Rien ne va plus dans les négos du secteur public, mais Couillard ouvre son jeu

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Régine Laurent, présidente de la FIQ

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(Québec) Rien ne va plus dans les négociations du secteur public, mais le premier ministre Philippe Couillard ouvre un peu plus son jeu.

Après une rencontre au sommet tenue la semaine dernière dans la capitale, les discussions sont rompues entre le gouvernement et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.

Les représentants de la majorité des infirmières et infirmiers ont quitté la table de négociation. «On a reçu des gifles, ça ne nous tente pas d'aller en chercher d'autres», a expliqué leur présidente, Régine Laurent.

D'autres syndicats représentant les enseignants ont dénoncé, eux, les «nouveaux reculs» que veut imposer le Conseil du trésor.

Chaque groupe joue sa partie, y compris le gouvernement. Sans crier gare, le premier ministre a glissé entre deux phrases, mercredi, qu'il pourrait bonifier le salaire de certains groupes de salariés de l'État. Il le ferait à travers «l'équité salariale ou la relativité salariale».

«Il n'y a pas de mur à mur», a répondu Philippe Couillard à une question du caquiste François Legault. «Il y a des offres de modification, de compromis, de flexibilité qui permettent de reconnaître certains corps d'emploi plus que d'autres, notamment en regard des questions d'équité salariale ou de relativité salariale.»

Voulant être sûr d'avoir bien compris, M. Legault est revenu à la charge en parlant des enseignants. «Est-ce que le premier ministre est prêt à sortir du mur à mur puis à offrir à certains groupes d'employés, comme les enseignants, des augmentations de salaire ou au moins à reculer sur le gel?»

Pour la première fois, le premier ministre a dit chercher à obtenir «un peu plus de flexibilité sur les offres salariales». Voici les mots exacts qu'il a prononcés en s'adressant, à travers le chef caquiste, aux syndicats : «Explorez avec nous de nouvelles façons de faire, plus de flexibilité dans certaines dispositions. On va pouvoir remettre cet argent, ces économies dans les conditions de travail et avoir un peu plus de flexibilité sur les offres salariales.»

«Une volée d'insultes»

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec et la Fédération des syndicats de l'enseignement ont fustigé les dernières offres «sectorielles», celles touchant à l'organisation du travail.

Elles ne sont «ni plus ni moins qu'une volée d'insultes», a déclaré Régine Laurent en parlant au nom des infirmières. Voilà pourquoi sa fédération ne se présentera plus à la table de négociation jusqu'à ce que le gouvernement lui fasse de nouvelles offres.

En plus d'un gel de salaire pendant les deux premières années du prochain contrat de travail, «le gouvernement veut encore abolir différentes primes comme celles pour les soins critiques ou les primes majorées de nuit et de soir», a dénoncé la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.

Elle a affirmé ne pas comprendre que la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN parle d'une «lueur d'avancée».

«Provocation» et «mépris»

Pour sa part, Josée Scalabrini, de la Fédération des syndicats de l'enseignement, a décrié la «provocation» et le «mépris» du gouvernement.

«Nous sommes conviés à un exercice de compressions sur le dos des enseignants et de l'ensemble des élèves, y compris les plus vulnérables», a-t-elle commenté à la lumière des nouvelles propositions sectorielles présentées lundi.

Mme Scalabrini a dénoncé l'intention de Québec d'économiser 153 millions $ annuellement grâce à l'augmentation du nombre moyen d'élèves par classe. Elle ne croit pas que ces sommes seront réinvesties dans les services aux élèves en difficulté comme il l'affirme.

Elle rejette la volonté du comité patronal de faire inscrire dans la prochaine convention collective que la semaine de travail des enseignants est de 40 heures, bien qu'elle serait de 41 heures en moyenne. Elle craint qu'après avoir voulu porter de 32 à 35 heures leur temps de présence à l'école, ces nouvelles heures leur fassent perdre toute autonomie professionnelle. Autrement dit, que les directions d'école leur disent quoi faire pendant toutes ces 40 heures.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, veut se montrer optimiste. «Il y a ce qu'il faut sur la table pour progresser ensemble», a-t-il assuré. Il soutient «ne même pas penser à une loi spéciale».

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