Contrat accordé par Marois: Payette «estomaquée» par les réactions

L'ancienne candidate péquiste Dominique Payette s'explique mal l'indignation... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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L'ancienne candidate péquiste Dominique Payette s'explique mal l'indignation qu'a soulevée le contrat de recherche de 24 500 $ qui lui a été octroyé par l'ex-première ministre Pauline Marois.

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(Québec) La professeure Dominique Payette se dit estomaquée de la volée de bois vert reçue par la tête parce que l'ex-première ministre québécoise Pauline Marois lui a octroyé un contrat de recherche de 24 500 $: «Il y a eu pas mal de conneries qui ont été écrites et dites!» balance-t-elle en entrevue avec Le Soleil.

Souvenez-vous, fin mai, on apprend que Mme Marois dispose, comme tous les anciens chefs du gouvernement québécois, d'un budget discrétionnaire et de divers avantages, dont un garde du corps et un bureau. La nouvelle retraitée de la politique a ainsi utilisé une part de son allocation annuelle de 200000 $ pour commander une étude sur les médias de la capitale. Le mandat a été confié à Dominique Payette, universitaire et candidate péquiste défaite.

La faune médiatique s'est enflammée. Des commentateurs ont vivement critiqué : «Pauline Marois a utilisé l'argent des contribuables pour graisser son amie»; «Rapport écrit d'avance»; «Plutôt humiliant ce contrat [...]. Ça ressemble à un prix de consolation»; «Mme Payette n'a aucune crédibilité pour mener pareille étude, à même des fonds publics en plus»; «Une autre gâterie clandestine de la classe politique»...

Puis la faune politique a surfé sur la vague. François Legault, de la Coalition avenir Québec, a notamment dénoncé les privilèges des anciens premiers ministres, du libéral Jean Charest et de la péquiste Pauline Marois entre autres.

Et le dernier admis au club sélect des chefs du gouvernement du Québec, Philippe Couillard, de promettre de revoir le tout rapidement.

«Hallucinant»

Revenue au Québec après un séjour dans les DOM-TOM, Dominique Payette réplique. «C'est hallucinant, cette crise! Il y a toute une partie de cette crise qui est liée au fait qu'il y avait du monde qui apprenait que les anciens premiers ministres disposaient d'un fonds discrétionnaire.»

«[J'ai été] assez surprise de voir la réaction parce que, il me semble que, pour une ancienne première ministre, de financer une recherche universitaire, c'est plutôt honorable. [...] Et je suis plutôt qualifiée pour faire ce genre de recherche», poursuit-elle. «Ce n'est pas comme si [Pauline Marois] avait pris un billet d'avion en première classe pour faire le tour du monde. Mais il y a un climat, un peu...»

Qu'est-ce qui vous a tant choqué? «Ce n'est pas un salaire qui m'a été versé, c'est un fonds de recherche. Donc, je justifie chacune des dépenses à l'intérieur de ce montant-là.»

Autre chose? «Ce n'était pas un secret [ce contrat]. J'en ai parlé à partir du mois de janvier. Ça fait partie de ma charge de travail à l'Université [Laval]. Ce n'est tellement pas un secret que j'ai embauché un auxiliaire de recherche dès le mois de février.»

Le moment de la publication de l'article révélant l'octroi du budget de recherche dans le Journal de Québec l'a également troublée : «J'étais aussi déçue du fait que tout ça est sorti alors que je venais de partir pour l'étranger. Et je ne voyais pas l'urgence nationale qu'il y avait à sortir ça.»

Le rapport publié à l'automne

Le portrait des médias de la capitale commandé par l'ex-première ministre Pauline Marois ne sera pas publié avant l'automne.

«Je pensais me rendre seulement à la mi-août, mais je vais probablement prolonger un petit peu ce travail-là», annonce la professeure de l'Université Laval qui a reçu le mandat, la candidate péquiste défaite dans Charlesbourg, Dominique Payette. Les vacances estivales dans les rédactions et le congé prévu de Pauline Marois en septembre repoussent l'échéance.

Déjà, on sait que Mme Payette est troublée par l'avenir des médias, particulièrement à Québec. «Je suis très inquiète pour l'information en général au Québec. À Québec aussi.»

«C'est clair qu'il y a de moins en moins d'information de qualité. Et la forte concurrence que vous subissez, elle tire tout le monde par en bas; elle ne tire pas tout le monde par en haut.

Un constat que partageraient les scribes. «Les journalistes sont les premiers inquiets, sauf qu'ils s'expriment peu», déplore l'universitaire. «Je suis obligée de garantir l'anonymat dans beaucoup de cas. Je pense qu'il y a vraiment un drôle de petit régime qui prévaut à Québec.»

En 2010, Dominique Payette avait remis un premier rapport sur l'avenir de l'information au Québec. La commande émanait cette fois du gouvernement libéral de Jean Charest. Le nouveau contrat confié par Pauline Marois lui permettra de faire le point cinq ans plus tard, dit-elle. «C'est un peu un suivi.»

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