Cotler quitte le Parlement canadien sans abandonner les prisonniers politiques

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La limitation des débats au Parlement, le mépris affiché envers les cours de justice et la Charte canadienne des droits et libertés ainsi que la politisation de la lutte au terrorisme figurent parmi l'héritage conservateur pointé du doigt par le député sortant de Mont-Royal.

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
Ottawa

Un mois après les attentats du 11 septembre 2001, le parti libéral du Canada, qui dirigeait le gouvernement, proposa la première loi antiterroriste de l'histoire du pays. Un simple député s'est alors levé pour s'y opposer, et proposer dix changements destinés à l'améliorer et à la rendre plus démocratique.

Ce député se nommait Irwin Cotler. Il était également avocat, professeur de droit et un défenseur des droits humains reconnu à travers le monde. Il avait été élu dans la circonscription montréalaise de Mont-Royal à la faveur d'une partielle en 1999.

Ses suggestions avaient fait sourciller en Chambre le ministre des Affaires étrangères John Manley, mais sept d'entre elles ont finalement été inclues dans la loi. Et deux ans plus tard, le député Cotler fit son entrée au cabinet à titre de ministre de la Justice.

La session parlementaire qui vient de se terminer à Ottawa était la dernière d'Irwin Cotler, qui a décidé de ne pas défendre son siège aux élections d'octobre prochain, après 16 ans de vie parlementaire.

Il demeure loyal à son parti et estime que seule cette formation peut ramener une certaine courtoisie dans la chambre des Communes, où les discours sont pour l'instant plutôt acerbes et criards. Sauf que comme plusieurs élus, M. Cotler déplore l'incapacité des élus fédéraux de mettre de côté la politique partisane pour tenter de servir le bien commun.

La limitation des débats au Parlement, le mépris affiché envers les cours de justice et la Charte canadienne des droits et libertés ainsi que la politisation de la lutte au terrorisme figurent parmi l'héritage conservateur pointé du doigt par le député sortant de Mont-Royal.

Le libéral de 75 ans est l'un des quelque 60 députés qui quittent la politique fédérale cette année, mais son départ laissera un vide bien particulier, car il a été l'un des principales voix des prisonniers politiques emprisonnés à l'étranger. Déjà, avant son arrivée à Ottawa, il avait entre autres travaillé pour la libération de Nelson Mandela.

Le 17 juin dernier, M. Cotler est une fois de plus intervenu aux Communes au nom de quatre prisonniers politiques, soit le blogueur saoudien Raïf Badawi, le chef démocrate vénézuélien Leopoldo Lopez, le militant mauritanien contre l'esclavagisme Biram Dah Abeid et l'ayatollah Boroujerdi, un militant iranien pour la liberté de religion.

«Chacun de ces prisonniers politiques représente un exemple flagrant de criminalisation de droits fondamentaux, de privation de liberté et de torture en cours de détention, a expliqué le député. Chacun de ces cas met en lumière un régime oppresseur qui manque constamment à ses obligations internationales, y compris à l'égard des Canadiens.»

«Leur cause est la nôtre, et nous ne baisserons jamais les bras tant qu'ils n'auront pas recouvré leur liberté», a-t-il conclu.

C'est qu'une fois sa carrière politique derrière lui, M. Cotler a l'intention de poursuivre son travail de plaidoyer pour la libération des prisonniers politiques. Il désire entre autres mettre sur pied le Centre pour la justice internationale Raoul Wallenberg, du nom du diplomate suédois et citoyen d'honneur du Canada qui a sauvé des dizaines de milliers de juifs hongrois durant la Seconde Guerre mondiale.

«Le travail avec les prisonniers politiques est l'une des choses les plus inspirantes que j'ai fait avant même d'arriver au Parlement, et aussi depuis que j'y siège, a résumé Irwin Cotler. Les cas et les causes auxquels j'ai été associé ne disparaîtront pas. Je vais continuer sur ma lancée.»

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