L'incorruptible Donald Trump: le phénomène démystifié

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Jill Colvin
La Presse Canadienne
Norwood

Donald Trump fait des gaffes. Il insulte, exagère, est confus sur les affaires étrangères et dit même parfois des choses qui sont tout simplement fausses.

Et les applaudissements retentissent encore plus fort.

Alors qu'il n'aurait même pas dû survivre aux premiers mois de sa campagne, M. Trump mène la course à l'investiture républicaine en vue des présidentielles de 2016. Il semble que certains aspects de sa personnalité fassent échos chez les électeurs: il ne plie jamais, et sa fortune est gage d'intégrité, selon certains.

«C'est totalement rafraîchissant. Il n'est pas politiquement correct. Il a une colonne et il ne peut être acheté», a expliqué Leigh Ann Crouse, 55 ans, de Dubuque en Iowa.

«Ce pays a besoin d'un homme d'affaires comme lui pour nous remettre sur les rails, pour qu'on arrête d'être la risée du monde», a pour sa part affirmé Ken Brand, 56 ans, de Derry au New Hampshire.

L'Associated Press a récolté ce genre de réponses de dizaines d'électeurs interviewés au cours des deux dernières semaines, pour comprendre comment M. Trump parvient à défier les lois de la gravité politique.

Finalement, ce n'est pas que ses supporters ferment les yeux sur les défauts du candidat; c'est que ses défauts sont justement ce qui en fait le leader qu'ils attendent.

Soulager les frustrations

«Il attire des gens qui sont frustrés et, comme vous pouvez voir, nous sommes nombreux», a expliqué Mme Crouse, mettant le doigt sur une des forces de Donald Trump: il dit tout haut ce qu'ils pensent tout cas.

Sa position sur l'immigration illustre parfaitement cela. Il a traité les immigrants mexicains de criminels et proposé d'expulser les immigrants illégaux et de construire un mur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

«Aussi fou que ça puisse être, je pense qu'il aborde quelque chose qui doit être entendu», a affirmé Randy Thomas, un homme de Bedford au New Hampshire, âgé de 40 ans. «Je crois qu'il dit quelque chose dont tout le monde pense que ça doit être soulevé. Si vous êtes dans un État de droit, il faut respecter les lois.»

Le sondeur républicain Frank Luntz a compris qu'un tel soutien est emblématique de la popularité de Donald Trump.

«Il active la colère et la frustration des gens envers Washington et Wall Street», a-t-il résumé.

Il semble donc qu'il soulage tout simplement les frustrations de certains citoyens, notamment de ceux qui ont été déçus des républicains qui, selon eux, n'ont pas suffisamment tenu tête à l'administration démocrate du président Barack Obama.

Selon les électeurs interviewés par l'Associated Press, l'attrait du candidat réside aussi dans la croyance qu'il est un homme de décisions qui ne cède jamais et ne fait pas d'excuses. Même s'il le devrait parfois.

D'aucuns semblent convaincus que la force de sa personnalité peut renverser des décennies de déséquilibre international et que ses engagements, par exemple à pénaliser les biens importés, ramènera les emplois déplacés en Chine et stimulera l'économie ralentie par la récession.

«Nous sommes tellement faibles, nous ne sommes plus respectés», croit Jerry Welshoff, 56 ans.

«Nous ne pouvons pas négocier. J'aimerais voir Donald Trump s'asseoir avec (le président russe, Vladimir) Poutine, ou l'Iran ou le Mexique pour conclure une entente, parce que c'est ce qu'il a fait toute sa vie.»

Selon M. Welshoff, bien qu'il a pris le contrôle du Congrès en 2014, le Parti républicain a plié l'échine devant M. Obama.

«Peut-être qu'on a besoin d'un guerrier, plutôt que d'un politicien», a soulevé Duane Ernster, 57 ans.

La richesse, un gage de sincérité

Un homme aussi riche n'a pas besoin des autres. Il n'a pas besoin d'argent. Il a même promis de payer sa campagne de sa propre poche.

Pour les électeurs américains, c'est un gage de sincérité qui les met en confiance.

Un des opposants de M. Trump, Jeb Bush, était perçu comme le candidat favori lorsqu'il a lancé sa campagne, en raison de son habileté à attirer d'énormes montants d'argent.

«Souvenez-vous de ceci. Ils (les donateurs) ont le contrôle total de Jeb et Hillary (Rodham Clinton, la candidate à l'investiture démocrate), a déclaré M. Trump la semaine dernière. Je vais vous dire une chose. Personne ne met des millions de dollars sur moi. J'utilise mon propre argent.»

C'est un argument puissant.

«Je pense qu'il le fait pour les bonnes raisons», a exprimé une dame de 60 ans, Nancy Adam, près de Boston. «Ce n'est pas pour l'argent. Ce n'est pas pour le pouvoir politique. Il a déjà tout. Il n'a rien à perdre en faisant ceci.»

Bon nombre de ses supporters se laissent une porte ouverte et disent qu'il y a une chance qu'ils votent pour un autre candidat. Sa campagne n'est pas aussi sophistiquée que celles de certains de ses rivaux, qui ont plus d'expérience politique. Mais M. Trump ne se retirera pas, selon Frank Luntz.

Il y a très peu de choses que l'élite du parti, les journalistes ou ses rivaux peuvent faire pour le renverser, parce que ses supporters n'ont aucune confiance en ces groupes, croit-il.

«Je pense que la candidature Trump est là pour rester, et je pense que les républicains doivent trouver comment gérer cela.»

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