Michel Rivard à la défense du Sénat

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«On a une grosse côte devant nous à monter pour expliquer, justifier le rôle du Sénat», estime le sénateur Michel Rivard.

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(Québec) «La dernière année a été infernale, voire même les trois dernières.» Mais pour le sénateur conservateur de Québec Michel Rivard, le Sénat a toujours sa raison d'être. Il concède cependant qu'il faudra travailler fort pour regagner la confiance de la population. M. Rivard, en fonction depuis 2009, a accepté de répondre aux questions du Soleil.

Q Que pensez-vous des scandales qui ont frappé le Sénat au cours des dernières années?

R Depuis que nous avons demandé l'enquête, la situation est plus difficile. Cette semaine [avec le cas de Don Meredith], cela a été le crémage sur le gâteau. Ce que je trouve dommage, c'est que nous avons tendance à généraliser. Ce sont des cas individuels. Dans le rapport du vérificateur général du Canada, sur les 116 sénateurs et anciens sénateurs dont les dépenses ont été examinées, 30 avaient engagé des dépenses non conformes. Beaucoup d'entre eux ont déjà réglé la situation. C'était des erreurs. Neuf cas ont été transférés à la Gendarmerie royale du Canada [GRC]. Ce n'était pas nécessairement des gestes criminels. C'est certain que la situation actuelle n'est pas idéale. Cela devrait se résorber après les prochaines élections.

Q Devrait-on resserrer les règlements en ce qui a trait aux sénateurs?

R Depuis trois ans, beaucoup de clarifications ont été faites. Le rapport du vérificateur général [Michael Ferguson] a permis d'éclaircir les règles. Nous allons actuellement vers la bonne direction. Toutefois, il y a beaucoup à faire pour regagner la confiance du public. Il va falloir plus que deux ou trois ans. En mon sens, le Sénat va continuer d'opérer, mais on va être plus sévère pour s'assurer que les règles sont respectées. Avec le stress que tous les sénateurs ont vécu dernièrement, je pense que les gens vont faire attention. Même si on est de bonne foi, une erreur peut arriver... On a une grosse côte devant nous à monter pour expliquer, justifier le rôle du Sénat, et ce n'est pas impossible qu'on réussisse à le faire, mais cela ne se fera pas avec un coup de baguette magique.

Q Que pensez-vous du cas du sénateur Don Meredith, qui est soupçonné d'avoir eu des relations intimes avec une adolescente de 16 ans? 

R Meredith, c'est une affaire personnelle. Le président du Sénat, à la lumière des choses qu'il a attendues, a exclu M. Meredith du caucus conservateur. Certains ont suggéré qu'il démissionne. Moi, j'attends de voir ce que la GRC va faire. Si des accusations de harcèlement vont être déposées... Quelqu'un est innocent jusqu'au moment qu'on prouve qu'il est coupable. Toutefois, l'accusation est très grave.

Q Comme sénateur, comment avez-vous vécu les scandales qui ont frappé le Sénat?

R Il y a deux ans, lorsque les scandales sont sortis avec Patrick Brazeau, Pamela Wallin et Mike Duffy, j'ai passé l'été à rencontrer des gens qui me demandaient si j'avais quelque chose à me reprocher. Le monde que je connaissais me disait : «Michel, j'espère que tu n'as rien à te reprocher.» Je leur disais non. Le vérificateur m'a donné raison. Je ne suis pas gêné d'être sénateur.

Q Un sondage CROP réalisé par La Presse a révélé la semaine dernière que 66 % des Québécois croient qu'il est temps d'abolir le Sénat. Qu'en pensez-vous? 

R Ça me fait penser à une course à la chefferie pour un parti. Le lendemain, on dit que s'il y avait des élections, 70 % des gens voteraient pour lui. Le lendemain du congrès de Justin Trudeau [chef du Parti libéral du Canada], il était le sauveur, il marchait sur les eaux. J'exagère là, mais aujourd'hui, il est troisième au Québec. La nouvelle arrive et si on questionne les gens le lendemain, ce n'est pas nécessairement la réalité. 

Q Selon vous, le Sénat a-t-il encore sa place?

R Oui. Les gens ne comprennent pas le rôle du Sénat, que deux personnes sur trois veulent son abolition, ce n'est pas surprenant. Le rôle du Sénat est de revoir tous les projets de loi que la Chambre des communes passe. Nous avons plus de temps que la Chambre des communes pour recevoir des spécialistes qui sont impliqués dans un projet de loi. Si le Sénat est aboli, cela peut marcher quand même, mais combien de lois sont acceptées à toute vitesse? Il faut quelqu'un pour les évaluer.

Q L'atmosphère est-elle lourde au Sénat depuis la sortie du rapport du vérificateur général?

R Non, les gens se sentent plus soulagés. Ils se disent : «Enfin, on connaît le résultat!» Ce qui a gâté la situation cette semaine, c'est l'affaire Meredith. Cela nous a gênés de voir qu'un collègue qui est un pasteur fait face à des allégations de la sorte.

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