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Petits pas de côté

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Contrairement au souhait de son prédécesseur, le ministre de l'Éducation, François Blais, ne forcera aucune fusion de commissions scolaires.

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(Québec) Les gouvernements n'aiment pas le mot recul. Non plus que l'expression «marche arrière». Mais peu importe les termes, un fait demeure : celui de Philippe Couillard compte quelques inflexions à son actif.
Contrairement au souhait de son prédécesseur, le ministre de l'Éducation, François Blais, ne forcera aucune fusion de commissions scolaires. Un réajustement salutaire, a-t-il laissé entendre cette semaine.

Les gouvernements se heurtent souvent au mur des réalités. Ou finissent par faire entrer dans leur grande équation un calcul lié à la pertinence ou à l'opportunité politique de tel ou tel geste.

La plupart du temps, les virages se négocient en douce.

Début septembre, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a fait part de son intention de hausser la TVQ et de baisser les impôts, comme le recommande le rapport du fiscaliste Luc Godbout.

Depuis, le premier ministre n'a eu de cesse de prendre ses distances de sa déclaration. Encore mercredi, Philippe Couillard s'est contenté de dire que son gouvernement baissera les impôts. Il s'est bien gardé d'évoquer une TVQ à 11 %, même à titre de simple hypothèse de travail.

Le pas de côté le plus subtil de ce gouvernement concerne la taxe santé. En campagne électorale, le Parti libéral du Québec avait promis de l'éliminer.

Or, qu'a-t-on appris lors du budget 2015-2016, présenté en mars? Que la «contribution santé» sera certes abolie, mais à très petits pas. Elle le sera pour 2,1 millions de contribuables à compter de janvier 2017. Mais elle ne sera éliminée pour tous les Québécois qu'en 2019-2020 - soit après les prochaines élections générales prévues en octobre 2018.

Cette taxe santé aura donné du fil à retordre à bien des responsables politiques. Alors qu'il était ministre des Finances, le péquiste Nicolas Marceau avait dû renoncer à l'éliminer pour l'année fiscale 2012. À défaut de l'abolir, comme promis, il l'avait modulée en fonction des revenus.

DES VISAGES

Le rapport présenté jeudi par la protectrice du citoyen fournira pendant quelque temps encore des munitions aux partis d'opposition.

Ils retiendront que Raymonde Saint-Germain a affirmé que les politiques d'austérité créent de plus en plus de difficultés à de plus en plus de citoyens - les plus vulnérables de la société, qui plus est.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec en feront leurs choux gras, oubliant qu'eux aussi tiennent à l'atteinte du déficit zéro dès cette année.

Le plusintéressant avec les rapports de ce genre est qu'ils obligent les partis, et singulièrement le gouvernement en place, à voir les choses du point de vue des citoyens. Un rapport comme celui-là met presque des visages sur des situations difficiles.

Mettre des visages sur des dossiers politiques... C'est souvent ce que cherchent à réaliser nos représentants. Jeudi, la solidaire Françoise David s'est présentée devant les médias en compagnie d'une citoyenne récemment évincée de son logement.

Ce jour marquait le début des consultations sur le projet de loi qu'elle a déposé au printemps et qui vise à éviter le plus possible l'éviction de personnes âgées et pauvres (ou handicapées) du logement qu'elles habitent.

Il est très rare - c'est presque une première - qu'une commission parlementaire soit convoquée pour éplucher un projet de loi d'un parti d'opposition. Les gouvernements les jettent aux oubliettes habituellement.

Ce projet législatif découle d'une idée lancée par Mme David lors du dernier débat télévisé des chefs, tout juste avant le scrutin général d'avril 2013. 

Mercredi, c'est le Parti québécois qui a invité des citoyens à l'Assemblée nationale.

Trois jeunes mères de l'association Parents jusqu'au bout! ont appelé à l'aide. Elles ont demandé que Québec les reconnaisse «comme familles d'accueil de leur propre enfant».

Si elle leur était offerte, cette possibilité leur donnerait notamment accès à des prestations financières plus importantes, à du répit, ainsi qu'à la gratuité des médicaments et du transport hospitalier.

UN TERRAIN DISPUTÉ

Avec la charte des valeurs de Bernard Drainville, le Parti québécois avait récupéré le délicat dossier des questions identitaires des mains de l'Action démocratique du Québec (ADQ). Aujourd'hui, la Coalition avenir Québec cherche à le lui reprendre. Elle y met de plus en plus de vigueur.

La caquiste Nathalie Roy fait flèche de tout bois dans ce dossier. Mardi, elle n'a pas donné sa place lors du passage d'Adil Charkaoui en commission parlementaire. Le lendemain, elle a présenté une motion appelant Ottawa à se doter d'une loi faisant en sorte que le serment de citoyenneté se déroule «à visage découvert». Jeudi, elle a ramené le sujet sur le tapis.

Le parti ayant succédé à l'ADQ a décidé d'avancer sans complexe sur ce terrain.

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