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Le président de l'Assemblée nationale Jacques Chagnon a refusé... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le président de l'Assemblée nationale Jacques Chagnon a refusé de commenter l'initiative des quatre députés.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Ils sont quatre. Quatre députés. Un libéral, un péquiste, un caquiste et une solidaire. Ils ont tissé une alliance discrète.

C'est qu'ils en ont assez du chahut à l'Assemblée nationale. Ils viennent d'écrire au président de l'institution, Jacques Chagnon, dans l'espoir que celle-ci se dote des «moyens de maintenir des débats respectueux». Vaste programme!

Sollicité par Le Soleil cette semaine, M. Chagnon a refusé de commenter leur initiative. Il n'accorde pas d'entrevue.

Ces députés sont le libéral Gilles Ouimet, le péquiste Sylvain Pagé, le caquiste Benoît Charette et la solidaire Françoise David. Ce sont des élus réformistes - au sens propre du terme.

La vie politique les navre souvent. La vie parlementaire aussi. Ils veulent que la notion de respect retrouve ses droits dans l'auguste enceinte. Est-ce possible?

Leur démarche auprès du président de l'Assemblée nationale est inusitée. Ce que l'on peut en comprendre, c'est qu'ils espèrent l'ouverture d'un chantier de rénovation politique et démocratique au Québec. Ce n'est pas écrit comme tel dans leur lettre, mais ils cherchent à ouvrir une porte, celle du rétablissement du respect, pour aller plus loin.

Si le président de l'Assemblée nationale ne s'empare pas du témoin qu'ils lui tendent, les idées de toutes sortes continueront de s'empiler les unes par-dessus les autres sans qu'il soit possible de distinguer les bonnes des mauvaises, les porteuses des pernicieuses, les réalisables des irréalisables.

Le libéral Gilles Ouimet, le péquiste Sylvain Pagé, le caquiste Benoit Charette et la solidaire Françoise David... Les trois derniers ont déjà, à des moments différents, proposé des pistes de réformes.

À TOUS LES VENTS

«Les propositions techniques pour changer la politique, c'est très bien. Mais si l'on veut vraiment en finir avec la politique-poubelle, c'est surtout sur l'attitude et les comportements qu'il faut travailler.»

C'est ce que disait déjà le péquiste Sylvain Pagé en janvier 2012. Il estimait que 90 % des éléments que les citoyens aimeraient voir être améliorés en politique relèvent du respect et de la courtoisie. «On aura beau avoir des élections à date fixe et modifier le financement des partis politiques, si le comportement des politiciens ne change pas à l'Assemblée nationale, on n'aura qu'ajouté au cynisme. Les citoyens en ont assez de nous voir nous tirer des roches à la période des questions.»

En septembre 2011, M. Pagé y était tout de même allé de propositions concrètes. Il avait suggéré la mise en place d'«assemblées de circonscription», des assemblées lors desquelles les députés rendraient des comptes à leurs concitoyens - une idée reprise par son collègue Alexandre Cloutier durant la course à la direction du Parti québécois.

Il avait aussi plaidé en faveur de l'instauration d'une «période de questions citoyennes» quotidienne de 15 minutes (par vidéoconférence ou à l'Assemblée nationale pour ceux pouvant s'y déplacer).

Encore plus audacieux : pour en finir avec le face-à-face à l'Assemblée nationale, face-à-face qui favorise les confrontations, il avait songé à une disposition des fauteuils en hémicycle.

Faisons un bond dans le temps et revenons à avril dernier. Ce printemps, le caquiste Benoît Charette a soumis une série de mesures visant aussi une réforme de nos institutions démocratiques.

Un élu de l'Assemblée nationale «ayant été reconnu coupable d'une faute grave ou d'avoir manqué de façon claire à ses engagements» devrait par exemple pouvoir être révoqué, selon lui.

M. Charette croit par ailleurs qu'une commission parlementaire devrait entendre les initiateurs de toute pétition recueillant plus de 10 000 signatures. Ou encore que la diffusion de sondages sur les intentions de vote devrait être interdite une semaine avant une élection. D'autres élus de l'Assemblée nationale pensent la même chose.

Depuis avril, la Coalition avenir Québec se dit d'accord avec le parti de Françoise David sur l'adoption d'un mode de scrutin «proportionnel mixte». Québec solidaire réclame un tel mode de scrutin depuis sa fondation. Il insufflerait davantage de représentativité à l'Assemblée nationale, dit-on.

Plusieurs des propositions présentées ces derniers mois et ces dernières années se recoupent. Elles recueillent des appuis un peu partout dans les partis. D'autres, non.

Problème : elles sont lancées en ordre dispersé. Surtout, personne ne se sent la responsabilité de les recueillir. C'est un peu pour cela que ces quatre députés viennent d'interpeller le président de l'Assemblée nationale; pour qu'elles cessent d'être lancées à tous les vents.

Une suggestion pour M. Chagnon : pourquoi ne pas instituer une commission parlementaire permanente qui serait chargée de se pencher sur des propositions de rénovation démocratique? Ça ne coûterait rien.

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