Couillard fait connaître le Québec à un candidat présidentiel potentiel

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Le premier ministre est l'hôte du sommet de la Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent, un forum qui vise notamment à protéger la plus grande source d'eau douce au monde et à améliorer les échanges économiques.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le premier ministre Philippe Couillard a fait connaître, samedi, le Québec à un candidat pressenti à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle américaine de 2016.

Il a eu un entretien avec le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, en marge du sommet de la Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent, qui se tient à Québec en fin de semaine.

L'objectif était de l'initier au Québec - c'était son premier séjour ici - afin de lui donner le goût de revenir. M. Couillard ne s'en cache pas: cet échange n'était pas tout à fait désintéressé, car il songe à l'avenir politique.

«J'ai pris l'essentiel du temps avec lui pour lui parler du Québec, lui décrire un peu sa population, ses ressources naturelles, ses avantages concurrentiels, l'hydro-électricité, l'aéronautique, tous les points d'excellence que nous connaissons. (...) Lorsqu'il y aura des débats pour la présidentielle, et s'il devient un jour président des États-Unis, il aura déjà eu une conversation, cela va sonner une cloche (sic), il se souviendra de ce qu'est le Québec.»

Et la réaction de M. Walker a été positive, si on en croit le premier ministre. «Il s'est montré très, très intéressé à en savoir plus», a-t-il dit.

Au cours de l'entretien de 20 minutes, M. Couillard a fait la promotion de l'hydro-électricité comme source d'énergie renouvelable et comme «potentiel de collaboration». Il a aussi défendu l'ouverture des marchés, notamment dans le domaine de la forêt, en raison de l'importance des échanges avec le Midwest.

M. Walker lui a donné ses impressions sur sa campagne à l'investiture républicaine, toutefois, «il s'agit d'une conversation privée», s'est borné à affirmer le premier ministre.

M. Couillard a pris soin de préciser qu'il n'avait pas échangé avec lui sur les politiques intérieures. «Je n'ai pas voulu faire de questions relatives à son orientation politique», a-t-il dit.

Le premier ministre a reconnu que sur les changements climatiques, les républicains se montrent peut-être moins ouverts, mais que sur la question de l'ouverture des marchés, ils sont des alliés.

M. Walker est une personnalité controversée en raison de sa feuille de route. Il a mené une lutte acharnée contre les syndicats et a réduit la fonction publique de son État. Il a aussi survécu à une procédure de destitution.

L'un des plus récents sondages ne le donne pas favori parmi les nombreux candidats pressentis à l'investiture républicaine, mais il s'en sort avec 10 pour cent des intentions de vote. Il est cependant le favori des frères Koch, de riches hommes d'affaires qui financent abondamment les républicains.

Plus tôt samedi matin, Philippe Couillard a vanté «l'ambitieuse diplomatie climatique» du Québec à tous les chefs de gouvernement du bassin des Grands Lacs.

Le premier ministre est l'hôte du sommet de la Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent, un forum qui vise notamment à protéger la plus grande source d'eau douce au monde et à améliorer les échanges économiques.

Cette organisation regroupe huit États américains, en plus de l'Ontario et du Québec. Elle se réunit pour la première fois à Québec, au Château Frontenac.

Dans un bref discours de sept minutes, M. Couillard a fait valoir le rôle de meneur du Québec en matière d'environnement, avant de laisser ses invités et de filer en vitesse pour se rendre à Montréal, au congrès du Parti libéral du Québec.

Il a illustré l'influence du Québec dans le domaine de lutte à la pollution atmosphérique en évoquant la Bourse du carbone, ce système de vente aux enchères d'émissions de gaz à effet de serre mis sur pied avec la Californie, auquel s'est aussi joint l'Ontario.

«Nous voulons demeurer avec nos partenaires un leader parmi les États fédérés dans la lutte aux changements climatiques, par notre bilan, nos objectifs de réduction et, je dois le dire, notre ambitieuse diplomatie climatique, si je peux utiliser ce terme.»

Le premier ministre a reconnu que chaque État doit avancer à son propre rythme dans ses efforts environnementaux, mais a ajouté qu'il y a une obligation de résultat.

«Il importe d'agir, c'est ce que nos populations et nos enfants attendent de nous», a-t-il lancé.

Plus tard en matinée, la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a livré un vibrant plaidoyer en faveur de la protection de l'environnement et d'une croissance économique responsable.

«Une croissance qui détériore nos terres, notre air et notre eau est une sorte de fausse croissance, a-t-elle dit dans sa présentation. Elle va empirer les conditions de vie de nos populations. (...) Notre conception selon laquelle une bonne politique environnementale est une bonne politique économique est à la base de notre partenariat.»

Mme Wynne a cité en exemple l'industrie de la technologie des eaux en Ontario, un secteur qui compte 900 entreprises, 300 entreprises de capital de risques, et 22 000 employés.

Elle a aussi insisté sur l'importance du partenariat des États riverains pour solutionner les problèmes environnementaux des Grands Lacs.

Les études scientifiques les plus récentes démontrent que les Grands Lacs sont de nouveau «menacés» et les États membres devront faire preuve d'un «nouveau leadership», avait rappelé Mme Wynne la veille.

Parmi les menaces, il y a les espèces aquatiques exotiques envahissantes, les algues, ainsi que les variations des niveaux d'eau induites par les changements climatiques.

La Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent regroupe le Québec, l'Ontario, l'Illinois, l'Indiana, le Michigan, le Minnesota, l'État de New York, l'Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin. L'organisme a été fondé en 1983.

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