J. Michel Doyon choisi lieutenant-gouverneur du Québec sans avoir postulé

Michel Doyon, le nouveau lieutenant-gouverneur du Québec... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Michel Doyon, le nouveau lieutenant-gouverneur du Québec

Le Soleil, Erick Labbé

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) C'est sans avoir officiellement postulé pour le poste de lieutenant-gouverneur du Québec que l'avocat de Québec J. Michel Doyon a été choisi par le premier ministre du Canada Stephen Harper pour occuper ces fonctions lorsque Pierre Duchesne quittera son poste.

«Je savais que M. Harper avait formé un comité pour désigner le prochain lieutenant-gouverneur, mais sans plus. C'est un confrère avocat de Montréal qui m'a contacté il y a trois semaines à ce sujet», a expliqué au Soleil Me Doyon, questionné à propos de la façon dont il avait été choisi.

Le confrère en question l'a d'abord félicité pour un livre qu'il avait écrit, puis lui a demandé s'il lui permettait de proposer son nom comme prochain lieutenant-gouverneur. «J'ai accepté qu'il propose mon nom, mais quand j'ai reçu des documents où on me demandait pourquoi je voulais devenir lieutenant-gouverneur, je n'ai pas voulu les remplir. J'ai rappelé mon confrère et je lui ai dit que je serais heureux et honoré si on m'offrait cette fonction, mais que je ne souhaitais pas postuler pour l'occuper», a-t-il résumé.

Son curriculum vitae a tout de même été remis au premier ministre et d'autres personnes auraient également soumis son nom pour occuper le poste de représentant de la reine au Québec. Il avoue ensuite tout ignorer du processus qui a suivi son cours et débouché sur l'annonce de sa nomination mardi.

«On ne nous dit pas pourquoi on nous a choisi, ni les étapes qui ont mené au choix, ni le nombre de candidatures qui ont été présentées», assure Me Doyon, qui a reçu mardi un appel lui disant que le premier ministre souhaitait le rencontrer à Ottawa.

L'avocat de 72 ans ignorait alors si cette rencontre était une entrevue, une occasion de lui dire que sa candidature avait été rejetée ou alors de lui annoncer qu'il avait été choisi. «On ne m'a pas dit dans quel but M. Harper voulait me rencontrer. Je suis monté à Ottawa seul avec ma voiture!» raconte l'avocat, qui rencontrait Stephen Harper pour la première fois.

C'est de la bouche du premier ministre que J. Michel Doyon a appris sa nomination. «On m'a ensuite demandé si je souhaitais annoncer la nouvelle à mon épouse et je lui ai téléphoné immédiatement», indique celui qui a également contacté ses associés au cabinet Gagné Letarte de Québec.

Me Doyon a appris la même journée qu'il allait aussi rencontrer le gouverneur général du Canada, David Johnston. «J'ai quitté Ottawa vers 16h et je suis rentré tranquillement à Québec avec ma voiture», poursuit-il, ajoutant qu'il s'était arrêté pour prendre un repas au restaurant. Aucune date n'a encore été déterminée pour son entrée en fonction, une décision qui sera prise par le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

«D'ici-là, par respect pour le lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne, je préfère ne pas me prononcer sur la fonction, car je ne souhaite pas être sur la sellette alors que je ne suis pas encore en poste. Je trouve que ce devoir de réserve est très important», conclut-il.

Maintenant loin de la politique

Tout juste désigné par le premier ministre Stephen Harper pour devenir le prochain lieutenant-gouverneur du Québec, l'avocat J. Michel Doyon avoue qu'il s'est tenu loin de la politique au cours des 30 dernières années.

«Ça fait longtemps que je ne fais plus de politique. J'en ai fait dans les années 70 et 80, mais plus depuis ce temps-là», mentionne-t-il en évoquant l'époque où Robert Stanfield et Joe Clark avaient dirigé le Parti progressiste-conservateur. «J'ai aussi aidé un peu Brian [Mulroney] dans les années 80», ajoute-t-il.

Ce sont des travaux réalisés durant ses études qui avaient amené le parti, qui était alors l'opposition officielle à Ottawa, à s'intéresser à lui. «J'avais fait ma thèse de doctorat en histoire sur le Parti conservateur de 1938 à 1948, notamment l'époque d'Arthur Meighen et comment le parti était devenu le Parti progressiste-conservateur. C'est à cause de ça que le parti m'avait demandé de m'impliquer», poursuit Me Doyon.

Doctorat en philosophie

L'homme avoue d'ailleurs avoir toujours adoré étudier et apprendre. En 1979, il avait même terminé des études de doctorat en philosophie à l'Université Laval, sans toutefois présenter de thèse.

«J'avais soumis un projet de thèse où je souhaitais parler du droit, de la loi et de l'équité, et de comment ces concepts avaient évolué depuis Aristote jusqu'aux grands penseurs contemporains. Les autorités universitaires auraient cependant voulu que je restreigne mes recherches dans le temps plutôt que de couvrir plusieurs siècles, mais je n'étais pas vraiment intéressé», résume-t-il.

«Je m'étais inscrit en philosophie d'abord et avant tout pour le plaisir d'apprendre. J'ai toujours aimé les études, car j'ai toujours cru qu'on avait toujours quelque chose à apprendre, même des gens les plus humbles. Ce désir d'apprendre, de la connaissance, a toujours été présent», conclut J. Michel Doyon.

Mystérieuse initiale

J. Michel Doyon l'avoue, il se fait souvent demander ce que signifie l'initiale «J.» devant son nom.

«C'est simple. Moi, j'avais seulement deux prénoms : Michel et Joseph, que tous les garçons canadiens-français portaient à l'époque. Au début de ma carrière, il y avait un autre Michel Doyon qui était avocat à Montréal et je recevais parfois des chèques qui lui étaient destinés. Puis, un autre avocat appelé Michel Doyon s'est mis à pratiquer à Québec et je recevais aussi des appels qui lui étaient destinés. C'est pour éviter cette confusion que je me suis rendu au registraire de l'état civil pour faire ajouter le "J." devant mon nom», explique-t-il, avouant toutefois que son épouse n'avait jamais aimé cet ajout.

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