message est clair : les municipalités, avalez le 300 millions $, et on va vous donner les outils pour aller le chercher ailleurs», a lancé Denis Marcoux, président de la Fédération des emplois et des employés de services publics (FEESP-CSN).

Le syndicat s'inquiète aussi du droit de décréter les conditions de travail des employés. Un droit qui viendrait briser l'«équilibre» et l'«harmonie» dans une ville, selon Jacques Létourneau, président de la CSN. Une véritable «attaque» à l'ensemble des conditions de travail des employés municipaux.

Avec Patricia Cloutier

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