Couillard s'oppose à l'abolition du Sénat

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Le Sénat est «dysfonctionnel ces jours-ci - je pense que tout le monde doit en convenir -, mais il serait contraire à l'intérêt politique du Québec de l'abolir et on s'opposera à cette proposition» que porte le NPD de Thomas Mulcair, a martelé Philippe Couillard.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Le Québec s'opposera à l'abolition du Sénat, prévient Philippe Couillard. Le premier ministre québécois se déclare par ailleurs convaincu que la Constitution canadienne devra être rouverte et modifiée.

Il ne fixe aucun échéancier, mais fait tout de même à nouveau référence au 150e anniversaire du Canada, en 2017.

Il est dans l'intérêt du Québec que continue d'exister un Sénat au sein de la fédération canadienne, a affirmé M. Couillard hier. Cette institution permet de rééquilibrer la réalité démographique du Canada, qui est défavorable au Québec.

Le pourcentage de la population québécoise au sein du Canada diminue sans cesse. Voilà pourquoi «il faut avoir un endroit où l'on fait l'équilibre des intérêts régionaux», a insisté le chef du gouvernement québécois. «C'est dans cet esprit que le Sénat a été créé», a-t-il rappelé.

Le Sénat est «dysfonctionnel ces jours-ci - je pense que tout le monde doit en convenir -, mais il serait contraire à l'intérêt politique du Québec de l'abolir et on s'opposera à cette proposition» que porte le NPD de Thomas Mulcair, a martelé le premier ministre.

Selon lui, le Sénat canadien doit devenir ou redevenir un véritable lieu de concertation entre les régions du Canada.

«Un jour ou l'autre»

Le premier ministre croit que des négociations constitutionnelles finiront par se dérouler entre les différentes entités canadiennes. Le traumatisme né de l'échec de l'accord du lac Meech en 1990 ne paralysera pas indéfiniment les choses.

«Ça va se produire un jour ou l'autre, que ce soit sur l'enjeu des Premières Nations ou sur la question de la réforme du Sénat. Il y a, un jour, un rendez-vous qui va devoir se tenir pour revoir les fondements de ce pays à l'approche de son 150e anniversaire.»

Le Québec y prendra part, mais voudra que son caractère distinct soit officiellement reconnu. «Le jour où ce rendez-vous se produira, car il se produira, quelles que soient les déclarations qu'on peut entendre à gauche à droite, le Québec participera activement à condition que les enjeux québécois soient sur la table», a soutenu le premier ministre.

«Si les Premières Nations veulent voir leur caractère davantage reconnu, on les soutiendra. Mais on présentera également les revendications historiques du Québec de façon à ce que son caractère historique distinct soit également reconnu.»

Philippe Couillard a émis ces commentaires en marge d'une rencontre avec la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean. Ils ont signé une entente visant à développer les compétences des États et des gouvernements membres de l'Organisation internationale de la Francophonie en matière de politiques de la jeunesse.

Mulcair pas démonté par Couillard

Thomas Mulcair ne se laisse pas démonter par l'avis du premier ministre québécois Philippe Couillard sur l'abolition du Sénat. Avec un mandat des Canadiens, il y travaillera d'«arrache-pied».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a assuré mercredi que les Canadiens qu'il consulte souhaitent la disparition de cette institution qu'il a de nouveau qualifiée de «vétuste».

M. Mulcair a esquivé les questions entourant la faisabilité de la chose sur le plan constitutionnel, préférant réitérer qu'il discuterait de cette question avec ses homologues provinciaux et territoriaux si la population lui donne le mandat de le faire en portant sa formation au pouvoir.

Il a promis de ne pas imiter le premier ministre Stephen Harper, qui a selon lui «jeté l'éponge» après que la Cour suprême eut déterminé, en avril, que l'abolition du Sénat exigeait le consentement de l'ensemble des provinces.

Les promesses de Thomas Mulcair ont été critiquées tant par les conservateurs que par les libéraux.

Le lieutenant québécois du premier ministre Harper, Denis Lebel, a accusé le chef du NPD de chercher, comme il le fait «toujours», à s'«introduire dans les compétences des provinces».

Quant au chef libéral Justin Trudeau, il a accusé son adversaire de faire des promesses qu'il sera incapable de tenir.

«Ça fait des décennies que M. Harper fait des promesses qu'il sait qu'il ne pourra pas tenir sur le Sénat, et là on voit M. Mulcair en train de faire exactement la même chose, faire des promesses populaires sans aucune capacité de livrer», a-t-il soutenu en point de presse au parlement.

Avec La Presse Canadienne

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