Décodage

Chauveau: aussi un exploit statistique!

Sur les 92 élections partielles tenues depuis 1973,... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

Sur les 92 élections partielles tenues depuis 1973, il est arrivé à cinq reprises seulement - et en comptant la partielle de Chauveau, remportée par Véronyque Tremblay (photo) - qu'un gouvernement en place arrache une circonscription à un parti d'opposition.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les élections partielles sont souvent difficiles pour les gouvernements en place. C'est vrai partout en Occident, comme au Québec.

Soit que les équipes gouvernementales les perdent au profit d'un parti d'opposition; soit, au mieux, qu'elles conservent les circonscriptions en jeu, comme cela a été le cas lundi dans Jean-Talon pour le gouvernement de Philippe Couillard.

Normal. Bien des électeurs profitent des partielles pour manifester leur mécontentement.

Arracher une circonscription appartenant à un parti d'opposition, comme ce qui s'est produit dans Chauveau, est un événement rare pour une formation installée dans le poste de pilotage gouvernemental.

Les données du Directeur général des élections du Québec sont éloquentes. Remontons jusqu'à l'année 1973. Pas moins de 92 élections partielles se sont tenues depuis cette année-là - depuis 42 ans, donc.

Or, sur ces 92 élections, il est arrivé à cinq reprises seulement - et en comptant la partielle de Chauveau - qu'un gouvernement en place arrache une circonscription à un parti d'opposition! Cinq fois sur 92.

Politiquement - mais statistiquement parlant aussi -, le gouvernement Couillard a réussi un gros coup en consolidant ainsi sa majorité à l'Assemblée nationale.

Les victoires libérales dans Jean-Talon et surtout dans Chauveau donneront des ailes aux militants libéraux qui participeront au 32e congrès du Parti libéral du Québec, qui s'ouvre ce matin à Montréal. Elles les conforteront dans leur volonté de poursuivre le «redressement» de l'État québécois.

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a très durement encaissé la défaite de lundi dans Chauveau. Il sait plus que quiconque que les libéraux et les péquistes de Pierre Karl Péladeau voient de plus en plus son parti comme une proie.

Personne ne s'est vraiment surpris, hier, qu'il dise avoir songé à démissionner. La seule surprise est qu'il l'ait dit publiquement.

Mercredi, deux jours après les partielles, François Legault avait senti le besoin - avant même qu'une seule question lui soit posée - de dire qu'il est là pour rester. «Je veux être très clair sur deux choses : et la CAQ et François Legault sont là pour rester. Moi, je suis plus convaincu que jamais que le Québec a besoin d'un coup de barre.» Des propos révélateurs de son état d'esprit.

M. Legault est amer. Des médias ont rapporté qu'il a contredit, lors de cette même conférence de presse, sa candidate dans Chauveau, Jocelyne Cazin. Elle avait soutenu la veille que les médias avaient une part de responsabilité dans sa défaite.

Il pense plutôt comme Mme Cazin. Il ironisait, en effet, lorsqu'il a lâché : «Pas du tout, les médias ont toujours raison!»

François Legault estime, en le déplorant, que les journalistes n'ont que faire des questions économiques. «On va parler un petit peu d'économie, leur a-t-il lancé à un moment : Québec au 57e rang sur 61... Non, si je veux que vous restiez là, je vais vous parler des partielles...»

François Legault n'est pas fâché que la session parlementaire à l'Assemblée nationale se soit terminée hier.

Le tchador dépasse

Le gouvernement de Philippe Couillard a trébuché dans le tchador, un vêtement religieux iranien. Ses ténors affirment que la question du port du tchador n'est rien d'autre qu'«hypothétique», qu'elle ne se pose pas dans la réalité, et que les partis d'opposition l'exploitent pour «faire diversion». Vrai que les partis d'opposition ont intérêt à cogner sur ce clou.

Deux faits demeurent, toutefois. Le premier est le suivant : le projet de loi 62 présenté par la ministre Stéphanie Vallée prescrit que les services publics doivent être donnés à «visage découvert». Il interdit donc le niqab et la burqa aux employés de l'État. Mais pas le tchador, qui couvre l'ensemble du corps en laissant l'ovale du visage découvert.

Le second fait? Philippe Couillard n'a pas concrétisé son discours. Petit rappel : «Nous ne voulons pas d'employés du secteur public, des services gouvernementaux, portant le niqab, la burqa ou le tchador», avait déclaré le chef libéral le 21 janvier 2014.

Le niqab, la burqa, ainsi que le tchador sont «des manifestations d'une situation d'oppression de la femme, et d'exclusion, et de retrait social qui nous apparaît incompatible avec l'exercice des services publics», avait ajouté M. Couillard.

Il plaide aujourd'hui qu'il est impossible d'interdire par une loi le tchador, car il laisse le visage découvert.

Le gouvernement est revenu au projet de loi 94 présenté en mars 2010 par la ministre de la Justice d'alors, Kathleen Weil. Cette histoire du tchador le démontre.

Au gouvernement, on savait que les propositions portées par la ministre Vallée seraient controversées. Ce n'est pas pour rien qu'on a laissé passer les partielles avant de les dévoiler.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer