«Un nouveau cycle politique», estime Gilles Duceppe

Étant venu à la conclusion qu'il ne pourrait... (La Presse Canadienne, Ryan Remiorz)

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Étant venu à la conclusion qu'il ne pourrait possiblement pas éviter une nouvelle déconfiture du Bloc québécois aux prochaines élections, Mario Beaulieu (en arrière-plan) a préféré céder sa place de chef à Gilles Duceppe. Ce dernier pressent un retour en force des indépendantistes.

La Presse Canadienne, Ryan Remiorz

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) C'est officiel. Gilles Duceppe reprend les rênes du Bloc québécois des mains de Mario Beaulieu. Le chef désigné sent le début d'un «nouveau cycle politique» rassembleur pour les souverainistes qui débouchera, qui sait, sur un rendez-vous référendaire vers 2020.

En point de presse à Montréal, M. Duceppe a fait allusion aux déboires du parti frère, le Parti québécois, en 2014, déboires qui ont permis, selon lui, de raviver la flamme indépendantiste.

«La course à la chefferie au PQ a permis aux candidats de recentrer les actions autour de la volonté de bâtir le pays du Québec. Le nouveau chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, a démontré sa volonté de réussir, a-t-il enchaîné.

«Un nouveau cycle politique commence et l'heure est au rassemblement de toutes les forces indépendantistes», a-t-il souligné. Cela comprend celles d'Option nationale et de Québec solidaire.

En entrevue, Gilles Duceppe s'est dit confiant de refaire du Bloc une formation gagnante. Il s'est prudemment gardé de quantifier les résultats correspondant à la définition. Par contre, une campagne perdante pour le parti souverainiste oeuvrant à Ottawa consisterait à ne remporter qu'une poignée de sièges, comme les quatre députés rescapés du scrutin de 2011.

Le «cycle nouveau» pourrait ouvrir une fenêtre sur la tenue d'un troisième plébiscite vers 2020, a-t-il reconnu du bout des lèvres. «Je l'espère», a-t-il laissé entendre en faisant remarquer que «la première des choses, c'est le 19 octobre.

«Il faut d'abord reprendre le pouvoir de part et d'autre», a mentionné M. Duceppe, en faisant allusion au prochain appel au peuple prévu au Québec pour 2018 et à d'autres élections fédérales, en 2019. «Je le souhaite», a-t-il répété au sujet de la possibilité d'un référendum vers 2020. «Mais il ne faut pas passer sa vie à souhaiter. Il faut surtout travailler.»

Désigné chef

En matinée, MM. Beaulieu et Duceppe sont apparus devant les médias côte à côte, hier matin, à Montréal, pour confirmer la redistribution des rôles au Bloc. M.Beaulieu demeure président de la formation souverainiste et s'occupera de mobilisation et d'organisation pour l'indépendance.

«J'en suis venu à la conclusion que j'allais manquer de temps» pour que le Bloc ne soit pas de nouveau balayé, lors du prochain scrutin fédéral, a répondu Mario Beaulieu.

Le général qui conduit les troupes au combat électoral sera M.Duceppe, comme l'a décidé une réunion du bureau national de la formation, tenue la veille. «Ce n'est pas Duceppe à la place de Beaulieu; c'est Duceppe rejoint Beaulieu», a plaidé celui qui reprend la fonction qu'il a assumée de 1997 à 2011.

Gilles Duceppe a profité de sa première sortie pour s'en prendre à la formation qui a remplacé l'essentiel des députés bloquistes sur les banquettes du Parlement, le Nouveau Parti démocratique du Québec.

«Le Québec perd toutes ses batailles à Ottawa. [...] Personne ne se bat pour lui à Ottawa. Pour le NPD, c'est le Canada d'abord, c'est le Canada tout le temps.»

Gilles Duceppe s'est moqué des députés néo-démocrates de la région de Québec. Durant le débat entourant les contrats pour construire des frégates, que lorgnait le chantier naval de Lévis, «ils ont pris la peine d'écrire un communiqué pour dire qu'ils n'avaient pas de commentaires à faire», a-t-il avancé.

Gilles Duceppe a réagi vivement lorsqu'il s'est fait demander si le Bloc est un parti à la dérive. «Drôle de dérive. Nous sommes le seul parti avec des associations dans chaque comté et avec un membership comptant 20 000 militants», a-t-il dit en substance. S'il ne sait pas encore dans quelle circonscription il se présentera, le politicien âgé de 67 ans a assuré qu'il terminera un mandat qu'il décrocherait, quel que soit le nombre de bloquistes qui l'accompagneraient au Parlement.

Pour marquer le coup de sa nomination, Gilles Duceppe débarque, jeudi, sur la colline parlementaire, à Ottawa. Il sera à la tête d'une vingtaine de candidats, «dont beaucoup de jeunes, a indiqué une source bloquiste. Nous sommes de retour à Ottawa.»

Réactions

Sur les ondes de Radio-Canada, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair s'est porté à la défense de son aile parlementaire. «Je suis tellement fier de l'équipe extraordinaire de députés du NPD qui travaille d'arrache-pied depuis quatre ans pour lutter contre le gouvernement [conservateur de Stephen] Harper. Nous, nous voulons remplacer Stephen Harper, a soumis M. Mulcair. C'est mon objectif. De toute évidence, l'objectif du Bloc est de supplanter le NPD.»

À l'Assemblée nationale, le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a applaudi le retour de Gilles Duceppe. «Je ne peux faire autre chose que m'en réjouir. Nous partageons la même orientation en politique.

«Plus largement, il y a le sentiment qui est en train de renaître. [...] Une espèce de convergence vers le rassemblement des forces indépendantistes. Nous ne pouvons que nous en réjouir.»

En point de presse, le premier ministre et chef libéral Philippe Couillard a répondu abruptement lorsqu'il s'est fait demander si la réapparition de Gilles Duceppe à l'avant-scène politique signifie que le Québec sera mieux défendu.

«Les souverainistes n'ont pas de leçons à donner aux autres Québécois sur la défense des intérêts du Québec. Tous les Québécois veulent défendre les intérêts du Québec et nous en sommes.»

Le fondateur et meneur de la Coalition avenir Québec, François Legault, s'est désolé de toute la place qu'a prise dans l'actualité la course à la direction du PQ, le scrutin fédéral à venir et le retour de Gilles Duceppe. «On va essayer de continuer à avoir un peu plus de visibilité [pour les propositions caquistes]. Mais disons que ça va être difficile en 2015.»

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