Souveraineté du Québec: Mulcair défend sa position

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«Je n'ai pas laissé tomber la majorité des Québécois, contrairement aux libéraux», a dit le chef néo-démocrate Thomas Mulcair.

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Joan Bryden
La Presse Canadienne
Ottawa

Thomas Mulcair s'est retrouvé sur la défensive, lundi, à l'égard de la politique de son parti sur la souveraineté du Québec, alors qu'il amorçait une tournée préélectorale de huit jours en Ontario.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a défendu sa position sur le fait qu'une majorité simple de 50 % plus un serait suffisante pour déclencher des négociations sur l'indépendance du Québec avec le gouvernement fédéral.

Et M. Mulcair s'en est pris aux libéraux, qui ont été les critiques les plus farouches de l'approche du NPD, en les accusant d'avoir «laissé tomber» la majorité des Québécois et de vouloir alimenter les vieilles disputes.

«Je n'ai pas laissé tomber la majorité des Québécois, contrairement aux libéraux», a dit le chef néo-démocrate au lancement de sa tournée à Toronto, qu'il a qualifiée de «plus importante ville au pays».

Le NPD a promis d'abroger la loi sur la clarté, présentée par le gouvernement libéral de Jean Chrétien dans la foulée de la mince victoire du Non au référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec.

S'inspirant d'un avis de la Cour suprême du Canada, la loi sur la clarté - intitulée Loi donnant effet à l'exigence de clarté formulée par la Cour suprême du Canada dans son avis sur le Renvoi sur la sécession du Québec - détermine la nécessité d'une majorité claire lors d'un vote sur une question claire sur la sécession pour que le gouvernement fédéral accepte de négocier un divorce avec le Québec.

M. Mulcair a critiqué la loi pour son absence d'un seuil précis de voix nécessaires au déclenchement de négociations sur la souveraineté.

«[Les libéraux] estiment qu'ils ont besoin d'un stratagème, une sorte de jeu politique pour dire: "Nous ne vous dirons pas quel est le chiffre, mais ce sera n'importe quel que vous obtenez, en plus d'un paquet d'autres". Ce n'est pas sérieux», a dit le chef néo-démocrate en réponse à des questions des médias.

M. Mulcair a souligné que la «mère de tous les Parlements», l'assemblée au Royaume-Uni, avait accepté la majorité simple comme seuil devant être atteint lors du récent référendum sur l'indépendance de l'Écosse.

«Les gens doivent comprendre que oui veut dire oui. Oui ne peut pas signifier "Bon, peut-être que nous voulons une meilleure entente"», a-t-il illustré.

La majorité de 50 % plus un fait partie de la Déclaration de Sherbrooke du NPD, un document de politiques qui élabore l'approche du parti à l'égard du Québec et qui est crédité en partie pour la vague orange ayant déferlé sur la province lors des élections fédérales de 2011.

M. Mulcair a souligné qu'il était le seul chef fédéral à avoir fait campagne activement contre la séparation du Québec lors de deux référendums.

Le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, a répliqué qu'il ne s'agissait pas pour quiconque de «jouer un jeu» politique, rappelant que la loi sur la clarté se basait sur une décision historique de la Cour suprême du Canada en 2000.

Le plus haut tribunal a affirmé que la question à un référendum ainsi que le résultat devaient être «sans ambiguïté» pour que le gouvernement fédéral se trouve dans l'obligation de négocier une séparation. La Cour suprême n'a pas spécifié un seuil, mais a indiqué plus d'une fois qu'il faudrait davantage qu'une majorité simple.

«M. Mulcair se montre en désaccord avec la Cour suprême sur quelque chose d'aussi fondamental que l'unité du pays», a dit M. Trudeau, parlant d'une position «étonnante et très inquiétante».

«C'est encore plus important que n'importe quel combat que [le premier ministre] Stephen Harper a entrepris contre la Cour suprême. Il s'agit de savoir ce qu'il faudrait pour que le Canada continue d'exister ou qu'il soit brisé», a poursuivi le chef libéral.

Le chef du NPD a commencé une visite de huit jours en Ontario visant à présenter son équipe et ses politiques et à démontrer que son parti est sur une lancée.

L'Ontario compte plus du tiers des 338 sièges qui seront disponibles le 19 octobre, jour des prochaines élections fédérales.

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