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Négos: juste avant Noël...

Aucun dirigeant syndical ne pourra jamais accepter les... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Aucun dirigeant syndical ne pourra jamais accepter les offres salariales présentées l'an dernier par le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux. Et ce dernier n'accédera jamais aux demandes du front commun à ce chapitre.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) «Les négos vont dans le mur», disait récemment Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec. On le sait, une loi spéciale décrétée par le gouvernement de Philippe Couillard pour les 591 000 salariés de l'État paraît plus que probable à l'heure actuelle.

Le scénario de 2005 trotte même dans quelques esprits. Que s'était-il passé il y a 10 ans? Une loi spéciale avait été adoptée par le gouvernement de Jean Charest tout juste avant la relâche de Noël.

Il n'y a pas meilleur moment que Noël pour «passer à autre chose» rapidement, estiment en général les gouvernements...

En décembre 2005, Québec avait décidé seul des salaires de ses employés. Les négociations sur cet aspect des choses avaient échoué.

Malgré tout, des syndicats représentant 335 000 des 500 000 syndiqués de l'époque s'étaient entendus avec le Conseil du trésor sur toute une série de clauses normatives - celles portant sur les paramètres du travail.

Cette perspective en tête, rien n'empêche de croire qu'un tel scénario pourrait se reproduire cette fois-ci.

Aucun dirigeant syndical ne pourra jamais accepter les offres salariales présentées l'an dernier par le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux. Et ce dernier n'accédera jamais aux demandes du front commun à ce chapitre.

Mais les parties vont tenter de s'entendre, parallèlement, sur le maximum possible de clauses normatives. Si elles y parviennent, elles seront insérées dans la loi spéciale - s'il devait y en avoir une, bien sûr.

Évidemment, aucune «négo» n'est comme une autre. Malgré les dénégations de M. Coiteux, il est encore possible que le gouvernement, lors de celle-ci, finisse par proposer un peu plus aux enseignants et aux infirmières. C'est du moins ce qui se chuchote. Si Québec avançait dans cette direction, l'unité syndicale serait fragilisée.

DES DÉPUTÉS BOSSEURS!

Ce sera jour de «rentrée parlementaire» mardi à l'Assemblée nationale. Ou, plutôt, le jour du retour de la période des questions.

C'est énorme et peu à la fois. Peu, car il n'y a en général pas plus de trois périodes des questions par semaine et que celles-ci durent chaque fois seulement 45 minutes. Énorme, car ces moments constituent la vitrine des débats parlementaires, celle à travers laquelle les acteurs s'agitent.

En réalité, la rentrée parlementaire a débuté à la mi-août au parlement québécois. Le 17 août, des députés ont commencé à décortiquer en commission parlementaire le controversé projet de loi sur la lutte contre les discours haineux et ceux incitant à la violence.

Notons au passage que l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin commentera lundi ce projet de législation de la ministre Stéphanie Vallée à cette même commission parlementaire.

Des libéraux s'inquiètent. C'est que Mme Houda-Pepin avait écorché la position de son parti en matière de laïcité avant d'être poussée vers la sortie en janvier 2014.

Le 18 août dernier, d'autres parlementaires québécois ont épluché le projet de loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme. Des dirigeants d'université ont aussi été entendus. Arrêtons la liste ici.

Nos députés ne sont pas à plaindre. Ils ne travaillent pas dans de petits commerces délabrés ou dans de grands parcs industriels presque abandonnés.

Mais ils travaillent plus qu'on le dit; plus que leurs homologues ontariens, par exemple.

C'est le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, qui le dit. Entre 2010 et 2014, les députés de l'Assemblée nationale du Québec ont siégé 5555 heures en commission parlementaire, selon une compilation qu'il a fait effectuer. En Ontario, les députés ont siégé 1113 heures, soit cinq fois moins.

Le retour de la période des questions permettra de constater que trois élus manquent à l'appel. Les libéraux Marguerite Blais et Gilles Ouimet, et le péquiste Marjolain Dufour, ont démissionné récemment.

Cela pour dire que pas moins de sept élections partielles auront été tenues depuis le scrutin général d'avril 2014 lorsque leurs successeurs auront été élus. C'est beaucoup.

Le retour de la période des questions s'effectuera sous de nouveaux auspices, puisque tout indique que les députés n'applaudiront plus à tout bout de champ.

La période des questions n'est «pas un salon de thé, mais l'hyper partisanerie ne rend service à personne», a dit le nouveau leader parlementaire du Parti québécois, Bernard Drainville.

À l'origine, l'idée est du péquiste Sylvain Pagé. Son collègue François Gendron l'a relancée il y a un mois lors d'une entrevue avec Le Soleil. Il s'étonne que la proposition ait percolé aussi rapidement.

Plusieurs idées du genre sont lancées depuis longtemps pour améliorer le fonctionnement de la période des questions. Elles révèlent le malaise que ressentent de nombreux élus quant au déroulement de cet exercice parlementaire. C'est sans doute ce qu'il faut retenir dans ce dossier.

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