Pardon présidentiel pour le Canadien Mohamed Fahmy en Égypte

Le journaliste Mohamed Fahmy embrasse sa conjointe Marwa... (Agence France-Presse)

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Le journaliste Mohamed Fahmy embrasse sa conjointe Marwa après avoir été relâché par les autorités égyptiennes, mercredi.

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Merrit Kennedy, Maram Mazen
Associated Press
Le Caire

Le journaliste canadien Mohamed Fahmy et son collègue Baher Mohammed ont reçu le pardon présidentiel égyptien mercredi, selon un des avocats de M. Fahmy, Khaled Abu Bakr, et l'agence de presse nationale égyptienne MENA.

Mohamed Fahmy et l'Égyptien Baher Mohammed - tous deux employés de la chaîne d'information Al-Jazira - devraient être libérés sous peu, en même temps que des dizaines de militants des droits de l'homme.

En tout, ce sont 100 personnes qui ont reçu le pardon du président Abdel-Fattah al-Sissi à la veille de la grande fête musulmane de l'Aïd al-Adha, qui est habituellement l'occasion de gracier des prisonniers. Et jeudi, le président égyptien doit se rendre à New York pour assister à l'Assemblée générale des Nations unies.

Les célèbres militants égyptiens Yara Sallam et Sanaa Seif sont parmi les détenus pardonnés, selon l'agence MENA.

MENA a également rapporté qu'une troisième personne liée à Al-Jazira fait partie de ceux qui seront libérés. Elle n'a pas été identifiée, mais il se pourrait que ce soit Peter Greste, un journaliste australien qui a été expulsé vers son pays plus tôt cette année.

M. Greste n'a pu être rejoint pour commenter.

Un message publié mercredi sur le compte Twitter de Mohamed Fahmy dit: «Merci à tous les partisans qui nous envoient la nouvelle, nous l'avons entendue et nous sommes très contents. L'équipe d'AJ est libre!»

Le réseau Al-Jazira, basé à Doha, au Qatar, n'a pas immédiatement commenté la nouvelle.

«J'étais sûr que le président allait rendre une telle décision. Mohammed est un journaliste professionnel et innocent, a dit à l'Associated Press son avocat, Khaled Abu Bakr. Cette décision aura un impact positif sur aux niveaux médiatique et international.»

Accusations

Les trois journalistes avaient été arrêtés en décembre 2013, après que les forces de l'ordre égyptiennes aient effectué une descente dans une suite d'hôtel utilisée par les correspondants en Égypte d'Al-Jazira.

Ils ont ensuite été accusés de soutenir les Frères musulmans, un groupe islamiste interdit en Égypte. Ils ont aussi été accusés de fabriquer du matériel compromettant la sécurité nationale.

Le mois dernier, dans le cadre d'un deuxième procès dénoncé par plusieurs observateurs, les trois hommes avaient été condamnés à trois ans de prison pour avoir diffusé ce que la cour a qualifié de «fausses nouvelles» et de couverture biaisée.

Les politiciens fédéraux ont réagi mercredi matin à l'annonce de la libération de Mohamed Fahmy, qui a renoncé à sa nationalité égyptienne au cours de son procès dans l'espoir d'être expulsé vers le Canada.

Réactions au Canada

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a affirmé dans un communiqué être «ravi des progrès accomplis dans le dossier de M. Fahmy et de la nouvelle de sa libération prochaine», soulignant toutefois que la grâce présidentielle «a été longue à venir».

M. Trudeau a précisé compter sur le premier ministre Harper «pour qu'il fasse tout ce qui est possible pour aider à la libération» du journaliste.

Chez les néodémocrates, c'est le candidat et député sortant Paul Dewar, porte-parole en matière d'Affaires étrangères du NPD, qui a accueilli la nouvelle «avec joie» au nom de son parti.

Même s'ils se disent «extrêmement contents» de la libération de M. Fahmy, les néodémocrates rappellent avoir «soulevé le problème à de nombreuses reprises au Parlement» et «demandé au premier ministre d'intervenir personnellement», précise leur communiqué.

«Nous devons en tirer des leçons et trouver des façons de mieux protéger les citoyens canadiens qui sont à l'étranger», conclut M. Dewar.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, s'est aussi dit «soulagée» par la décision du président al-Sissi dans un court communiqué. Surtout qu'à son avis, M. Fahmy «n'aurait pas dû être condamné dès le départ».

«Plusieurs Canadiens, dont moi, ont demandé à Stephen Harper d'agir pour soutenir un citoyen canadien innocent qui a été emprisonné durant plus d'un an, écrit Mme May. Son omission de le faire a prolongé l'épreuve de M. Fahmy.»

Le gouvernement conservateur soutient le contraire. «Le Canada a toujours insisté au plus haut niveau pour obtenir sa libération et son retour au Canada», assure la ministre d'État aux Affaires étrangères et consulaires Lynne Yelich dans un court communiqué.

Mme Yelich y déclare que «le Canada est heureux que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ait gracié M. Mohamed Fahmy», à qui le gouvernement «continuera» de fournir une aide consulaire tout en aidant «à faciliter son départ de l'Égypte».

«Nous nous réjouissons à l'idée que M. Fahmy soit bientôt réuni avec sa famille et ses proches, et qu'il soit de retour au Canada», conclut la ministre d'État sortante, qui n'a pas été choisie par les militants conservateurs pour être candidate dans une nouvelle circonscription de la Saskatchewan, la sienne ayant été redécoupée.

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