La CAQ revient à la question nationale

Entre le statu quo «déconcertant» de Philippe Couillard... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Entre le statu quo «déconcertant» de Philippe Couillard et l'indépendantisme «radical» et «unidimensionnel» de Pierre Karl Péladeau, la CAQ voit un «gros vide» qu'elle entend occuper : celui du nationalisme revendicateur. «C'est là que se retrouve la majorité des Québécois», calcule François Legault.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Scott) Après s'être éloigné autant que possible de la question nationale, François Legault y effectue un retour en force avec un plaidoyer pour une «nouvelle entente» avec le Canada qui serait soumise aux Québécois par référendum.

Depuis sa création, la Coalition avenir Québec (CAQ) martèle que les Québécois en ont assez d'entendre parler de Constitution. Son chef a toujours suggéré que la question soit mise sur la glace pendant une dizaine d'années, le temps de remettre le Québec sur la voie de la prospérité.

Mais la ferveur indépendantiste démontrée par le nouveau chef péquiste Pierre Karl Péladeau est venue changer la donne, soutient M. Legault. La polarisation des camps sur cet enjeu ne doit plus placer la CAQ sur la touche et favoriser une victoire éternelle des libéraux. «Il ne faut plus que M. Couillard puisse faire comme dans Chauveau et se promener en disant que la CAQ n'a pas de position constitutionnelle, qu'elle est sur la clôture et que peut-être qu'elle va s'associer à Pierre Karl Péladeau», a-t-il déclaré.

Un «vide» à combler

Entre le statu quo «déconcertant» de Philippe Couillard et l'indépendantisme «radical» et «unidimensionnel» de Pierre Karl Péladeau, la CAQ voit un «gros vide» qu'elle entend occuper : celui du nationalisme revendicateur. «C'est là que se retrouve la majorité des Québécois», calcule François Legault.

D'ici au prochain conseil général du parti, les 7 et 8 novembre, une plateforme détaillée de revendications à Ottawa pour renforcer la place du Québec à l'intérieur du Canada sera élaborée. Elle sera ensuite soumise aux militants.

En attendant, M. Legault profite de la présente campagne électorale pour interpeller les chefs des partis fédéraux avec une liste préliminaire de demandes pour le Québec : le rapatriement complet des pouvoirs en matière de langue et d'immigration, la «juste part» du Québec dans les transferts en santé, une limite au pouvoir fédéral de dépenser, une déclaration de revenus unique au Québec, des pouvoirs complets en matière d'évaluation environnementale pour les projets se situant au Québec.

Les revendications finales de la CAQ iront au-delà des conditions de l'Accord du lac Meech, assure M. Legault. Les négociations constitutionnelles des années 90 pour réintégrer le Québec «dans l'honneur et l'enthousiasme» à la fédération se sont soldées par un échec.

Si, d'aventure, les démarches caquistes devaient être couronnées de succès, la «nouvelle entente» devrait être plébiscitée par les Québécois dans un «référendum», indique le chef de la CAQ.

Les «plaques tectoniques» de la politique québécoise bougent, analyse M. Legault, qui prédit le déclin inéluctable du mouvement souverainiste. La vague orange de 2011 et la défaite péquiste de 2014, malgré un regain lié à la lune de miel de M. Péladeau, montrent bien que la cause indépendantiste a du plomb dans l'aile, selon lui.

«On a besoin d'un parti nationaliste.»

«Il y aura toujours des souverainistes au Québec, dit-il, mais ça ne sera pas suffisant pour former le gouvernement. Si on n'avait pas la CAQ, ce serait le PLQ au pouvoir pour toujours. On a besoin d'un parti nationaliste.»

M. Legault estime que l'éloignement de la dernière défaite référendaire apaise le climat politique au pays et rendrait le reste du Canada plus enclin à reparler de la place du Québec. Il se dit «optimiste».

Le chef caquiste ne craint pas d'essuyer un cinglant refus qui pourrait amener de l'eau au moulin de ceux qui jugent que la fédération n'est pas réformable et qu'il faut la quitter.

«Je pense que c'est plus réaliste de penser qu'on peut obtenir plus de pouvoir, soutient M. Legault. Un Québec plus autonome et plus fort, que d'arriver au pays imaginaire.»

Les députés caquistes se sont réunis pendant deux jours à Scott, en Chaudière-Appalaches, pour préparer la session parlementaire à venir. Mardi, la CAQ a fait savoir qu'elle entend revenir «aux sources» et mettre l'éducation au coeur de son travail parlementaire cet automne. Le chef Legault a pris soin de réitérer qu'il serait aux commandes du parti pour encore de «nombreuses années», au-delà de la campagne électorale de 2008.

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