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Jacques Parizeau: hommages et messages

Drapeau en berne au Parlement... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Drapeau en berne au Parlement

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(Québec) On parle toujours un peu de soi en rendant hommage. À tout le moins, on passe des messages. C'est ce qui s'est passé mardi à l'Assemblée nationale lors des hommages rendus à Jacques Parizeau, décédé lundi soir à l'âge de 84 ans.

Philippe Couillard, Pierre Karl Péladeau, François Legault et Françoise David ont tous longuement et remarquablement salué le «grand bâtisseur»; l'homme qui a entre autres lancé ou participé à la création d'outils et d'institutions ayant contribué à la modernisation du Québec : la Régie des rentes, la Caisse de dépôt et placement du Québec, la Société générale de financement, le Régime épargne-actions ou même le Fonds de solidarité de la FTQ.

«Il a son message politique qui lui appartient», a souligné le premier ministre Philippe Couillard pour rapidement passer par-dessus son combat pour l'indépendance et ainsi mieux s'arrêter sur son «legs économique».

Pierre Karl Péladeau a noté, lui, que Jacques Parizeau a permis à la nation québécoise de franchir «les portes de la modernité jusqu'aux abords du pays».

Le nouveau chef du Parti québécois, qui répète inlassablement vouloir «faire du Québec un pays», a promis de s'engager dans sa foulée. «Le meilleur hommage que nous puissions lui rendre, c'est de continuer. Son oeuvre est inachevée, mais le chemin est tout tracé. Nous suivrons ses pas.»

La députée de Québec solidaire Françoise David a cherché, au passage, à égratigner Pierre Karl Péladeau : «M. Parizeau était un authentique social-démocrate. L'indépendance ne mobilisera pas les gens si on n'est pas capable d'y associer un projet social.»

Le chef caquiste, François Legault, a dit que Jacques Parizeau aurait pu faire carrière n'importe où dans le monde. Mais il a eu cette phrase équivoque sur le projet souverainiste : «On a un différend sur le timing.» Le lendemain, M. Legault a précisé qu'il faisait référence à l'époque où lui-même était au Parti québécois. Un éventuel gouvernement caquiste ne lancerait jamais le Québec dans un processus référendaire, a-t-il assuré.

Partir ou pas?

L'opposition officielle du Parti québécois souhaite-t-elle que Claude Bisson quitte son poste de jurisconsulte de l'Assemblée nationale sans le lui demander explicitement? Jeudi, M. Bisson a indiqué qu'il n'entendait pas lui faire cadeau de sa démission.

Cet épisode en évoque un autre. En avril 2011, l'aile parlementaire péquiste avait convaincu le principal arbitre du Parlement de prendre la porte.

Elle avait eu la tête du président de l'Assemblée nationale d'alors, Yvon Vallières. Il avait démissionné pour s'éviter l'humiliation d'un vote de défiance.

Le péquiste Stéphane Bédard l'avait prévenu quelques jours plus tôt qu'il venait de franchir un point de non-retour. «Ce qui est arrivé va avoir des conséquences funestes, malheureusement...»

M. Bédard n'avait pas apprécié qu'il donne raison à la ministre Lise Thériault pour des propos controversés qu'elle avait tenus.

Le jurisconsulte Claude Bison est fragilisé. Mais l'ex-juge en chef de la Cour d'appel du Québec a voulu qu'on sache, jeudi, qu'il n'est pas homme à se laisser impressionner.

Le Parti québécois n'a peut-être pas dit son dernier mot dans cette affaire.

Au dernier moment

Force est de constater que le gouvernement de Philippe Couillard aura attendu au dernier moment avant de soumettre aux élus son projet de loi sur la «neutralité religieuse de l'État» et son plan de lutte contre le «radicalisme».

Il présentera les documents ad hoc la semaine prochaine. Les travaux parlementaires seront ensuite suspendus pour l'été.

Pourquoi juste avant la pause estivale? Sans doute parce que le travail a demandé de la minutie. Mais sans doute aussi par stratégie politique; pour laisser passer les élections partielles. Et pour faire en sorte que la relâche amenuise les polémiques.

Des mesures législatives seront adoptées afin de retirer les avantages fiscaux consentis à ceux qui se livreront, sous couvert de religion, à des activités contraires aux prescriptions de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Des «mécanismes de sanction civile» seront instaurés contre toute forme d'acte haineux ou d'incitation à la violence. Des «mesures d'observation, de veille et de recommandations» seront mises en place.

Le gouvernement s'engagera à déployer les ressources nécessaires afin de détecter, d'enquêter et de sanctionner les actes incitant à la violence et à la haine.

Les relations entre les employés de l'État et les citoyens devront se dérouler à «visage découvert».

Personne ne devrait s'en surprendre. Les libéraux ont dévoilé leurs intentions dans une motion parlementaire à la fin février, motion qui n'a cependant pu être déposée en raison d'un droit de refus exercé par le Parti québécois et la Coalition avenir Québec.

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